Jeudi 22 juin 2017 | Dernière mise à jour 13:31

Salon de l'auto 2017 Les voitures électriques vont plus loin et deviennent séduisantes

Elles ont acquis une autonomie qui éloigne la peur de la panne, et le réseau des bornes de recharge publiques continue de s’étendre. Reste à les acheter pour qu’à terme les prix diminuent.

En chiffres

20'000

Voitures électriques, électriques avec prolongation d’autonomie et hybrides plug-in en Suisse.

1600

Bornes de recharge publiques sur le territoire.

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Le printemps électrique a-t-il (enfin) sonné? On pourrait le croire, à voir le nombre de constructeurs empressés de dévoiler des «e-modèles» aux performances toujours plus séduisantes. C’est au chapitre de l’autonomie que les 100% électriques ont fait un bond considérable, bien au-delà de la barre psychologique des 200 km. Voyez l’Opel Ampera et ses 520 km, les 400 km de la Renault Zoe R90, le mystérieux VW I.D. Buzz, version XXIe siècle du mythique Westphalia, dont le prototype sera dévoilé à Genève, sans parler du Model S de Tesla, qui affiche crânement ses 560 km d’autonomie avec la batterie à 90 kWh. Cette dernière, avec déjà 4000 exemplaires vendus, dont 1299 rien qu’en 2016, pour un prix de départ de 80 000 francs, est la star incontestée du marché suisse, si différent des autres pays d’Europe en raison du pouvoir d’achat.

Mais se fier à cette exception ne refléterait guère la méfiance dont font encore preuve les Suisses à l’égard des voitures purement électriques. Certes, les ventes progressent, mais très timidement. Selon les chiffres d’Auto-Suisse, l’association des importateurs suisses, la part des voitures électriques dans les nouvelles immatriculations en 2016 était de 1%, soit 3295 véhicules sur un total de 317 318, en progression de 1,2% sur un an. Les moteurs à essence tiennent toujours le haut du pavé (56,17%), devant les diesels (39,2%), qui représentent presque quatre voitures neuves sur dix malgré les suspicions de falsification des émissions de valeurs polluantes qui pèsent sur plusieurs constructeurs.

Evolution encourageante

Le tableau n’est pas si noir, au contraire, corrige François Randin, directeur de Green Motion, producteur de bornes de recharge: «Il ne faut pas s’arrêter aux voitures purement électriques. Si l’on ajoute les électriques avec prolongateur d’autonomie et les hybrides rechargeables, la barre des 20 000 véhicules «branchables» est franchie, grâce à une progression annuelle de 100% depuis 2014, ce qui nous permet d’espérer atteindre les 4% du parc automobile en 2020, soit environ 175 000 véhicules.» Un optimisme partagé par Christoph Aebi, directeur d’AutoScout24, selon qui «l’arrivée de nouvelles offres grand public, comme l’Opel Ampera par exemple, laisse espérer que la barre des 10% de véhicules électriques pourrait être atteinte à moyen terme». Mais, nuance-t-il, «la Suisse est un pays où l’on analyse longuement les nouveautés avant de se lancer».

De fait, la Confédération ne s’implique pas directement, pas plus que les cantons, d’ailleurs, dans l’extension du réseau de recharge. «En Suisse, la Confédération observe l’implantation des bornes, mais l’expansion du réseau est à la charge du secteur privé, [contrairement à] l’Allemagne, aux Pays-Bas ou à la Norvège, où l’État s’implique de manière active dans la planification et la mise en place de ses réseaux», note l’Office fédéral de l’énergie (OFEN) dans un article du bulletin interne Energeia (mai 2016). Sans compter les primes sonnantes et trébuchantes à l’achat d’un véhicule à propulsion alternative (bonus écologique de 6000 euros en France à l’achat d’une auto électrique, de 10 000 euros si celle-ci remplace un véhicule diesel).

«De telles subventions ne passeraient pas en Suisse, pour des raisons politiques, avertit Philipp Walser, directeur de la société spécialisée e’mobile. Même le cash-bonus sur les taxes autos a été refusé au Tessin en 2015.» La Confédération a un rôle de coordinatrice dans le domaine des infrastructures de recharge, via l’OFEN et son programme SuisseEnergie. «Celui-ci fait la promotion de tous les véhicules efficients, y compris les électriques, dans le cadre de la Stratégie énergétique 2050», ajoute Philipp Walter. Le réseau suisse actuel compte plus de 4000 bornes, dont quelque 1600 stations publiques, selon les estimations de e’mobile. La Suisse, pays de locataires, rencontre un problème pour les recharges à domicile, poursuit Philipp Walter: «Beaucoup de gens n’ont pas leur propre garage, et la possibilité de recharger sa voiture chez soi, comme au travail d’ailleurs, est encore faible.»

Green Motion compte passer la barre des 300 bornes de recharge publiques au moment du Salon de l’auto, et maintient son objectif d’en installer 1600 pour fin 2019. «Nous avons par ailleurs déjà installé plus de 700 bornes privées et une vingtaine à l’étranger, soit en moyenne 10 par semaine depuis l’année passée», avance François Randin. La société compte beaucoup sur son nouveau modèle d’entrée de gamme, à 689 fr., présenté au salon, pour augmenter la cadence. Alpiq étend son réseau easy4you, en proposant des solutions d’infrastructures complètes, indique la porte-parole Aline Elzingre-Pittet: «Nous nous chargeons de la planification, de l’installation et de la maintenance des stations de recharge.» Alpiq est par ailleurs partenaire du Groupe E au sein du réseau Move, qui compte 150 stations, depuis le début de l’année, ce qui portera à 300 le nombre de stations à dater de ce mercredi. Le Groupe E a, de plus, mis en place plus de 600 stations privées.

Du courant «propre»

Reste à savoir de quel courant on parle – plus ou moins «propre». En septembre, Auto-Suisse rejetait l’initiative pour la sortie programmée du nucléaire, arguant précisément du fait que le nombre croissant de voitures électriques, un approvisionnement en «courant sûr et pauvre en CO2» est indispensable. Et de rappeler qu’en Suisse «seuls 2% de l’électricité produite proviennent de centrales thermiques conventionnelles avec sources non renouvelables». Le bouquet énergétique du pays (60% hydrauliques, un tiers nucléaire et 4% d’énergies renouvelables) se prête a priori assez bien à l’extension de l’électromobilité, vu son faible taux d’émission de CO2. Penser efficience tout au long de la chaîne devient un impératif, du particulier qui alimente sa borne de recharge privée à l’énergie solaire au constructeur qui veille à une logique de production en phase avec le produit final. «C’est le cas de BMW qui, pour la production de la i3, recourt à l’énergie éolienne et fait la part belle aux plastiques recyclés», note François Randin.

«Nous vivons un tournant favorable à la mobilité électrique, analyse Nathalie Salamin, responsable communication de Groupe E. Nous constatons une évolution positive au niveau technique et au niveau du coût des véhicules, dans la mesure où de nombreux constructeurs développent de nouveaux modèles qui auront un coût équivalent à un véhicule à moteur thermique.» Le prix retient toujours les acheteurs, au même titre que la peur de tomber en panne. «Une voiture électrique coûte 20% à 30% plus cher, mais les prix descendront à mesure que la production augmente», espère Christoph Aebi. (Le Matin)

Créé: 05.03.2017, 11h43


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