ACCUEIL 18.4.2014 Mis à jour à 23h08

La production de pétrole a de beaux jours devant elle

Energie

Non, la planète n’est pas à court de brut. Et le fameux «peak-oil», ce sommet de production mondiale, n’est pas au programme, assure un chercheur de la Harvard Kennedy School.

Par Pierre-François Besson. Mis à jour le 03.07.2012 2 Commentaires
L'exploitation des sables bitumineux au Canada aura sa part dans la hausse des capacités de production de pétrole.

L'exploitation des sables bitumineux au Canada aura sa part dans la hausse des capacités de production de pétrole.
Image: Keystone

Explications en images

Liens

Galerie Photos

Pétrole à risque pour la Suisse

Pétrole à risque pour la Suisse
Un quart de l'or noir consommé dans le pays provient du Kazakhstan et d'Azerbaïdjan.

Articles en relation

Partager & Commenter

«Contrairement à ce que la plupart des gens pensent, écrit Leonardo Maugeri, la capacité de production mondiale de pétrole augmente à un niveau sans précédent tel qu’elle pourrait distancer la consommation.»

Ce chercheur de Harvard, conférencier et lobbyiste envisage même une possible surproduction massive suivie d’un écroulement des prix pétroliers après 2015.

2015 pourrait être le moment où de nouvelles infrastructures pétrolières de tous ordres fonctionneront. Jusqu’au moins conventionnelles. D’ici là, les prix devraient rester volatiles.

Question de technologie

Ex-top manager d’ENI, la société nationale italienne des hydrocarbures, Leonardo Maugeri sort un rapport fondé sur l’analyse des principaux sites d’exploitation pétrolière actuels et à venir.

Il tient compte des nouvelles méthodes d’extraction permettant de tirer profit des sables bitumineux, schistes bitumineux et autres bruts extra-lourds. Des méthodes qui devraient se généraliser, selon lui.

Conclusion: à la production actuelle – 93 millions de barils par jour (mbj) – viendront s’ajouter 17,6 mbj supplémentaires en 2020. La capacité de production mondiale atteindra 110,6 mbj.

Ce résultat tient compte des risques politiques et techniques et de l’épuisement des champs aujourd’hui productifs. «Cela représentera la plus grosse augmentation [des capacités de production] au cours d’une décennie depuis les années quatre-vingt», écrit l’Italien.

Les Etats-Unis se profilent

Atteindre ce niveau a une exigence. Le prix du baril ne doit pas passer sous les 70 dollars. Une possibilité en cas de gros choc économique ou financier ou de forte contraction de l’économie chinoise. En deçà des 70 dollars, huit dixièmes des nouveaux volumes produits ne seraient pas rentables. D’ici à 2015 du moins.

Ce «renouveau du pétrole» découle selon Leonardo Maugeri d’un cycle d’investissements jamais vu. Il a débuté en 2003 et atteint son pic en 2010.

En 2020, selon le chercheur, seuls la Norvège, la Grande-Bretagne, le Mexique et l’Iran devraient voir leur production baisser parmi les grands producteurs d’or noir. Les autres peuvent, au pire, envisager le statu quo.

Irak, Etats-Unis, Canada et Brésil présentent les plus gros potentiels de croissance des capacités effectives de production. Les Etats-Unis pourraient même devenir en 2020 le numéro deux mondial du pétrole derrière l’Arabie saoudite.

«L’âge du pétrole bon marché est probablement derrière nous, écrit Leonardo Maugeri. Mais le niveau futur des prix pétroliers demeure incertain. Et la technologie pourrait rendre le pétrole cher d’aujourd’hui bon marché demain.» (Newsnet)

Créé: 03.07.2012, 06h11

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

Caractères restants:

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

2 Commentaires

Patrick Luder

03.07.2012, 15:41 Heures
Signaler un abus 2 Recommandation 0

Chouette, nous pourrons polluer encore plus et détruire toutes nos ressources => Foormidaaaaable ! Enfin, reste à prouver que les nouvelles capacités pourront remplacer les anciennes en déplétion ... Répondre


Vincent Oberson

03.07.2012, 20:02 Heures
Signaler un abus 2 Recommandation 0

Ex-top manager d’ENI, un chercheur ? Il a oublié de dire que Dieu y pourvoira et qu'il mettra à disposition tout le pétrole dont l'humanité a besoin. C'est bien connu, une croissance exponentielle infinie est parfaitement possible dans un monde fini. A moins qu'il ne s'agisse de Claude Allègre déguisé ? Répondre