Bruxelles tire la sonnette d'alarme sur l'Espagne
Crise de l'euro
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Un an de plus pour Madrid?
La Commission européenne est "prête à envisager de prolonger d’un an le délai pour que l’Espagne atteigne ses objectifs budgétaires", a annoncé mercredi le commissaire aux Affaires économiques Olli Rehn au cours d’une conférence de presse.
Cela donnerait à l’Espagne jusqu’à 2014, et non plus 2013, pour revenir à un déficit public de 3% du PIB, mais le dernier mot sur la question reviendra aux Etats européens.
M. Rehn a salué les réformes déjà entreprises en Espagne, notamment la "réforme du marché du travail, de ses procédures budgétaires" et un "effort de recapitalisation du secteur bancaire". Tout cela "devrait permettre à l’Espagne de réduire ses déséquilibres économiques", a-t-il dit, "mais à condition qu’elle réussisse à maîtriser les dépenses au niveau des régions".
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La Commission européenne a demandé aux 27 pays de l'Union européenne de faire des efforts supplémentaires pour accroître la compétitivité de leurs économies, mettant particulièrement l'accent sur les difficultés de l'Espagne, dans ses recommandations annuelles publiées ce mercredi.
Dans un document d'une quarantaine de pages, elle a ainsi adressé des recommandations spécifiques à chaque pays, ainsi qu'à la zone euro. Le but est d'«améliorer la stabilité financière, soutenir la croissance et créer des emplois dans l'UE». Bruxelles constate que «les Etats membres dans leur ensemble agissent pour améliorer la soutenabilité de leurs finances publiques», mais met l'accent sur de nombreuses lacunes.
Madrid sévèrement critiqué
Ainsi, l'Espagne est sévèrement critiquée: la Commission note qu'elle «fait face à de sérieuses difficultés pour rétablir la confiance des marchés, assurer la soutenabilité des finances publiques, réduire ses vulnérabilités internes et externes et soutenir la croissance et les emplois à moyen terme» et l'appelle à «accélérer substantiellement le rythme de ses réformes».
La France n'est pas épargnée, surtout en raison de son déséquilibre commercial et de sa perte de compétitivité. L'Italie doit faire davantage pour lutter contre l'évasion fiscale et pour combattre le travail au noir, affirme également la Commission.
Au rang des bonnes nouvelles, Bruxelles a proposé aux États, qui auront le dernier mot en la matière, de lever le gel d'une aide de 500 millions d'euros à la Hongrie, en raison des efforts budgétaires effectués par Budapest. La Commission a également proposé que l'Allemagne et la Bulgarie soient sorties de la procédure de déficit excessif car leurs déficits publics devraient rester durablement en-dessous du seuil de 3% fixé par le Pacte de stabilité.
Création d'une union bancaire à l'échelle de la zone euro
De manière générale, la Commission pointe «le grave problème» du chômage dans l'Union européenne, en particulier celui des jeunes, et juge que de nombreux efforts sont à faire en matière de compétitivité, notamment en mettant l'accent sur les secteurs des services, de l'énergie et de l'économie numérique». Elle insiste sur la nécessité d'investir, à travers les «project-bonds» ou encore en augmentant le capital de la Banque européenne d'investissement (BEI).
Elle plaide en outre pour la création d'une union bancaire à l'échelle de la zone euro. Le commissaire européen chargé des services financiers, Michel Barnier, a expliqué mardi qu'une telle union engloberait notamment un système de résolution des crises bancaires et une série de règles prudentielles, ainsi qu'un renforcement de la supervision bancaire au niveau européen. La Commission plaide aussi pour une supervision financière et la garantie des dépôts à l'échelle de la zone euro. (afp/Newsnet)
Créé: 30.05.2012, 14h36
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