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«La décision de Credit Suisse va dans le bon sens»

Fonds propres

En renforçant ses fonds propres, la banque répond aux inquiétudes de la BNS, constate Jean-Pierre Ghelfi. Une nécessité, selon l’ancien vice-président de la Commission fédérale des banques.

Par Pierre-François Besson. Mis à jour le 18.07.2012
Le numéro deux bancaire suisse fait grimper ses fonds propres.

Le numéro deux bancaire suisse fait grimper ses fonds propres.
Image: Keystone

Jean-Pierre Ghelfi. (Image: Keystone )

La Suisse en fait-elle assez?

Jean-Pierre Ghelfi: "Pour les banques, aller dans le sens des objectifs approuvés par les Chambres fédérales me semble une bonne mesure. Ces objectifs prévoient des fonds propres un peu supérieurs aux normes internationales.

S’ajoute un matelas supplémentaire composé d’obligations convertibles. Le but étant d’arriver à des fonds propres qui pourraient atteindre 18%.

La Suisse en fait plus que les autres pays car nulle part les grandes banques ont un tel poids en proportion du Produit national.

Au regard de la crise de 2008, on pourrait se dire que ce n’est pas suffisant. Mais il faut être réaliste. En demander sensiblement plus aux grandes banques pourrait réduire leurs capacités concurrentielles.

Par contre, exiger d’elles des fonds propres leur permettant de résister à une situation similaire aux difficultés de 2008, c’est raisonnable."

Réaction de la BNS

La Banque nationale suisse salue les mesures annoncées mercredi par Credit Suisse. Ces mesures contribuent à une augmentation rapide et significative des fonds propres capables d'absorber des pertes, a souligné la BNS dans un bref communiqué.

«Dans un environnement économique et financier qui reste particulièrement difficile pour le système bancaire international, ces mesures renforcent de manière substantielle la capacité de résistance de Credit Suisse», a relevé l'institut d'émission monétaire.

Le numéro deux bancaire helvétique va immédiatement augmenter son capital de 8,7 milliards de francs. Au total, toutes les mesures prises permettront d'accroître les fonds propres de 15,3 milliards.

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Credit Suisse va immédiatement augmenter son capital de 8,7 milliards de francs, a-t-il annoncé mercredi. Au total, toutes les mesures prises permettront d'accroître les fonds propres de 15,3 milliards de francs.

Pourquoi Credit Suisse décide-t-il maintenant de renforcer ses fonds propres?

Jean-Pierre Ghelfi: Dans son dernier rapport trimestriel de stabilité financière, la Banque nationale suisse (BNS) considérait que les fonds propres de Credit Suisse étaient insuffisants.

Rapidement, son conseil d’administration a clairement indiqué vouloir un renforcement rapide de ses fonds propres. D’où l’annonce de mercredi.

Les fonds propres ont un but bien précis. Dans toute activité commerciale, ils servent à couvrir les pertes. Il en faut donc en quantité suffisante, au cas où.

Dans le secteur bancaire, on sait depuis quatre ans que les instituts sont moins solides qu’on ne l’imaginait antérieurement. Des mesures importantes ont été prises, qu’on a appelé en Suisse le «Too big to fail» - trop grand pour pouvoir tomber.

C’est ce qui avait obligé le Conseil fédéral et la Banque nationale à intervenir à hauteur de 60 milliards de francs pour sauver UBS d’une quasi-faillite.

Credit Suisse n’en a pas eu besoin. Mais sa situation n’était pas non plus extraordinaire. Les Chambres fédérales ont donc approuvé en 2010 un renforcement substantiel des fonds propres pour les deux grandes banques.

Tout ceci a un but: ce n’est pas à l’Etat, donc au contribuable, d’intervenir pour sauver ces banques dites systémiques, si elles sont en difficulté. Elles doivent disposer elles-mêmes des fonds propres suffisants.

Comment Credit Suisse va-t-il renforcer ses fonds propres?

D’une manière devenue habituelle. La banque va réduire les dividendes versés à ses actionnaires. Voire les supprimer, ce n’est pas encore très clair. Et ce, jusqu’à ce que le niveau de fonds propres requis soit atteint. Credit Suisse va aussi réduire les bonus de ses employés.

Troisième mesure, déjà utilisée par cette banque: elle va émettre des obligations convertibles. Il s’agit d’emprunts convertibles en actions [en cas de nécessité]. Environ sept milliards de fonds propres seraient obtenus de cette manière.

Un tel développement correspond-il à ce que vous attendez des grandes banques suisses?

Oui. C’est le minimum. Il ne serait pas acceptable qu’elles en fassent moins.

Il y a quelques années, les grandes banques annonçaient des bénéfices en milliards. Aujourd’hui, ils se chiffrent en centaines de millions.

Partout dans le monde, on constate une dégradation spectaculaire de la rentabilité des grandes banques. Il est donc d’autant plus indispensable qu’elles obtiennent rapidement les fonds propres suffisants.

Car une rentabilité qui se dégrade signifie qu’elles ont moins de possibilités de faire face aux difficultés qui pourraient se présenter. (Newsnet)

Créé: 18.07.2012, 13h28

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