Lundi 5 décembre 2016 | Dernière mise à jour 09:06

50 ans «Ich bin ein Berliner», proclamait Kennedy

Le célèbre discours du président américain aura bientôt 50 ans. John F. Kennedy l'avait prononcé à Berlin-ouest deux ans après la construction du Mur, en pleine guerre froide.

Le célèbre discours de JFK, sous-titré en français.


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«Ich bin ein Berliner» , proclamait dans la ville déchirée le président américain John F. Kennedy il y a 50 ans, près de deux ans après la construction du Mur.

«Tous les hommes libres, où qu'ils vivent, sont citoyens de Berlin. C'est pourquoi, en tant qu'homme libre, je suis fier de dire: Ich bin ein Berliner (Je suis un Berlinois)», dit-il le 26 juin 1963.

Ses quatre derniers mots, ajoutés au dernier moment à son discours depuis la mairie de Berlin-ouest font aussitôt le tour du monde. Entendus comme une marque de solidarité et une promesse de liberté, ils font exulter une foule compacte de plus de 400'000 Berlinois, dont certains ont passé la nuit sur place pour voir John F. Kennedy.

«Il y a beaucoup de gens dans le monde qui ne comprennent pas ou qui prétendent ne pas comprendre quelle est la grande différence entre le monde libre et le monde communiste. Qu'ils viennent à Berlin!» martèle «JFK».

«Il y en a qui disent qu'en Europe et ailleurs nous pouvons travailler avec les communistes. Qu'ils viennent à Berlin!»«(...) Notre démocratie n'est pas parfaite. Cependant, nous n'avons jamais eu besoin, nous, d'ériger un mur pour empêcher notre peuple de s'enfuir. Le Mur est la démonstration la plus répugnante et la plus marquante de l'échec du système communiste (...) une offense non seulement à l'Histoire, mais aussi à l'Humanité», souligne-t-il.

Berlin-ouest isolée

Isolée au cœur de la République démocratique allemande (RDA), Berlin-ouest sait alors que sa survie dépend des Etats-Unis, qui l'ont déjà sauvée du blocus soviétique en 1948-49 en constituant un pont aérien. L'ultimatum du Soviétique Khrouchtchev (1953-1964) poussant à la démilitarisation de la ville, en 1958, puis la construction du Mur, en août 1961, avaient donné un avant-goût de la détermination communiste.

Aussi, c'est une foule en liesse qui acclame Kennedy le 26 juin lorsqu'il traverse la ville, debout dans une Cadillac sous une pluie de confettis, aux côtés du chancelier allemand, Konrad Adenauer, et du maire de Berlin et futur chancelier, Willy Brandt.

A deux reprises, «JFK» s'arrête près du Mur: près de la Porte de Brandebourg, située en RDA juste de l'autre côté, puis au célèbre point de passage Checkpoint Charlie séparant les zones d'occupation américaine et soviétique.

«Nous montions les marches de l'hôtel de ville quand Kennedy se pencha vers moi et me demanda de lui écrire «I am a Berliner» en allemand. J'écrivis les mots phonétiquement afin qu'il puisse les prononcer correctement: Ish bin ine bear-LEAN-ar», se souvient son interprète d'alors, Robert Lochner.

Une rétrogradation dans la guerre froide

Pour l'historien Andreas Etges, le discours «fut une rétrogradation dans la guerre froide». Alors que la fin de la crise de Cuba avait sonné l'heure du dégel, «le président s'attaqua de manière inattendue au système communiste».

Après une visite de huit heures, le président s'envole pour l'Irlande. «Jamais nous ne revivrons un jour comme aujourd'hui», aurait-il déclaré dans l'avion. Lorsque le 22 novembre suivant, Kennedy est assassiné à Dallas, des milliers de bougies sont allumées dans toute la ville. (afp/nxp)

(Créé: 16.06.2013, 07h56)
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