Mercredi 28 septembre 2016 | Dernière mise à jour 04:57

Toile «Dark Shadows», la dernière farce de Tim Burton

Sorcières et vampires sont au menu du nouveau Tim Burton, qui sort mercredi dans les salles.


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En portant à l'écran «Dark Shadows», feuilleton culte qu'il adorait enfant, Tim Burton revient à son meilleur entre sorcières, vampires, apparitions et gags dans la vaste demeure d'une famille déjantée revisitée par le passé.

C'est son ami Johnny Depp, vampire céleste, qui a acquis les droits de cette série télévisée de la fin des années 60, sans imaginer d'autre talent que celui de Tim Burton pour en tirer cette farce gothique, stylée et délirante qui sort mercredi en Suisse.

Après 200 ans enfermé dans un cercueil par la malédiction d'une sorcière à la rancune tenace (Eva Green) Barnabas Collins (Johnny Depp), jeune hobereau séducteur qui avait repoussé ses avances, est réveillé à coups de pelleteuse en 1972: sale mais élégamment vêtu à la mode du 18e siècle, il retrouve son manoir délabré, ses descendants ruinés, psychotiques, dégénérés ou envoûtés.

Régnant sur l'ensemble, Elizabeth Collins Stoddard (Michelle Pfeiffer) tente de maintenir le navire à flots. Elle a même fait venir une psy alcoolique (Helena Bonham Carter) pour l'assister et qui a fini par prendre racine au manoir.

Burton retrouve son clan

Tim Burton, qui adore raconter les familles dysfonctionnelles, retrouve ici son clan: c'est son huitième film avec Johnny Depp et le troisième avec l'actrice anglaise Bonham Carter, sa compagne à la ville.

Quant à Michelle Pfeiffer, vingt ans après «Batman, le Défi» c'est elle qui a décroché le téléphone pour obtenir le rôle, confie-t-elle. Car elle aussi a couru à la sortie de l'école pour attraper son feuilleton préféré sur le petit écran, avec un sentiment de transgression: «C'était un programme terrifiant et assez érotique pour l'époque», se souvient-elle dans les notes de production.

Le metteur en scène a veillé à conserver l'esprit de la série, qui s'est étirée sur plus de 1200 épisodes, en y intégrant son propre univers onirique et son humour grinçant.

La drôlerie et le cocasse doivent beaucoup au décalage d'époque, ressort éprouvé et toujours payant au cinéma: le vampire tiré à quatre épingles, vêtu comme un gentilhomme de 1750 avec ses codes sociaux et ses préjugés, atterrit dans l'Amérique de 1972, celle des mini-jupes, du macramé, des cheveux longs et des lampes à lave.

Maquillage morbide

Barnabas cherche son cocher, prend les phares des voitures pour des maléfices et quand il donne un bal, c'est le rocker Alice Cooper en personne qui apparaît pour un «happening».

Le teint gris, les yeux largement cernés, Johnny Depp endure un maquillage morbide et des prothèses de plus de 7 cm au bout de chaque doigt que voulait absolument le réalisateur et qui lui confèrent une gestuelle étrange et maniérée, renforçant la sensation d'hallucination qu'il dégage.

Lors de son passage à Paris début mars pour inaugurer l'exposition de ses dessins et créations à la Cinémathèque française, Tim Burton avait raconté d'où il tirait son univers peuplé de monstres, cette galaxie plus grinçante que menaçante, nourrie par le cinéma d'horreur et d'épouvante, les Dracula, les Franskenstein, le rire en plus.

Elevé à Burbank, l'une des immenses banlieues pavillonnaires de Los Angeles qu'il qualifie de «désert culturel», l'enfant Tim Burton s'est régalé de l'humour macabre des Fêtes des morts célébrées par l'importante communauté mexicaine de la ville, où l'on pique-nique sur les tombes en faisant danser des marionnettes en forme de squelettes.

Tous ces esprits farceurs ont été de nouveau convoqués pour «Dark Shadows». (afp/nxp)

(Créé: 08.05.2012, 14h12)

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