Jeudi 29 juin 2017 | Dernière mise à jour 01:34

Scandale Volkswagen La chasse aux sorcières

Suite à l'arrestation, à Miami, d'un cadre de l'entreprise, les avocats de VW conseillent aux dirigeants de ne pas quitter l'Allemagne.

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En plein Salon de Detroit, la nouvelle fait l'effet d'une bombe: suite à l'arrestation, samedi dernier à Miami, d'Oliver Schmidt par des agents du FBI, les avocats de certains dirigeants de Volkswagen ont conseillé à leurs clients de ne pas quitter le territoire allemand!

Le portrait d'Oliver Schmidt diffusé par le FBI après son arrestation à Miami

C'est à l'aéroport de Miami, alors qu'il rentrait de vacances et était enregistré sur un vol en partance pour l'Allemagne, que Schmidt a été appréhendé par des agents spéciaux. Responsable du contrôle de la conformité réglementaire des modèles Volkswagen aux États-Unis, de 2014 à mars 2015, l'Allemand a été menotté, emmené manu militari et incarcéré sous l'accusation de fraude et de conspiration pour n'avoir pas dénoncé la présence de logiciel fraudeur sur les modèles diesel incriminés écoulés par la marque sur le marché américain. Lundi, un juge a ordonné la prolongation de sa détention sous motif de risque de fuite.

Poursuite contre Schmidt.pdf Le document officiel de l'Etat du Michigan de la plainte contre Schmidt

Vent de panique à Detroit

Aujourd'hui, donc, les avocats de certains hauts cadres européens disent à leurs clients qu'il pourrait être risqué de quitter le territoire allemand alors que les enquêteurs américains s'apprêtent à poursuivre d'autres dirigeants de l'entreprise. C'est dire si l'arrestation de Schmidt a provoqué un sacré émoi, surtout au sein de la délégation de cadres qui, justement, faisaient le déplacement... de Detroit, dans le Michigan, pour assister à l'ouverture du traditionnel premier grand Salon automobile de l'année! C'est que cette intervention laisse penser qu'une série d'autres arrestations a été planifiée par les enquêteurs, au terme d'une enquête d'un an dont les résultats devraient être publiés cette semaine encore, sous l'administration Obama.

Après plusieurs mois d'investigation, les enquêteurs sont convaincus qu'il y a eu fraude, dans le sens ou, contrairement aux allégations de la firme, les dirigeants de Volkswagen étaient bel et bien au courant de la présence de dispositifs de fraudes sur les modèles diesel et qu'ils se sont efforcés de cacher la vérité aux autorités américaines. Ils se basent, pour cela, sur les résultats de leurs investigations. Et sur le témoignage de «repentis» qui ont choisi de collaborer avec la justice en échange de l'immunité.

«No comment» de Volkswagen

Dans son rapport annuel 2015, cité en guise de réponse aux attaques de l'époque, la direction de VW avait dans un premier temps affirmé que «la direction du groupe de l'époque ainsi que l'actuelle n'a eu, à aucun niveau, connaissance de l'utilisation d'un logiciel illégal de gestion du moteur au moment des faits». Depuis, le groupe Volkswagen a licencié une douzaine de hauts dirigeants, y compris le CEO de l'époque, Martin Winterkorn, qui a toujours persisté à prétendre tout ignorer de la tricherie.

«Volkswagen continue à collaborer pleinement avec le Département de la justice et nous travaillons à résoudre toutes les affaires encore en cours sur le sol américain. Il ne serait pas approprié de faire un commentaire sur l'enquête en cours ou de parler de choses relevant du cadre privé», a déclaré officiellement l'entreprise aujourd'hui.

Dans l'attente des suites données par la justice américaine à l'affaire, les avocats pénalistes américains engagés par une bonne douzaine de dirigeants allemands ont donc conseillé à leurs clients de ne pas quitter leur pays: l'Allemagne n'autorise pas l'extradition de ses ressortissants vers un pays situé hors Union européenne...

(Le Matin)

Créé: 10.01.2017, 11h28


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