Dimanche 11 décembre 2016 | Dernière mise à jour 02:13

Franc-euro Les détracteurs du taux plancher vivement critiqués au National

Les partisans d’une suppression du cours plancher de 1,20 franc pour un euro ont été fortement critiqués mercredi au Conseil national. Même l’UDC a mis de l’eau dans son vin.

Même Christoph Blocher a dû admettre que ce sera à la BNS de déterminer quand la Suisse retrouvera une solution normale

Même Christoph Blocher a dû admettre que ce sera à la BNS de déterminer quand la Suisse retrouvera une solution normale Image: Keystone

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Pas question officiellement pour ce parti de remettre en cause la politique de la Banque nationale (BNS). Il appartiendra à la BNS de déterminer quand la Suisse retrouvera une situation normale, a admis Christoph Blocher (UDC/ZH) tout en précisant qu’il ne fallait pas forcément rester longtemps à un taux de 1,20 franc au risque de devoir affronter une inflation. Même ton chez le président de l’Union suisse des arts et métiers (USAM) Jean- François Rime.

Les élus UDC ont a été fortement pris à partie pour la polémique qui a enflammé les médias ces derniers jours. La gauche a été la plus vindicative pour critiquer la campagne menée par les milieux proches du parti de droite: l’ex-chef de l’UBS Oswald Grübel, le professeur Martin Janssen ou le directeur de l’USAM Hans-Ulrich Bigler ont pris position contre le plancher.

La suppression du taux à 1,20 franc serait un véritable bain de sang. Des milliers d’emplois seront supprimés, a lancé Susanne Leutenegger Oberholzer (PS/BL). Les partis bourgeois ont également défendu la politique de la BNS, notamment pour soutenir l’économie exportatrice. L’industriel UDC thurgovien Peter Spuhler a lui aussi donné de la voix pour soutenir un change à 1,20 franc, rappelant qu’un franc suisse sur deux est gagné à l’étranger.

Fonds souverain

La droite a en revanche balayé les exigences de la gauche de voir le plancher passer à 1,30 puis 1,40 franc. Une telle politique serait fausse et irresponsable, selon Martin Landolt (PBD/GL). Les avis étaient plus partagés concernant la création d’un fonds souverain. Mais seul le PLR a concrètement soutenu une telle solution, critiquée par le PDC et le PVL.

Fulvio Pelli (PLR/TI), qui a évoqué les exemples de pays comme la Norvège ou l’Australie, a proposé de placer les bénéfices de la BNS dans un tel fonds plutôt que de les répartir entre la Confédération et les cantons. Selon lui, la Suisse disposerait ainsi d’un instrument d’investissement fort qui permettrait de stabiliser la monnaie.

La ministre des finances Eveline Widmer-Schlumpf s’est montrée sceptique, car ce serait un défi lancé aux cantons que l’on priverait de ressources. Comme le président de la BNS Thomas Jordan dans la matinée, elle a aussi critiqué l’idée, assez en vogue ces dernière semaines, de constituer un fonds souverain avec les réserves de change de la banque centrale.

La diversification souhaitée peut déjà être réalisée par la BNS par le truchement des actions et des emprunts. Transférer le risque vers la Confédération - qui se verrait d’ailleurs confier un rôle monétaire qui n’est pas le sien - ne le réduirait pas pour l’Etat in globo. Et les problèmes liés au taux de change ne disparaîtraient pas pour autant, a fait valoir la conseillère fédérale.

Scénarios

La Suisse ne sera pas prise de court par une aggravation de la crise de l’euro, a par ailleurs affirmé la présidente de la Confédération. Tous les scénarios sont passés au crible même si «on ne s’attend pas ce que la Grèce quitte la zone euro ni à une intensification de la crise».

Face à des développements imprévisibles, il importe avant tout de mettre sur pied un système efficace de gestion des crises, estime le gouvernement. Des cellules de crise composées de représentants de l’administration, de la BNS et de l’autorité de surveillance des marchés (FINMA) analysent en permanence la situation et élaborent des mesures. Parmi elles, un contrôle des flux de capitaux ou des taux d’intérêts négatifs, mais comme ultima ratio.

Et la ministre de se garder de trop détailler les travaux en cours. «Il y a des moments où il préférable de ne pas communiquer. Une communication fausse ou trop fréquente peut aller à l’encontre du but visé». (ats/nxp)

(Créé: 14.06.2012, 13h27)

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