ACCUEIL 20.9.2014 Mis à jour à 01h10

Madrid tente de contenir la panique des marchés

Crise

L’Espagne a tenté mercredi, en vain, d’apaiser les fortes tensions des marchés en détaillant le processus de sauvetage de Bankia, le plus cher de son histoire.

Mis à jour le 30.05.2012
Le sauvetage annoncé de Bankia sème un vent de panique sur les marchés.

Le sauvetage annoncé de Bankia sème un vent de panique sur les marchés.
Image: Reuters

Un délai de 3 mois

Les quatre principales banques grecques en voie de recapitalisation doivent élaborer des plans de restructuration d'ici à trois mois, comprenant des réductions salariales ou des fermetures d'agences, a annoncé mercredi le Fonds hellénique de stabilité financière.

La Banque nationale de Grèce, numéro un du pays, Alpha Bank, Eurobank et la Banque du Pirée «doivent élaborer des plans de restructuration d'ici à trois mois», a déclaré Anastassios Gagalis, vice-président du Fonds hellénique au cours d'un point de presse.

Articles en relation

Partager & Commenter

Mots-clés

Le gouvernement espagnol admet qu’il doit désormais tout faire pour "retrouver la confiance" des investisseurs.

Le pays est le "centre d’intérêt non seulement pour les pays de la zone euro mais aussi, probablement, pour l’économie mondiale", a noté le gouverneur de la Banque d’Espagne, Miguel Angel Fernandez Ordonez, devant le Sénat.

Son "principal problème est la chute de tous les indicateurs de confiance ces derniers mois, aggravée depuis quelques semaines par la gestion de la dernière crise bancaire", celle de Bankia, qui croule sous les actifs immobiliers risqués.

Vent de panique

"Rien n’est plus important maintenant que de retrouver la confiance" du marché: "sans elle nous ne pourrons résoudre aucun de nos problèmes".

Car le coup de stress des marchés, provoqué par l’annonce d’un prochain sauvetage public de Bankia pour 23,5 milliards d’euros (dont 19 milliards restent à trouver), s’est transformé en vent de panique: mercredi la Bourse madrilène chutait de 2,14% à 16h.

Et la prime de risque (surcoût payé par l’Espagne pour emprunter à dix ans par rapport à l’Allemagne, référence en zone euro) a battu de nouveaux records, jusqu’à 539 points.

Pour calmer la tempête, le ministre de l’Economie Luis de Guindos s’est voulu pédagogique, expliquant comment l’argent public sera fourni à Bankia.

"Ce sera le mécanisme habituel, celui que l’on a utilisé pour d’autres injections du (fonds public) Frob auparavant, c’est-à-dire des émissions du Frob qui se font évidemment sur les marchés de capitaux et ensuite, au fur et à mesure des besoins, on injecte le capital", a-t-il dit.

Banque publique

Il reste moins de 5 milliards dans le Frob, créé en 2009 pour aider le secteur, il devra donc trouver 14 milliards sur les marchés. Un objectif périlleux à un moment où les taux d’intérêt appliqués à l’Espagne sont très élevés.

Après l’apport du Frob, "Bankia sera une banque publique, et n’ayez pas le moindre doute que l’on va récupérer tout le capital investi", a lancé Luis de Guindos aux députés.

"En assainissant Bankia, nous réalisons l’étape la plus substantielle pour dissiper les doutes existant sur la solvabilité du système financier espagnol", fragilisé depuis l’éclatement de la bulle immobilière en 2008, a-t-il ajouté.

Mais l’Espagne n’est pas au bout de ses problèmes: comme l’a souligné le gouverneur de la banque centrale, "il est maintenant prioritaire de retrouver de la crédibilité en appliquant le budget de manière rigoureuse".

Le pays a connu un grave dérapage budgétaire en 2011 avec un déficit à 8,9% du PIB contre 6% promis, et veut atteindre 5,3% cette année.

Un chômeur sur quatre

Pourtant "il y a des risques que les recettes prévues soient plus faibles", a admis le gouverneur, et les dépenses pourraient elles être plus élevées que prévu, notamment pour payer les prestations de chômage, dans un pays où près d’un actif sur quatre n’a pas d’emploi.

De quoi compromettre l’objectif de déficit.

La Commission européenne a d’ailleurs appelé mercredi l’Espagne à "accélérer substantiellement le rythme de ses réformes", jugeant qu’elle "fait face à de sérieuses difficultés pour rétablir la confiance des marchés".

Mais le commissaire aux Affaires économiques, Olli Rehn, a insufflé une petite dose de réconfort au pays, en annonçant que la Commission est "prête à envisager de prolonger d’un an le délai pour que l’Espagne atteigne ses objectifs budgétaires".

L’Espagne aurait ainsi jusqu’à 2014, et non plus 2013, pour revenir à un déficit public de 3% du PIB.

Le dernier mot reviendra toutefois aux Etats européens.

Confiance de l'Allemagne

Dans son effort budgétaire, l’Espagne est en tout cas soutenue par l’Allemagne.

"Le gouvernement allemand a confiance dans la voie des réformes sur laquelle s’est engagée l’Espagne", a affirmé mercredi le porte-parole du gouvernement, Steffen Seibert, ajoutant qu’il sait "très bien à quel point les problèmes sont grands et sérieux".

Après avoir tenté de rassurer les marchés, Luis de Guindos, se rendait d’ailleurs mercredi à Berlin pour rencontrer son homologue allemand, Wolfgang Schäuble. (afp/Newsnet)

Créé: 30.05.2012, 18h01

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

Caractères restants:

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.
Aucun commentaire pour le moment

Sondage

Est-il raisonnable d'initier des jeunes aux parfums du vin dans le cadre scolaire?