Mercredi 31 août 2016 | Dernière mise à jour 16:08

Réchauffement Le coût astronomique de la fonte des glaces arctiques

La fonte des glaces de l'Arctique pourrait coûter 60'000 milliards de dollars, en raison des gigantesques quantités de méthane relâchées dans l'atmosphère.

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Depuis 20 ans, capitaines d'industries et chefs d'Etats assistent à la fonte des glaces arctiques avec un certain fatalisme basé sur l'ouverture de la voie du grand Nord pour les navires et la possibilité d'exploiter les gisements offshore de pétrole et de gaz. Pour certains, cette conséquence du réchauffement climatique serait un mal pour un bien.

Une étude menée par une équipe d'économistes et de physiciens du Groupe de physique de l'océan polaire à l'université de Cambridge vient remettre en cause l'idée reçue comme quoi la fonte de la banquise arctique serait bénéfique pour l'économie mondiale.

La glace, le pergélisol et le méthane

Les scientifiques savent depuis longtemps que les océans retiennent de fantastiques quantités de méthane. Plus encore en Arctique où la cage glacée de la banquise a amplifié ce phénomène.

Or, ce que pointent les chercheurs de Cambridge serait l'effet combiné de la fonte des glaces et du réchauffement de l'eau de mer, qui amènera le pergélisol à libérer des quantités toujours plus grandes de méthane.

Le plateau arctique de Sibérie orientale s'apparente en effet à un réservoir géant de gaz à effet de serre, sous la forme d'hydrates de gaz. Ces quantités emprisonnées dans le sol pourraient être relâchées, soit sur un laps de temps de plus de 50 ans, ou bien plus rapidement. Et cette hypothèse-là constituerait une catastrophe, selon les chercheurs.

Ces risques étaient déjà connus depuis plusieurs années, ainsi que le prouve ce reportage vidéo de RadioCanada, mais leur impact n'était pas encore mesuré et chiffré comme viennent de le faire les chercheurs de Cambridge.

Les pays en développement impactés

«La disparition imminente de la glace de mer en été dans l'Arctique aura d'énormes répercussions sur l'accélération du changement climatique, sur la libération de méthane dans les eaux au large des côtes qui sont maintenant en mesure de se réchauffer pendant l'été», déclare le professeur Peter Wadhams, chef du groupe de physique de l'océan polaire à l'université de Cambridge et l'un des auteurs de l'étude.

«Cette hausse massive des quantités de méthane aura d'importantes conséquences pour l'économie mondiale. Une large part des coûts devrait se retrouver à charge des pays en développement, sous forme de conditions météorologiques extrêmes, d'inondations et d'impacts sur la production agricole et la santé des habitants», ajoute-t-il.

Des répercussions sous-estimées

Selon lui et ses co-auteurs, qui se basent prudemment sur le rapport de Nicholas Stern (que son auteur a lui-même qualifié depuis de très optimiste), 80% des coûts induits par ce méthane relâché dans l'atmosphère devraient concerner les pays les plus pauvres d'Afrique, d'Asie et d'Amérique du Sud: «Inondation des zones de faible altitude, chaleur extrême, sécheresses et tempêtes seront amplifiées par les émissions accrues de méthane.»

Or, selon eux, les organismes économiques mondiaux ignorent cette problématique: «Ni le Forum économique mondial, ni le Fonds monétaire international ne reconnaissent actuellement le danger économique du changement en Arctique. Ils devraient accorder beaucoup plus d'attention à cette bombe à retardement invisible. L'impact du relâchement de méthane dépasse les 60'000 milliards de milliards de dollars pour l'économie mondiale, à la valeur 2012», estime Gail Whiteman, professeur à la Rotterdam School of Management.

Record de navires pour la route du Nord

L'impact de la disparition des glaces se fera également sentir loin des pôles, disent les auteurs de l'étude, car l'Arctique est une région cruciale pour l'équilibre des écosystèmes de la Terre, comme les océans et le climat.

Cette étude intervient alors que de nombreuses compagnies maritimes se préparent à envoyer un nombre record de navires à travers le Nord de la Russie, réduisant la distance entre Asie et Europe de plus de 35% et les coûts jusqu'à 40%.

Selon les autorités russes, 218 navires coréens, chinois, japonais, norvégiens, allemands et d'ailleurs ont jusqu'ici demandé la permission de suivre la «route de la mer du Nord» cette année. En 2012, seuls 46 navires avaient emprunté cet itinéraire, et seulement quatre en 2011. (nxp)

(Créé: 26.07.2013, 15h59)

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