ACCUEIL 23.10.2014 Mis à jour à 07h09

Il y a 70 ans, la rafle du Vél d'Hiv

Antisémitisme

La France va commémorer un triste épisode de son histoire: les 70 ans de la rafle du Vel d'Hiv, la plus grande rafle de Juifs réfugiés à Paris pendant l'Occupation, les 16 et 17 juillet 1942. Rappel des faits.

Mis à jour le 13.07.2012

1/13 La rafle
Photo prise en 1942 de Juifs internés dans le camp de Drancy après avoir transité par le stade du Vélodrome d'Hiver à Paris.
Image: AFP

   

Exposition d'archives inédites

Listes de juifs arrêtés, comptabilité de leurs biens saisis, notes des RG sur l'état d'esprit de la population: pour la première fois, la préfecture de police de Paris (PP) expose ses archives de la rafle du Vel d'Hiv en juillet 1942, des documents uniques sur cette tragédie.

L'exposition intitulée «La rafle du Vel d'Hiv, les archives de la police» se tiendra du 16 juillet au 15 septembre à la mairie du IIIe arrondissement parisien. (afp)

La rafle (2010)

Partager & Commenter

Il y a 70 ans, les 16 et 17 juillet 1942, 13'152 Juifs étrangers réfugiés en France étaient arrêtés à Paris par la police française, dont 8160 enfermés au Vélodrome d'hiver, près de la Seine (XVe), lors de la plus grande rafle de Juifs en France pendant l'Occupation.

Selon Serge Klarfeld, président de l'Association des fils et filles de déportés juifs de France, 1129 hommes, 2916 femmes et 4115 enfants furent entassées au Vel d'Hiv pendant quatre jours. La quasi totalité des 13'152 des Juifs raflés à Paris furent déportés. Parmi ceux du «Vel d'Hiv», moins d'une centaine - aucun enfant - survécurent, souligne Serge Klarsfeld.

Ils furent ensuite emmenés dans les camps de Beaune-la-Rolande et Pithiviers (Loiret), quelque 3000 enfants en bas âge étant brutalement séparés de leurs parents déportés les premiers. Les enfants furent ensuite déportés entre le 17 et 31 août à Auschwitz, précise Serge Klarsfeld.

Simultanément 1989 hommes et 3003 femmes, couples sans enfant et célibataires, étaient arrêtés et enfermés dans le camp de Drancy avant d'être également déportés à Auschwitz. «L'antisémitisme d'Etat de Vichy et sa politique de collaboration avec le IIIe Reich, qui a programmé l'extermination des Juifs, ont conduit à la déportation d'abord des Juifs étrangers puis des Juifs français», explique l'historien Jean-Pierre Azéma.

«Shoah par balles»

La loi du 3 octobre 1940 sur le statut des Juifs français visant à «limiter leur influence» et celle du 4 octobre 1940 permettant l'internement des Juifs étrangers par les préfets distinguent Juifs français et apatrides, venus d'Allemagne et d'Europe centrale pour fuir les persécutions nazies. L'extermination des Juifs par les Allemands débute dès 1941 avec la «Shoah par balles», soit plus d'un million d'exécutions par les Einsatzgruppen (groupes d'intervention), relève Jean-Pierre Azéma.

En France, les premières rafles commencent avec l'arrestation, le 14 mai 1941, par la police parisienne de 3700 juifs étrangers. Trois mois plus tard, fin août, 4200 hommes, dont 1500 juifs français, sont arrêtés et envoyés à Drancy, placés sous l'autorité du préfet de police de la Seine. Sept mois plus tard, la rafle du 12 décembre 1941 s'inscrit officiellement dans une série de mesures de représailles allemandes pour détenir des «otages» après les premiers attentats contre l'armée allemande à Paris.

A la conférence de Wannsee, le 20 janvier 1942 à Berlin, une quinzaine de hauts responsables nazis, organisent la «solution finale à la question juive» et fixent les procédures de déportation des Juifs d'Europe occupée vers les camps d'extermination.

«Train spécial»

Le 27 mars 1942, le premier «train spécial», emportant 1112 juifs de France vers le camp d'extermination d'Auschwitz, quitte Compiègne (Oise), marquant le début de la déportation de près de 76'000 hommes, femmes et enfants juifs.

Début mai 1942, le général SS Karl Oberg, chargé de la «question juive», s'installe à Paris et demande à René Bousquet secrétaire général de la police d'arrêter tous les Juifs de la zone nord occupée. «Vichy va alors se faire le complice des Allemands en livrant d'abord les Juifs étrangers», estime Jean-Pierre Azéma. Pierre Laval demande que les enfants juifs de la zone nord soient également déportés.

La rafle du Vel d'Hiv peut alors commencer à partir du fichier juif constitué par Vichy dès l'automne 1940. Cinquante-trois ans plus tard, le 16 juillet 1995, le président Jacques Chirac reconnaît devant le monument commémoratif du Vel d'Hiv la responsabilité de la France: «Oui, la folie criminelle de l'occupant a été secondée par des Français, par l'État français». (afp/Newsnet)

Créé: 13.07.2012, 10h20

Sondage

Coincé dans un aéroport, comment comblez-vous l'attente d'un vol retardé?








Sondage

Vous êtes devant un bon concert et certains spectateurs utilisent leur smartphone:




Super héros, Louis Vuitton, fleuri, à poids... Les meilleurs du web!