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Inégalité de revenus, un chercheur calme le jeu

Richesse

La concentration de la richesse a augmenté en Suisse. Mais elle ne dépasse pas les niveaux du début des années 1970, selon une étude menée par un prof d’HEC Lausanne. Qui peine toutefois à lire l’avenir.

Par Pierre-François Besson. Mis à jour le 29.03.2012
Durant la décennie d’avant la crise financière de 2008, les inégalités de revenus ont augmenté en Suisse.

Durant la décennie d’avant la crise financière de 2008, les inégalités de revenus ont augmenté en Suisse.
Image: Keystone

«Il n’y a pas de raison de s’alarmer, juge Marius Brülhart. Actuellement en Suisse, nous sommes plutôt dans un scénario où la bonne situation des riches ne fait pas de mal aux pauvres».

Le chercheur ne pense donc pas qu’il faille par exemple augmenter la progressivité des impôts dans le haut des barèmes pour viser une meilleure redistribution de la richesse. Dans l’immédiat du moins.

«Mais il faut bien sûr rester vigilant», surtout à l’aune de ce qui s’est passé aux Etats-Unis, prévient-il. Là-bas, en un quart de siècle, les écarts de richesse entre les pourcents les plus riches et le reste de la population et la concentration de ces richesses ont nettement augmenté.

Une «dynamique alarmante» puisqu’on a observé une stagnation des revenus réels pour la grande majorité de la population. Et selon le chercheur, «il est concevable qu’en Suisse on observe le même phénomène, avec un certain décalage temporel».

Prouvé par les chiffres

Au moyen de son étude, le professeur à HEC Lausanne avance deux éléments. Durant la décennie d’avant la crise financière de 2008, les inégalités de revenus ont bien augmenté en Suisse. Ce qui n’avait pas été prouvé par les chiffres jusqu’ici, selon lui.

De 1998 à 2008, la part de revenus des 1% les plus riches par exemple a augmenté de 32%, celle des 50% les moins riches a baissé de 4%.

«Le sentiment d’une hausse des inégalités, qui s’était installé au niveau politique, est confirmé par les données», observe Marius Brülhart.

Mais il précise tout de suite ce que l’étude montre aussi: la concentration de la richesse n’atteint pas les sommets historiques d’avant la crise pétrolière du début des années septante.

Les cycles conjoncturels

On est plutôt dans du «déjà vu», selon Marius Brülhart, d’autant que la concentration de la richesse collerait aux cycles conjoncturels.

Au moment des pics de conjoncture, les valeurs boursières culminent, favorisant les couches les plus aisées de la population. L’inégalité de richesse mesurée statistiquement augmente.

Mais en périodes de récession, les hauts revenus et les grosses fortunes sont proportionnellement plus touchés. Et les écarts diminuent, explique le chercheur.

Ce que semble confirmer les enquêtes de l’Office fédéral de la statistique entre 2008 et 2010, après le point d’inflexion conjoncturel. (Newsnet)

Créé: 29.03.2012, 17h30

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