Dimanche 23 juillet 2017 | Dernière mise à jour 10:13

L'effet Ikea s'applique aussi aux repas

On préfère les aliments que l’on cuisine soi-même. Leur qualité utilisés joue également un rôle dans la perception du repas.

Image: Fotolia

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Mettre la main à la pâte est payant. C'est ce qu'indique un travail de recherche publié plus tôt cette année par des chercheurs de l’EPF de Zurich et l’Université de Cologne. Du moins tant que l’on perçoit les ingrédients utilisés comme étant bons pour la santé. Le contraire est vrai pour les aliments malsains, dont nous préférons alors qu’ils soient préparés par quelqu’un d’autre.

Au cours de ce qu’ils ont présenté aux participants comme une expérience de dégustation, les auteurs de l’étude ont proposé à quatre groupes de volontaires de goûter l’un parmi deux types de frappés – l’un à la framboise et à base de lait, conforme à une alimentation saine, et un autre, moins sain, au chocolat, à base de crème glacée. Le frappé pouvait soit leur être servi, soit on leur demandait de le préparer eux-mêmes.

Ensuite, au moyen d’un questionnaire, les chercheurs ont mesuré à quel point les participants avaient apprécié leur frappé, dans quelle mesure ils considéraient qu’il était sain, combien de calories ils estimaient qu’il contenait, s’ils avaient faim à ce moment-là, de même que leur tendance personnelle à contrôler leur alimentation. Ils ont aussi mesuré quelle portion du frappé ils avaient bu.

L'effort est payant

En analysant les résultats, ils ont constaté que les participants préféraient le frappé sain lorsqu’ils le faisaient eux-mêmes. La variante peu saine, en revanche, n’avait pas meilleur ou moins bon goût lorsqu’ils l’avaient préparé eux-mêmes.

Ce résultat n’a pas été une complète surprise. Il existe une abondance de preuves scientifiques et anecdotiques pour étayer ce qu’on appelle l’effet Ikea, selon lequel les gens tendent à préférer les objets que l’on fait soi-même aux objets tout faits, et cela, en raison de l’effort investi. Une recherche antérieure menée par les mêmes chercheurs donnait à penser que l’effet Ikea pouvait aussi s’appliquer au domaine de l’alimentation.

La santé d'abord

Mais un effet supplémentaire est apparu lorsqu’on a demandé aux participants de préparer leur frappé eux-mêmes. Le fait de manipuler les ingrédients a rendu les participants plus attentifs à ce que les chercheurs ont appelé leur vigilance en matière de santé, ou leur niveau de santé tel qu’ils le perçoivent. Cela a encore renforcé l’Effet-Ikea dans le cas du frappé sain à la framboise, mais l’a diminué dans le cas de celui au chocolat.

Ces découvertes soulignent quelques-uns des bénéfices de la cuisine-maison: elle peut non seulement rendre les gens plus attentifs à la qualité nutritionnelle de leur alimentation, mais encore va-t-elle contribuer à ce qu’ils l’apprécient davantage.

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Créé: 06.04.2017, 11h07

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