Dimanche 4 décembre 2016 | Dernière mise à jour 11:04

Argent Nos futurs billets de banque cherchent leur papier

Ils devraient être dans nos portefeuilles depuis 2010: les nouveaux billets de banque suisses n'apparaîtront pas avant 2014 en raison de problèmes de papier. Le producteur grison aurait aussi des soucis avec l'Allemagne.

Sise à Landquart (GR), la société LandQart produit le papier de sécurité des futurs billets de banques suisses. Elle compte deux douzaines de pays parmi ses clients.

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En novembre 2005, la Banque nationale Suisse (BNS) présentait sa future série de billets de banque. Elle pensait alors la mettre en circulation dès 2010. Après deux reports successifs, on ne sait pas officiellement quand les nouveaux billets apparaîtront. Selon le Tages-Anzeiger, le responsable de cette situation n'est autre que le fabricant de papier, situé aux Grisons.

La BNS ne dévie pas de son communiqué du 9 février annonçant un deuxième report sine die «en raison de problèmes techniques surgis à un stade précoce de la production». Au moment du premier renvoi, deux ans plus tôt, elle avait pourtant pensé être en mesure d'«émettre la première coupure de la nouvelle série au cours de l'année 2012».

Pas cette année ni l'an prochain

Tel ne sera pas le cas. Les initiés estiment même que les billets actuels ne seront pas remplacés avant 2014. La société zurichoise Orell Füssli, qui depuis des décennies imprime les billets de banque suisses, s'est contentée de botter en touche en faisant état de «retards de livraison d'un sous-traitant» et de «spécifications non tenues».

Sur la base de plusieurs sources s'exprimant sous couvert d'anonymat, le Tagi a déniché le responsable du problème à Landquart (GR). C'est là qu'est établie LandQart, une société forcément discrète parce que spécialisée dans la fabrication de papier de sécurité pour billets de banques.

Aux mains depuis 2006 du papetier canadien Fortress, Landqart ne s'est signalée depuis que deux fois. En mai 2011, elle licenciait 41 de ses 232 collaborateurs. En février dernier, Tagesanzeiger.ch rapportait le départ de son directeur opérationnel Erich Sulzer et la décision de son CEO Alfonso Ciotola de remettre son mandat de président du conseil d'administration de Fortress Paper.

Problèmes de procédés

Avec la Suisse, qui aime intégrer à ses nouveaux billets une sécurité dernier cri sécurité, LandQart connaît des difficultés avec un nouveau procédé de fabrication. La société l'a certes elle-même breveté, mais elle ne parviendrait pas à maintenir une qualité régulière dans sa production à l'échelon industriel.

Les billets actuels intègrent huit critères de sécurité. Les nouveaux en ajouteront d'autres, grâce notamment à un nouveau papier composé de deux couches cotonneuses laminées sur une couche centrale en polymère. Ce procédé doit permettre de faire apparaître une fenêtre de sécurité transparente et garantir une meilleure longévité aux billets.

Problèmes d'oxydation avec l'euro

Pour ne rien arranger, la société suisse connaîtrait aussi, nouvellement, des problèmes avec l'Allemagne, où elle est menacée d'une plainte en dédommagement. En 2011, la «Bundesdruckerei» (Imprimerie d'Etat) de Berlin, qui est en mains privées, a obtenu des pays de l'Union européenne un mandat pour la production de 860 millions de nouvelles coupures.

Mais le fil de sécurité des billets en question s'oxyde. Les spécialistes de la branche, dont le Tagi se fait l'écho mercredi, rapportent à l’unisson que LandQart a fourni le papier avec le fil défectueux. Selon l'un d'eux, la société aurait vu le problème mais n'en aurait pas tenu compte, pour des raisons de coûts.

Dans la foulée, la «Bundesdruckerei» aurait décidé de se fournir ailleurs, soit auprès de Louisenthal, une fabrique de papier munichoise. Elle envisagerait en outre de déposer une plainte pour les dommages subis, qui s'élèveraient à 15 millions d'euros.

Pour l'heure, la société allemande ne dément pas ni ne confirme cette intention. D'aucuns estiment cependant qu'une telle plainte n'aurait pas pour seul objectif de compenser les dommages subis. L'entreprise berlinoise, qui cherche vainement à acquérir un producteur de papier, pourrait aussi vouloir affaiblir LandQart dans l'optique d'une éventuelle reprise. (nxp)

(Créé: 08.08.2012, 14h31)
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