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Le high-tech en manque de filles

Société

En Suisse, les filières techniques et informatiques peinent à attirer les femmes. Le problème est culturel.

Par Loïc Delacour. Mis à jour le 27.06.2012 12 Commentaires
Pour choisir un métier, les femmes chercheraient «quelque chose qui peut influencer la vie de la société». Ce qu'elles ne perçoivent pas dans l’informatique.

Pour choisir un métier, les femmes chercheraient «quelque chose qui peut influencer la vie de la société». Ce qu'elles ne perçoivent pas dans l’informatique.

Comment intéresser les filles au high-tech?

«Les filles manquent de modèles»

Interview de Farnaz Moser, déléguée à l’égalité des chances pour l’EPF de Lausanne

La proportion d’étudiantes à l’EPFL semble stagner ces dernières années.

Si le pourcentage n’a pas tellement évolué en deux ans, en nombre, il y a chaque année plus d’étudiantes sur le campus, ce qui est réjouissant. A titre d’exemple, en 2010, nous avions 1500 étudiantes, en 2011, 1700 étudiantes. Cette augmentation est visible dans toutes les facultés de l’EPFL.

Pourquoi les jeunes filles boudent-elles les sciences techniques?

Ces métiers ont vraiment une image masculine dans la perception des petites filles. Cette image leur a été transmise de manière consciente ou inconsciente par la société. Elles manquent aussi d’informations sur l’utilité de ces métiers pour la société et elles manquent de modèles. Par conséquent, elles n’arrivent pas à s’identifier. Elles comprennent ce que fait une infirmière, mais pas ce que fait un ingénieur.

Que peut-on faire pour améliorer la situation?

D’une manière générale, il faut que les écoles soient impliquées dans les démarches. Il y a maintenant une prise de conscience, il faut une volonté politique, accompagnée de moyens adéquats pour faire concrètement avancer les choses.

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Le monde des nouvelles technologies serait-il macho? Du côté des géants du Web, entre les Mark Zuckerberg, Bill Gates ou feu Steve Jobs, on peine à sortir le nom d’une femme. Et la nomination, ce début de semaine, de Sheryl Sandberg au conseil d’administration de Facebook ne change pas grand-chose au tableau. Il faut dire qu’aux Etats-Unis et en Europe elles sont encore très peu à choisir des cursus techniques. Des démarches tentent de corriger le tir. Le programme «Girls Who Code» («Les filles qui codent», ndlr) vient de voir le jour aux Etats-Unis et, le 21 juin dernier, la Commission européenne a lancé une campagne de communication pour encourager les filles à étudier des matières scientifiques. La Suisse est très touchée par cette problématique. Une étude récente la classe même dernière, en Europe, en ce qui concerne le nombre de jeunes diplômées dans les branches techniques.

A l’EPF de Lausanne, les chiffres parlent d’eux-mêmes (voir infographie ci-contre). Le pourcentage de femmes stagne depuis quatre ans. Même constat dans les filières scientifiques de l’Université de Fribourg. «S’il y a plus d’étudiantes, le pourcentage de filles n’évolue que très peu, confirme Hélène Fueger, responsable du Service de l’égalité. En physique et en informatique, c’est particulièrement frappant. Pour cette dernière branche, le taux de 10% n’a pratiquement pas bougé depuis dix ans. Ce sont des phénomènes de résistance assez impressionnants.»

Informaticien associé au hacker

Pour la spécialiste, la raison est culturelle. «En Suisse, l’informatique est très liée à une image de hackers passant leurs journées et leurs nuits devant un ordinateur à coder ou à jouer, note-t-elle. Des recherches ont montré que les stéréotypes peuvent être complètement différents ailleurs. En Asie, par exemple, l’informatique est très bien considérée pour les femmes, car il s’agit d’un métier sérieux, qui se pratique dans un bureau. Ce sont d’autres aspects qui sont mis en avant.»

La députée socialiste Géraldine Savary abonde de ce sens: «Il y a effectivement des pays où les sciences techniques ne sont pas genrées, comme en Russie ou en Inde. Dans ce second pays, les femmes savent que la réussite dans un cursus scientifique peut leur permettre de s’en sortir. Le fait qu’ailleurs des femmes y arrivent montre bien que cela n’a aucun rapport avec une différence de cerveau ou autre.»

Le fait que les jeunes filles peinent à trouver du sens dans ce type de travail jouerait aussi un rôle. «Elles recherchent dans leur futur métier quelque chose qui peut influencer la vie de la société, ajoute Hélène Fueger. Or elles ne le perçoivent pas dans l’informatique. Et des recherches ont montré qu’il ne sert à rien de vouloir les attirer vers la physique en ayant recours à des stéréotypes, en tissant des liens avec la cuisine par exemple. Il est beaucoup plus efficace de leur montrer les liens avec la nature.»

«Un signe avant-coureur»

Daniel Borel, fondateur de Logitech, ne se veut pas trop inquiet. «C’est une question de temps, mais je suis très optimiste, déclare-t-il. J’étais sur le campus de Google il y a trois semaines, et j’étais impressionné par le nombre de filles présentes. C’est pour moi un signe avant-coureur de ce qui va se passer. Nous avons besoin que les femmes s’engagent dans l’ingénierie.»

Nos autorités sont en tout cas conscientes du problème. Suite à un postulat d’août 2010, le Conseil fédéral s’est déclaré favorable à ce que, dans l’enveloppe de 26 milliards attribuée aux hautes écoles pour 2013 à 2015, de l’argent soit consacré à l’amélioration de la représentation féminine. (Le Matin)

Créé: 27.06.2012, 22h51

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12 Commentaires

Lara Clette

27.06.2012, 23:57 Heures
Signaler un abus 14 Recommandation 0

Ayant un CFC d'électronnicienne, depuis bientôt 25 ans, et travaillant depuis 13 ans dans une entreprise dite d'etat, se ventant de l'égalité des chances, me voici pour la deuxieme fois en burn-out, à cause de vieux machos qui considèrent que la place de la femme est au foyer, et qu'elles volent un salaire qui devrait être donné à un homme qui a une famille plutôt qu'à une femme diplomée. Répondre


Dam Van Ey

28.06.2012, 01:24 Heures
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Et alors??... constat aussi stupide que "la puériculture manque d'hommes"... est-ce un vrai problème? Répondre