Samedi 3 décembre 2016 | Dernière mise à jour 20:00

Crise de la zone euro L’Espagne est aussi malade mais pas comme la Grèce

Madrid a remplacé Athènes dans les cauchemars des dirigeants européens. Mais les deux pays ne sont pas aux prises avec les mêmes problèmes. Et surtout, l’enjeu est autre.

A ce stade, elle n’ose pas officiellement demander des fonds à l’Europe, par crainte d’être contrainte à une nouvelle cure d’austérité.

A ce stade, elle n’ose pas officiellement demander des fonds à l’Europe, par crainte d’être contrainte à une nouvelle cure d’austérité. Image: Keystone

Un plan pour résoudre les crises bancaires

L’Espagne sur le fil

L'Espagne prendra une décision dans les quinze jours sur la recapitalisation de ses banques et par extension sur un éventuel appel à l'aide internationale. Le ministre espagnol des Finances Luis De Guindos l'a fait savoir mercredi lors d'une déclaration au Parlement européen.

L'Espagne a levé jeudi 2,074 milliards d'euros en obligations, un peu plus que prévu, grâce à la forte demande des investisseurs, mais a dû concéder des taux d'intérêt en forte hausse notamment sur l'échéance-phare à dix ans, au-dessus de 6%.

L’enjeu allemand

Pour Michel Juvet, la question cruciale est de savoir si l’Allemagne a la volonté de financer les pays qui appellent au secours.

Seule l’Allemagne peut sauver une zone euro groupée, assure l'analyste. Mais aura-t-elle toujours la volonté de rester dans cette zone et de dépenser progressivement son argent pour aider les autres pays, même sous conditions?

Le coût de ce sauvetage graduel deviendra-t-il, à un moment donné, aussi important qu’une sortie immédiate de la zone euro? La question se posera en Allemagne un jour ou l’autre, assure Michel Juvet.

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Petite économie, la Grèce se retrouve au fond du trou en raison de l’endettement proportionnellement énorme de son secteur public.

L’Espagne ne fait pas partie des pays les plus endettés. Mais elle est une des principales économies du continent.

Son problème se situe dans l’endettement des privés et le mauvais état de son secteur immobilier.

Résultat: banques et caisses d’épargne espagnoles ne parviennent plus à absorber les pertes sur les prêts octroyés.

Comme l’explique Michel Juvet, associé de la Banque Bordier, l’Etat espagnol souffre. Pour régler le problème de ses banques, il devrait emprunter davantage.

Mais malgré un endettement moyen, les créanciers rechignent à jouer le jeu, déjà refroidis par le contexte global dans la zone euro.

«L’Etat espagnol peine à convaincre les créanciers de sa capacité à s’endetter ou à gérer sa situation. Il peine à se financer sur les marchés car les taux d’intérêts sont montés sur la dette espagnole.»

Court et long terme

En parallèle, les banques espagnoles voient fuir les fonds des déposants espagnols désécurisés. Et vu leur mauvais état, elles n’arrivent pas à se financer auprès des autres banques européennes.

Ces banques sont donc condamnées à se financier auprès de la Banque centrale européenne, qui vient de renouveler ses mesures d’aide au secteur bancaire. Une solution qui porte sur la liquidité et non la solvabilité des banques. Du court terme donc.

Mais à plus longue échéance, pour Michel Juvet, l’Etat espagnol pourrait nationaliser les banques en difficulté. Les regrouper dans une société de défaisance des actifs «pourris». Liquider ces actifs et reprivatiser une fois ces banques assainies.

Pour y parvenir, l’Espagne a besoin d’argent. Mais à ce stade, elle n’ose pas officiellement en faire la demande à l’Europe, par crainte d’être contrainte à une nouvelle cure d’austérité.

L’Allemagne au centre

En Allemagne, les opposants jugent que le Fonds de stabilité financière et le Mécanisme européen de stabilité n’ont pas le droit de financer les banques directement.

Berlin voudrait aider en direct Madrid, qui procéderait ensuite à l’assainissement de ses banques. Une position que partage Michel Juvet mais pas la France, par exemple.

Vu la taille de l’économie espagnole, son intégration dans la zone euro et les participations des banques européennes dans le système bancaire ibérique, «l’Europe n’a de toute façon pas le choix, elle ne peut pas laisser s’effondrer l’Espagne», constate l’analyse.

«Et les Allemands ont la clé de la solution. Ce sont eux les bailleurs de fonds. La question est de savoir s’ils veulent toujours rester dans la zone euro. Et si oui, combien ils sont prêts à payer pour maintenir cette zone en vie?» (nxp)

(Créé: 07.06.2012, 14h43)

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