Mardi 29 novembre 2016 | Dernière mise à jour 23:18

Renflouement «Cela ne va pas suffire pour sauver l'euro»

La Cour constitutionnelle allemande a autorisé mercredi l'adoption du Mécanisme européen de stabilité (MES), qui doit permettre de sauver la zone euro. Pas suffisant, selon un expert.

La Cour constitutionnelle allemande, qui siège à Karlsruhe, a fixé une limite à l'implication financière de l'Allemagne dans le financement du MES, stipulant qu'elle ne devait pas excéder sa part au capital du fonds, soit 190 milliards d'euros.

La Cour constitutionnelle allemande, qui siège à Karlsruhe, a fixé une limite à l'implication financière de l'Allemagne dans le financement du MES, stipulant qu'elle ne devait pas excéder sa part au capital du fonds, soit 190 milliards d'euros. Image: Keystone

Paul De Grauwe, 65 ans, est professeur à la London School of Economics. Il est également membre du Centre for European Policy Studies (CEPS), à Bruxelles. (Image: PD)

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L'Europe a fait un pas mercredi vers le sauvetage de la zone euro. Pour autant, la décision de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe d'autoriser le gouvernement allemand de signer les textes de loi sur le futur fonds de secours MES (Mécanisme européen de stabilité) ne signifie pas que l'on est au bout de la crise de l'euro, relève le professeur Paul De Grauwe, de la London School of Economics.

«C'est une pièce importante du puzzle. Mais plus importante encore a été la décision la semaine dernière par la Banque centrale européenne (BCE) de racheter de la dette d'Etat sans limite, explique le spécialiste sur Tagesanzeiger.ch. Avec une dotation de 700 milliards d'euros, le MES ne permettrait pas même de renflouer complètement l'Espagne et l'Italie».

Pour les petits pays

Il était d'ailleurs déjà clair avant la décision des juges allemands que le MES est destiné avant tout aux petits pays, explique l'économiste. Les grandes nations devraient profiter pour leur part du soutien de la BCE. Ce qui n'exclut pas que le MES puisse participer aux premières enchères sur les bons du trésor italiens et espagnols.

Pour Paul de Grauwe, il ne fait pas de doute qu'un jour ou l'autre, l'Espagne et l'italie demanderont l'aide de l'Union européenne. Il ne croit pas en revanche qu'un afflux de fonds européen vers ces pays ralentira les efforts de réformes entrepris.

L'Italie et l'Espagne ont déjà fait de gros efforts de consolidation de leurs budget, observe-t-il. Les deux pays devraient poursuivre ceux-ci: on ne devrait pas leur demander des mesures d'austérités supplémentaires avec le MES.

Risque de récession

Ces économies devraient rebondir un jour. Mais si les pays forts comme l'Allemagne ne suivent pas une politique plus expansive, il est à craindre que les pays en crise ne vivent deux ou trois années de récession, estime Paul de Grauwe. «Ce que je crains le plus en fait, c'est que les populations des pays concernés ne perdent patience et viennent à refuser d'autres mesures pour sortir de la crise».

A cet égard. la décision de la cour allemande ne change pas fondamentalement la situation de la Grèce. Les finances du pays doivent être restructurées et ce ne sera pas possible pour lui d'y parvenir sans aide extérieure. «Il y a donc encore un risque, faible, mais réel de voir la Grèce sortir de la zone monétaire.»

Fonds d'extinction de la dette

Le MES et l'action de la BCE sont nécessaires, mais pas suffisantes pour sortir de la crise. La mise en place d'un fonds d'extinction de la dette, où seraient regroupés des parts de dettes de divers Etats, serait souhaitable. Les pays concernés reviendraient plus rapidement sur des fondamentaux sains, ce qui rétablirait la confiance.

«La mise en place d'un tel fonds paraît aujourd'hui politiquement irréalisable. Mais qui sait quelle sera la situation à l'avenir, questionne Paul De Grauwe. Beaucoup de choses sont devenues possibles. Pensez uniquement au programme d'aide de la BCE: cela paraissait impensable il y a seulement deux ans.» (nxp)

(Créé: 13.09.2012, 06h59)
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