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Suisse-France: Plumez ce coq!

Mondial 2014

Ce soir, contre la France, l’équipe de Suisse peut se qualifier et marquer les esprits. Un défi d’autant plus excitant qu’elle n’est pas obligée de gagner.

Par De notre envoyé spécial à Salvador de Bahia, Mathieu Aeshmann. Mis à jour le 20.06.2014 89 Commentaires
Hitzfeld donnait ses dernières instructions hier à l’entraînement. Mehmedi (à g.) et Shaqiri n’en perdent pas une miette.

Hitzfeld donnait ses dernières instructions hier à l’entraînement. Mehmedi (à g.) et Shaqiri n’en perdent pas une miette.
Image: EPA

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La France, en Coupe du monde, à Salvador de Bahía. Voilà six mois que, de notre côté de la frontière, cette affiche et son sublime théâtre mêlent tous les fantasmes. Immaculés ou inavouables. Sportifs et identitaires.

De cette attente est née une exigence, de la proximité un point de friction. Pourtant, hier, dans les entrailles de la majestueuse Arena Fonte Nova, l’idée même d’une vieille querelle de voisinage semblait venir d’une autre planète. De ce côté de l’Atlantique, la France de Didier Deschamps et la Suisse d’Ottmar Hitzfeld sont en effet trop occupées à s’inventer un destin mondial pour regarder la pelouse du voisin. Redevenue respectable, la première rêve de refaire peur. Sortie de l’anonymat, la seconde veut enfin marquer les esprits. Deux ambitions, une promesse.

Le test d’une génération

«Depuis dix ans, la Suisse a obtenu des bons résultats contre la France (3 nuls et une défaite), rappelait hier un Ottmar Hitzfeld très souriant. Mais chaque génération vit de ses propres ambitions. Au-delà de l’envie qui accompagne ce derby, mon équipe se voit offrir une opportunité de grandir. Pour y parvenir, elle va devoir aller chercher ses limites.»

Pas besoin de relire les mots du patron pour en mesurer l’exacte portée. Oui, cette équipe de Suisse peut gagner gros aujourd’hui puisqu’une victoire la qualifierait pour les huitièmes de finale et marquerait les esprits un peu à la manière de la Colombie, du Chili ou des Pays-Bas. Mais, oui également, cette génération que l’on annonce «dorée» passe aujourd’hui son premier examen sérieux au plus haut niveau. Shaqiri, Xhaka, Mehmedi, Rodriguez, Drmic n’étaient pas sur la pelouse il y a quatre ans contre l’Espagne. Soit presque la moitié de l’équipe. Un océan d’expérience.

Le réveil des tauliers?

Heureusement, l’équipe de Suisse a eu le bon goût d’arriver au pied de la montagne en parfaite condition. Personne n’est blessé, et les quinze dernières secondes du match contre l’Equateur ont libéré les têtes. «Ce but a déclenché un sentiment incroyable, confirme le sélectionneur. Il va nous faire jouer de manière plus relâchée, nous allons plus facilement entrer dans le match.» Il faut l’espérer. Comme il faut souhaiter que les «tauliers» – Lichtsteiner, Inler et Beh­rami – retrouvent les couleurs qu’ils avaient égarées dans le jour blanc de Brasília. Surtout les deux Napolitains, qui pour leur 75e (Inler) et 50e (Behrami) sélection auront l’immense responsabilité de ne pas trop reculer face à l’impact du milieu à trois tricolores (Cabaye ou Mavuba, Matuidi, Pogba).

«Une belle machine»

«Depuis son barrage retour contre l’Ukraine, la France a trouvé une équipe et un équilibre, notait encore Ottmar Hitzfeld. Elle n’a plus encaissé de but et ses attaquants sont très flexibles (ndlr: La France a en réalité encaissé un but contre le Paraguay en amical). C’est une belle machine. Mais nous allons jouer sur nos forces, en restant fidèles à notre philosophie. On sera donc agressifs sur le porteur, prêts à très vite basculer de la défense vers l’attaque.» Si cette dernière phrase confirme que la Suisse devrait accepter de laisser le ballon à son adversaire, elle fait planer un petit doute sur l’identité de son milieu gauche. Stocker ou Mehmedi? Même si le premier défend mieux, c’est le second qui tient la corde. Xhaka et Shaqiri, eux, sont a priori certains de participer à la fête. Mais il faudra surveiller leurs positions respectives et, bien sûr, la forme du Munichois. Car, à ce niveau d’exigences, la solidité collective reste une survie.

Pour un exploit, un vrai, il faut du talent et de l’audace. (Le Matin)

Créé: 20.06.2014, 07h14

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89 Commentaires

Romain Exquis

20.06.2014, 07:34 Heures

Allez LA SUISSE, prouvez-nous que vous êtes là pour la compétition et gagnez contre la France et les autres bien sûr. D'ici ou d'ailleurs, on sera derrière vous pour vous soutenir... Répondre


Michel Favre

20.06.2014, 07:39 Heures

Pas obligée de gagner ? Ah bon... si elle souhaite éviter la deuxième place du groupe, ou pire une mauvaise surprise contre le Honduras (cf. CdM 2010), elle serait bien inspirée de gagner contre la France. Par contre, la Suisse ne sera pas obligée de faire le jeu. Et ça c'est un plus appréciable pour une équipe qui peine à le faire. Répondre