Mardi 6 décembre 2016 | Dernière mise à jour 01:10

Forfaits fiscaux Des fortunes de France vivraient l'enfer à Genève

Un reportage sur les exilés fiscaux français cloue Genève au pilori. Ennui, mal du pays, racket: certains riches Français ne supporteraient plus de vivre dans la cité de Calvin. L'avocat fiscaliste Philippe Kenel commente.

A Genève, de nombreux exilés fiscaux résident dans le quartier huppé de Cologny.

A Genève, de nombreux exilés fiscaux résident dans le quartier huppé de Cologny. Image: Jean-Pierre Clatot/AFP

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Pauvres exilés fiscaux français! Eux qui fuient des autorités fiscales de plus en plus oppressantes, voilà que Genève, terre promise, se révèle être un véritable enfer. C’est du moins ce que décrit un reportage accablant du magazine français Challenges, qui a investigué en Suisse et en Belgique, deux destinations de choix pour les fortunes exilées. Les déceptions y seraient multiples.

Golf et adultère

On s’ennuie à Genève. A tel point que, «à part le golf et l’adultère, les distractions sont rares», selon le magazine. Une situation qui pousserait ces «SDF» (sans difficultés financières) à s’enfermer dans des «ghettos où l’on ressasse les mêmes frustrations».

«L’intégration dépend de la façon dont on prépare la délocalisation, commente l’expert fiscal suisse Philippe Kenel pour Le Matin. La première phase demeure la plus importante: il s’agit de déterminer si la personne est mentalement prête à couper les liens avec la France. Plus cette étape dure, mieux c'est pour l’intégration.»

Pour le fiscaliste, les conseillers doivent pleinement assumer leur part de responsabilité dans le choix de la destination. Et tenir compte de la dimension humaine. «L'une de mes clientes hésitait entre Bruxelles et Château-d’Oex. Il y avait clairement un problème de choix de mode de vie! Sur dix de mes clients, il y en a en moyenne deux auxquels je conseille de ne pas s’exiler en Suisse.»

Quitter la France: un divorce

Cette délocalisation, il faut la vivre comme un divorce. Sinon, c’est le mal du pays assuré. Selon Challenges, les exilés fiscaux qui restent très attachés à la France supportent mal la loi sur les durées de séjour à laquelle ils sont soumis: rester plus de six mois par an en Suisse.

«Ces propos m’étonnent, poursuit Philippe Kenel. Si les personnes fortunées quittent le pays, c’est en grande partie parce qu’ils en ont marre du fonctionnement de la société française. Chez mes clients, je constate plutôt un sentiment de soulagement. Ce qui ne signifie pas qu’ils n’aiment pas la France, loin de là. »

Tous des escrocs

Le plus rageant selon Challenges? L’escroquerie constante commise par les banquiers et avocats genevois. Ceux-ci «pillent» les fortunes de leurs clients, «partant du principe qu’ils ont fraudé ou volé».

«Quand je suis venu en Suisse, j’y avais des comptes non déclarés, confie l'exilé Jean-Jacques Aumont dans les pages du magazine. Les banques m’ont créé une vraie usine à gaz, avec des dizaines de sociétés-écran, dans le but de toucher des commissions – elles facturent 10'000 francs suisses la création d’une société panaméenne qui leur coûte moins de 2000 – mais surtout de me mettre sous tutelle.»

Ce récit, comme le reportage dans son ensemble, surprend Philippe Kenel: «Il est probable que les frais soient plus élevés qu’ailleurs. Mais les exilés fiscaux savent bien que c’est la contrepartie d’une gestion propre à la Suisse.» (nxp)

(Créé: 25.07.2012, 12h40)

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