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L'avenir de la Grèce met sous pression le sommet européen

Crise de la dette

Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE ont entamé lundi après-midi leur premier sommet de l'année. Une réunion de quelques heures avec notamment la Grèce au menu.

Mis à jour le 30.01.2012
Le président de Commission européenne José Manuel Barroso avec le Premier ministre grec Lucas Papademos lors du sommet.

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Image: AFP

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Le sommet européen perturbé par les manifestants

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La grève générale nationale vise à protester contre les mesures d'austérité en Europe. La capitale, où se tient un sommet européen, est paralysée par le mouvement.

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Sur le papier, cette réunion est consacrée aux moyens de relancer la croissance et l'emploi, deux sujets longtemps occultés par la crise et l'austérité qui suscite la grogne en Europe. La Belgique était partiellement paralysée lundi par une grève générale.

«Ce Conseil (européen) doit être un Conseil qui montre le chemin de l'espoir», a résumé le président de l'UE Herman Van Rompuy en ouverture des débats, «le but ultime de ce que nous faisons est d'améliorer la vie de tous».

La Grèce au centre

Mais la Grèce s'est de nouveau invitée dans la discussion. Berlin a jeté un pavé dans la mare en proposant de placer Athènes sous stricte tutelle d'un commissaire européen qui disposerait d'un droit de veto sur les décisions budgétaires du gouvernement.

L'Allemagne, à l'instar d'autres pays, perd patience à l'égard de la Grèce face à la lenteur des réformes dans le pays et aux objectifs de réduction du déficit public national sans cesse reportés.

Le projet a été révélé au cours du week-end et suscité des réactions très négatives en Grèce. «Soit nous avançons sur la voie démocratique où chaque pays est responsable de sa propre politique, soit nous sapons la démocratie dans l'Europe entière», a réagi lundi à Bruxelles Georges Papandréou, le chef de file des socialistes grecs et ex-Premier ministre.

Blocage brandi

Athènes n'est pas seul à s'indigner. «Inacceptable», a estimé le Premier ministre luxembourgeois et président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker à Bruxelles. Abondant dans ce sens, le chancelier autrichien Werner Faymann a lui jugé cette proposition «vexante».

Face à cette fronde, le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a pourtant laissé planer la menace d'un arrêt des prêts européens à Athènes faute de progrès. Berlin peut compter sur le soutien tacite des Pays-Bas et de la Suède.

En jeu: le déblocage du second plan d'aide au pays d'un montant de 130 milliards d'euros, promis par les Européens en octobre dernier. Cette aide est vitale pour la Grèce qui doit rembourser 14,5 milliards d'euros de prêts le 20 mars. Sans aide, le pays se retrouvera en faillite dans moins de deux mois.

Message d’espoir

En dehors du cas grec, les dirigeants européens veulent tenter lors du sommet d'envoyer un message d'espoir à leurs concitoyens en matière de croissance et de lutte contre le chômage.

Ils réfléchissent notamment à rediriger les budgets de certains fonds européens pour lutter contre le chômage des jeunes et aider les petites et moyennes entreprises.

«Nous allons proposer de réaffecter des fonds structurels non utilisés», a réaffirmé le président de Commission européenne José Manuel Barroso, sachant que l'UE a dans son budget une cagnotte de 82 milliards d'euros encore disponibles pour co-financer des projets. Aucune mesure concrète ne devrait toutefois être annoncée.

Une règle d’or

Autre mission pour les 27 dirigeants européens: peaufiner leur arsenal anticrise, en adoptant un nouveau traité visant à durcir leur discipline budgétaire commune. Ce pacte prévoit l'instauration généralisée d'une «règle d'or» sur le retour à l'équilibre et l'introduction de sanctions quasi-automatiques contre les dérapages budgétaires.

Parmi les questions en suspens figure celle des formats des futurs sommets de la zone euro. La Pologne qui n'a pas encore adopté la monnaie commune insiste pour y être invitée et a confirmé lundi qu'elle ne signerait pas le traité en l'état. Mais la France refuse que cela devienne systématique.

Dernier chantier, les Européens vont mettre sur les rails le futur fonds de secours financier permanent de la zone euro (le MES), qui commencera à fonctionner en juillet. Restera à déterminer sa capacité de prêts effective, mais cette question ne sera abordée qu'en mars. (Newsnet)

Créé: 30.01.2012, 16h41

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