Lundi 24 juillet 2017 | Dernière mise à jour 10:31

carnet noir Décès du dessinateur Moebius

Le dessinateur et scénariste de bande dessinée français Jean Giraud, aussi connu sous les pseudonymes de Gir et Moebius, père du lieutenant Blueberry, est décédé samedi matin à Paris des suites d'une longue maladie.

Jean Henri Gaston Giraud de son vrai nom aurait eu 74 ans en mai.

Jean Henri Gaston Giraud de son vrai nom aurait eu 74 ans en mai. Image: Keystone

Moebius, s'était promené dans les pages de Télérama

Le lieutenant Blueberry

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"Il est mort ce matin des suites d'une longue maladie", a déclaré à l'AFP sa belle-soeur. Jean Henri Gaston Giraud de son vrai nom aurait eu 74 ans en mai.

Dessinateur et scénariste, Jean Giraud restera l'un des créateurs les plus audacieux et féconds du genre. Gir, Giraud, Moebius, Moeb... il a dessiné en se multipliant pendant plus de cinquante ans.

Pour Benoît Mouchart, directeur artistique du festival international de la BD d'Angoulême, l'un des plus grands salons du 9e art, "la France perd l'un de ses artistes les plus connus dans le monde". "Au Japon, en Italie, aux Etats-Unis, c'est une incroyable star, qui a influencé la BD mondiale".

"Je pèse mes mots : Moebius restera dans l'histoire du dessin, au même titre que Dürer ou Ingres", a-t-il dit à l'AFP.

"Ce sont, pour ainsi dire, deux grands artistes que nous perdons", celui de la série Blueberry, sous son propre nom ou celui de Gir, et celui qui se faisait appeler Moebius, a réagi le ministre français de la Culture, Frédéric Mitterrand.

"J'ai perdu un vrai bon pote", s'est désolé le dessinateur Boucq en saluant le talent d'un "maître du dessin réaliste", ainsi qu'un "réel talent humoristique" chez Moebius. Talent "dont il faisait encore largement preuve quand je l'ai vu il y a quinze jours, sur son lit d'hôpital, à l'égard des infirmières", a-t-il raconté à l'AFP.

Sous son nom, il a créé en 1963 le lieutenant Blueberry, personnage de western devenu l'un des héros les plus célèbres de la BD française. "Mon ambition était féroce. Je voulais casser la baraque, que le monde de la BD soit stupéfait", avait raconté Giraud à l'AFP.

Sous le pseudonyme de Moebius, il a signé des oeuvres de science-fiction moins classiques. Deux facettes qui lui ont permis de devenir un artiste à la fois culte et très populaire.

"J'ai deux pôles, deux gestes. Quand je suis dans la peau de Moebius, je dessine en état de transe, j'essaye d'échapper à mon moi ", a-t-il déclaré à l'AFP à l'occasion de la première rétrospective majeure consacrée à son oeuvre, en 2010 à la fondation Cartier pour l'art contemporain à Paris.

A ce moment-là, la calvitie et le pull camionneur avaient remplacé depuis longtemps les longs cheveux bruns et les chemises à fleurs de sa jeunesse. Mais il avait gardé les yeux de l'enfant de la banlieue parisienne qu'il était lorsqu'il avait publié ses premiers dessins en 1957, avant un séjour au Mexique qui le bouleversa.

"Ca m'a marqué pour la vie. Mon goût pour le fantastique est très lié à ça. J'ai eu l'impression d'être dans un western et, d'un coup, on basculait dans la modernité américaine", a-t-il expliqué.

Nourri de contre-culture américaine, il co-fonde en 1975 la revue "Métal Hurlant" et ressuscite Moebius, pseudonyme inspiré du mathématicien allemand créateur du ruban du même nom.

"C'était une signature, un logo qui ouvrait toutes les portes que je voulais ouvrir. Ce que nous voulions, c'était sortir du cadre relativement restreint, sous surveillance parentale, policière, de la BD de l'époque", a-t-il commenté.

Il renouvelle le fantastique, invente un univers parallèle, explore les techniques graphiques et narratives. Il crée "Arzach", "l'Incal" et le "Major fatal", personnage improbable affublé d'un éternel casque colonial.

Moebius, c'est le triomphe de la liberté et de l'exploration. Un univers onirique digne du mythique "Little Nemo" de l'Américain Winsor McCay. Au cinéma, il collabore alors à la conception de films de Ridley Scott ("Alien") ou Luc Besson ("Le cinquième élément").

Il travaille également avec Stan Lee et illustre un Surfeur d'Argent, fait rare pour un Européen au pays des comics. Plus tard, il revisite le mythe d'Icare avec Jiro Taniguchi, un maître du manga japonais.

dch/nip/pr/kat/jls (afp/Le Matin)

Créé: 10.03.2012, 13h36

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