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Un plan de rigueur pour récupérer 65 milliards

Espagne

Le chef du gouvernement Mariano Rajoy a annoncé mercredi de nouvelles mesures de rigueur, dont une hausse de la TVA, imposant au pays des sacrifices «qui font mal». But: répondre aux exigences de Bruxelles.

Mis à jour le 11.07.2012 1 Commentaire
Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy.

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy.
Image: Archives/AFP

Manif de mineurs

Au son des pétards et des sifflets, des milliers de mineurs, certains arrivés la veille après une «marche noire» de plus de 400 kilomètres, défilaient mercredi à Madrid contre les coupes dans le secteur. Ces dernières signent selon eux «la mort de la mine» en Espagne.

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Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a annoncé mercredi de nouvelles mesures de rigueur, dont une hausse de la TVA, imposant au pays des sacrifices «qui font mal» afin de récupérer 65 milliards d'euros et de répondre aux exigences de Bruxelles.

«J'applique des mesures exceptionnelles» face à des circonstances «exceptionnellement graves», a lancé Mariano Rajoy, lors d'un discours solennel devant les députés, détaillant ce plan qui frappera notamment les fonctionnaires et les chômeurs.

«Les mesures que nous prenons font mal à tout le monde, cela fait mal que les revenus diminuent et que les impôts augmentent, mais nous devons le faire», a affirmé le chef du gouvernement. Il présentait aux députés les résultats de la réunion, lundi, des ministres des Finances de la zone euro, qui a accordé à l'Espagne un assouplissement de son objectif de réduction du déficit et mis au point le plan d'aide aux banques du pays.

«Pas un sacrifice stérile»

Mais en contrepartie, l'Espagne s'est vu imposer des «conditions supplémentaires», a expliqué Mariano Rajoy, qui s'ajouteront à un budget 2012 d'une rigueur déjà historique, prévoyant 27,3 milliards d'euros d'économies.

Au total, le pays devra économiser sur les deux ans et demi à venir, c'est à dire d'ici à la fin 2014, 65 milliards d'euros supplémentaires, entre coupes budgétaires et nouvelles recettes.

Ce nouvel effort «ne sera pas un sacrifice stérile», a promis Mariano Rajoy, en rappelant que l'Espagne, qui ploie sous un chômage de 24,44%, est entrée au premier trimestre dans une nouvelle récession, deux ans après en être sortie, avec un recul du PIB de 1,7% attendu cette année. Pour 2013, a-t-il ajouté, le repli du PIB doit se poursuivre, «bien que plus proche de zéro».

Mesure phare de ce dispositif, la TVA augmentera de trois points, passant de 18% à 21%, alors que le gouvernement conservateur s'est longtemps refusé à prendre une telle décision, réclamée par la Commission européenne et par le Fonds monétaire international (FMI).

3,5 milliards économisés sur l'administration

La TVA réduite sur certains produits augmentera, elle, de 8% à 10%, tandis qu'elle sera maintenue à 4% sur les produits de première nécessité, comprenant des denrées alimentaires de base.

Mariano Rajoy a également annoncé une réforme de l'administration qui devrait rapporter 3,5 milliards d'euros. Elle prévoit une réduction du nombre des entreprises publiques et une diminution «de 30% du nombre des conseillers» locaux, a-t-il affirmé. Certaines primes accordées aux fonctionnaires et à de hauts responsables des administrations seront également réduites.

«Etant donné les circonstances de l'économie, exceptionnellement graves», la prime de Noël ne sera pas versée aux fonctionnaires et aux hauts responsables publics en 2012.

Il a également annoncé une diminution des indemnités chômage versées aux nouveaux inscrits, qui seront réduites à partir du sixième mois à 50% du salaire contre 60% actuellement.

Conditions imposées par Bruxelles

Le nouveau plan d'économies prévoit en outre un ajustement des dépenses ministérielles, déjà réduites dans le budget 2012, de 600 millions d'euros ainsi qu'une nouvelle coupe de 20% des subventions aux partis politiques, syndicats et organisations patronales en 2013.

Ces conditions ont été imposées à l'Espagne par Bruxelles, en échange d'un assouplissement de l'objectif de réduction de son déficit public, à 6,3% de son PIB cette année, soit un point de plus de prévu, après 8,9% en 2011, 4,5% en 2013, contre 3%, et 2,8% en 2014.

Parallèlement, les ministres des Finances de la zone euro étaient parvenus lundi soir à un accord sur le plan d'aide aux banques espagnoles, qui devrait se traduire par un versement de 30 milliards d'euros à Madrid dès la fin du mois.

Au total, le plan prévoit un maximum de cent milliards d'euros pour les banques du pays, asphyxiées par leur exposition à l'immobilier depuis l'éclatement de la bulle en 2008, qui avait précipité le pays dans la crise.

Bruxelles «salue» ces mesures

«Nous saluons l'annonce de ces nouvelles mesures de rigueur. Il s'agit d'un pas important pour s'assurer que l'Espagne atteigne ses objectifs budgétaires cette année», a déclaré lors d'une conférence de presse Simon O'Connor, porte-parole du commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn. (ats/Newsnet)

Créé: 11.07.2012, 11h51

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1 Commentaire

Jean-Paul Costantini

12.07.2012, 19:13 Heures
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Aussi longtemps que l'on ne met pas fin aux fuites de capitaux, aux bonus, aux parachutes dorés ( des noms ont été publiés, avec les montants détournés), à toute la corruption, le pays ne se relèvera pas. La hausse de la TVA va simplement favoriser les travaux non-facturés et donc échappant à la taxe. C'est déjà très courant. On vous propose toutes sortes d'arrangements hors impôt, incontrôlables Répondre