Dimanche 11 décembre 2016 | Dernière mise à jour 06:02

Changement climatique Une star de la recherche sur le climat fait son retour en Suisse

Konrad Steffen est une sommité mondiale. Il dirige depuis ce mois l'Institut fédéral pour la forêt, la neige et le paysage WSL. Et devient professeur des écoles polytechniques. Interview.

Konrad Steffen a été nommé à la tête de l'institut WSL par le Conseil fédéral en mai dernier. Il prend ses fonctions actuellement.

Konrad Steffen a été nommé à la tête de l'institut WSL par le Conseil fédéral en mai dernier. Il prend ses fonctions actuellement. Image: sp

Steffen au Groenland

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Citoyen suisse et américain de 59 ans, Konrad Steffen a étudié les sciences naturelles à l’EPF Zurich.

Il y a obtenu un doctorat sur la répartition des températures à la surface des régions non glaciaires de l’Arctique en 1983.

Il a commencé sa carrière scientifique en 1985 au poste de maître-assistant en recherche climatique à l’EPF Zurich.

Durant cette période, il a effectué plusieurs séjours professionnels auprès du CIRES et occupé la fonction de professeur invité (visiting professor) à l’université McGill de Montréal (Canada).

Depuis 1991, il dirige son propre domaine de recherches au CIRES. Et depuis 2002, il pilotait le CIRES.

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Jusque-là, Konrad Steffen pilotait l’Institut de recherche en sciences environnementales (CIRES) de Boulder dans le Colorado. Un organisme comptant 640 collaborateurs.

Vous aviez un job prestigieux aux Etats-Unis. Qu’est-ce qui vous a poussé à revenir?

Konrad Steffen: J’ai passé vingt-deux années excellentes à l’Université du Colorado. Les huit dernières, je dirigeais la plus grande unité de recherches environnementales.

Mais après huit ans, il était temps de chercher de nouveaux défis. Une belle opportunité s’est présentée ici en Suisse. Prendre la direction de l'Institut fédéral pour la forêt, la neige et le paysage WSL. Un institut dont les activités correspondent aux miennes: la recherche environnementale, la glace, l’écologie.

Ce groupe de recherche était plus que tentant. Il emploie plus de 600 chercheurs dans différents laboratoires, entre Birmensdorf, Davos, Zurich, Bellinzone, Lausanne et Sion.

Pouvoir collaborer avec tous ces chercheurs, mais aussi avec les étudiants, à l’EPFZ et l’EPFL, est une opportunité fabuleuse.

Quelles sont vos activités en Suisse, très concrètement?

Je dirige l’institut WSL. C’est la priorité. Je vais aussi superviser des étudiants gradués des deux écoles polytechniques. Notamment en physique de la neige à Zurich. Je vais collaborer avec l’EPFL en matière de recherche sur la cryosphère, les sols gelés, la neige et la glace.

Mais je poursuis aussi mes propres recherches. L’analyse et la surveillance de la calotte glaciaire. Notamment au Groenland, où j’ai plusieurs stations depuis plus de vingt ans. Elles permettent de suivre et analyser l’évolution de l’inlandsis et les causes de cette évolution.

Dans quel état trouvez-vous la recherche suisse dans le domaine du changement climatique?

Elle est en très bon forme. Car il faut dire que la sensibilisation dans ce domaine est beaucoup plus avancée qu’aux Etats-Unis. Je le vois dans les journaux, sur les blogs, mais aussi dans l’implication du Conseil fédéral et des politiciens.

Le changement climatique est un fait, nous devons changer la manière d’utiliser notre énergie. Tout le monde sait que cette évolution ne peut se faire en un ou deux ans. Mais au moins, le monde politique travaille sur le long terme à renverser la tendance de nos émissions de gaz à effet de serre.

En tant que chercheur, à quelle question souhaiteriez-vous pouvoir répondre?

Mon intérêt personnel, c’est la cryosphère. Les calottes glaciaires. Dans ce domaine, je suis engagé au niveau international dans la recherche sur l’évolution du niveau des océans.

Je coordonne un programme mondial basé à l’Organisation météorologique mondiale à Genève. Nous cherchons à répondre à la question suivante: à quelle vitesse les grandes calottes glaciaires répondent au réchauffement actuel?

Je participe aussi au prochain rapport gouvernemental du GIEC, que nous sommes en train de finaliser. Nous n’y faisons pas de projections. Nous constatons ce qui change, comment, pourquoi et à quelle vitesse.

Mais l’impact sera majeur. Notamment sur les régions côtières, souvent très peuplées. En prolongeant l’évolution actuelle, nous pourrions avoir 80 cm d’élévation des océans d’ici la fin de ce siècle. Très rapidement donc. C’est pour la prochaine génération. (nxp)

(Créé: 05.07.2012, 15h17)

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