ACCUEIL 25.10.2014 Mis à jour à 07h43

«L’idée d’un fonds souverain pour la BNS est une illusion»

Politique monétaire

L’idée de créer un fonds souverain avec les réserves de change de la Banque nationale suisse constitue une fausse bonne idée, selon Jean-Pierre Roth, ancien président de l’institut d’émission.

Mis à jour le 13.06.2012 4 Commentaires
Jean-Pierre Roth a présidé la Banque nationale suisse jusqu'à fin 2009.

Jean-Pierre Roth a présidé la Banque nationale suisse jusqu'à fin 2009.
Image: Keystone

Articles en relation

Partager & Commenter

Selon Jean-Pierre Roth, il importe que la Banque nationale suisse (BNS) dispose de ses réserves «lorsque la situation internationale se normalisera». Leur acquisition ces dernières années signifie que la banque centrale «a dû intervenir massivement pour protéger le franc de la spéculation, indique-t-il dans une interview parue mercredi dans L’Agefi.

«Il en est résulté une dilatation très forte de la liquidité intérieure. Celle-ci est aujourd’hui près de cinq fois supérieure à son niveau d’avant la crise», précise le retraité qui siège désormais dans les conseils d’administration de Nestlé, Swiss Re, Swatch Group et la Banque cantonale de Genève.

Lutter contre l’inflation

Cette situation «exceptionnelle» devra être corrigée quand la crise de l’euro sera résorbée, explique encore Jean-Pierre Roth. «Il faudra alors que la BNS puisse revendre les devises acquises pendant la crise.»

«Elle ne pourra le faire que si elle en dispose librement, ce qui ne serait pas le cas si ces montants étaient placés en actions ou en participations dans des entreprises étrangères, des marchés à plus faible liquidité.»

«Ne privons pas la BNS des instruments nécessaires à mettre l’économie suisse à l’abri des risques inflationnistes», résume le Valaisan. Ce dernier parle d’illusion quand les adeptes d’un fonds souverain affirment que l’instrument protégerait la Suisse des risques de change liés à de nouveaux accès de faiblesse de l’euro.

Des réserves en pagaille

A fin mars, la BNS disposait de réserves de change de 250 milliards de francs. Selon certains, ces réserves auraient gonflé de 50 à 60 milliards au cours des quinze derniers jours, rapporte Paul Dembinski, directeur de l’Observatoire de la finance, dans une tribune parue dans La Liberté.

«Aujourd’hui, les coffres de la BNS contiendraient des dollars et des euros en pagaille», relève le professeur qui s’empresse de qualifier cette richesse de virtuelle. A ses yeux, l’apparition récente et diffuse de l’idée de constituer un fonds souverain à la mode helvétique n’est pas anodine.

«En effet, elle pourrait bien signifier que la BNS explore activement les possibles voies de sortie (...) de la politique de résistance à l’appréciation du franc contre l’euro, mais aussi contre le dollar.» Une politique qui a commencé bien avant la fixation d’un cours plancher face à l’euro le 6 septembre 2011.

Paul Dembinski résume l’enjeu du prix à payer de cette politique par une phrase qui conclut son billet: «Aujourd’hui, la facture de la folie des grandeurs du petit pays balloté par une monnaie surdimensionnée serait donc en voie d’être présentée à l’encaissement».

(ats/Newsnet)

Créé: 13.06.2012, 11h50

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

Caractères restants:

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

4 Commentaires

Lupo BNS irresponsable

13.06.2012, 13:25 Heures
Signaler un abus 5 Recommandation 0

Trop d'Etats et de banques Européennes sont en faillite, ne tenant que par une continuation de l'endettement ... et pendant ce temps, notre BNS amasse des devises étrangères en quantité irresponsable => et qui devra payer si toutes ces devises ne valent plus rien ? Que l'on achète au moins du concrêt avec cette monnaie mirage ... Répondre


Le feu Brûle

13.06.2012, 14:43 Heures
Signaler un abus 3 Recommandation 0

Si il est normal que la BNS agisse vigoureusement contre la spéculation des adeptes de la finance, elle ne peu rien contre une crise majeure dont la cause est la mauvaise gestion des états. Pragmatiquement, il y a des états qui cherchent des milliards et on n'arrête pas d'en acheter, donc il y a un potentiel, mais c'est aussi se substituer à la BCE, avec le problème politique que cela implique. Répondre



Super héros, Louis Vuitton, fleuri, à poids... Les meilleurs du web!