Samedi 27 août 2016 | Dernière mise à jour 11:57

France Jean-Marc Ayrault promet un redressement sans austérité

Le premier ministre français a présenté mardi la feuille de route de son action gouvernementale construite autour d'un «redressement dans la justice» promis sans austérité.

Jean-Marc Ayrault: «Une France endettée est une France dépendante, dépendante vis-à-vis des agences de notation, dépendante vis-à-vis des marchés financiers.»

Jean-Marc Ayrault: «Une France endettée est une France dépendante, dépendante vis-à-vis des agences de notation, dépendante vis-à-vis des marchés financiers.» Image: Reuters

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Jean-Marc Ayrault a invité les Français à «retrouver confiance en (leur) destin» malgré une «crise sans précédent».

«Je revendique le sérieux et la responsabilité budgétaires. Je veux la justice fiscale. J'appelle à l'effort national. Mais je refuse l'austérité», a souligné le chef du gouvernement dans un discours de politique générale d'une heure quarante au ton ferme et offensif mais sans surprise.

Jean-Marc Ayrault a présenté comme acquis un redressement significatif des finances publiques pour 2013 que d'aucuns jugent extrêmement difficile à mettre en oeuvre. Il a officiellement révisé à la baisse les prévisions de croissance du gouvernement, qui table désormais sur une croissance du PIB de 0,3% en 2012 et 1,2% en 2013 contre 0,5% et 1,7% prévu dans le programme de François Hollande.

L'exécutif socialiste veut revenir à l'équilibre fin 2017, ce qui serait une première pour un gouvernement français depuis 1974. Le déficit était de 5,2% l'an dernier. «Le redressement prendra du temps, ce sera difficile mais nous réussirons», a promis Jean-Marc Ayrault.

Vote des étrangers et mariage gay

De la séparation des activités d'investissements et spéculatives des banques aux 150'000 emplois d'avenir en passant par la baisse de la part du nucléaire dans la production d'électricité, il a confirmé les propositions électorales de François Hollande.

Au chapitre des réformes sociétales, Jean-Marc Ayrault a confirmé le projet de proposer le droit de vote aux élections locales aux étrangers résidant en situation régulière depuis au moins cinq ans. Le droit au mariage et à l'adoption pour les personnes de même sexe est quant à lui annoncé pour le premier semestre 2013.

Jean-Marc Ayrault a aussi annoncé qu'»une part de proportionnelle» serait introduite dans le mode de scrutin des prochaines élections législatives, «afin de conforter notre démocratie».

Rupture

Au-delà des mesures, Jean-Marc Ayrault s'est présenté en rupture, sur le fond comme sur la forme, avec le précédent exécutif. Il s'est livré à une critique en creux du gouvernement de François Fillon par des formules telles que «Fini le temps des sommets spectacles» ou «On ne combat pas l'inertie par l'agitation».

«La tentation de tout pouvoir est d'aller vite. D'imposer sa marque dès les premières heures. De tout réaliser en 100 jours comme si plus rien ne devait être possible ensuite», a-t-il fait valoir.

«Aucune agence ne notera notre rêve»

Alors que François Hollande s'était présenté pendant sa campagne en «adversaire» de la finance, Jean-Marc Ayrault a affirmé qu'il n'était «pas l'ennemi de l'argent». Mais il s'est adressé aux marchés en affirmant que les valeurs de la France n'avaient «pas de prix».

«Aucune agence (de notation) ne notera jamais notre rêve, parce qu'il ne relève que de votre confiance et de celle des Français», a- t-il dit avant de solliciter la confiance des députés.

Une confiance qu'il a obtenue par 302 voix contre 225. Les dix élus du Front de gauche se sont abstenus alors que l'UMP et le groupe de l'Union des démocrates et indépendants (UDI, centriste) que préside Jean-Louis Borloo, ont voté contre.

Manque de «courage politique»

Ce discours a été vivement critiqué par le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé, qui a dénoncé un manque de «courage politique». «J'ai entendu un discours très long, truffé d'incantations, de formules finalement extrêmement générales alors que nous attendions des mesures concrètes», a-t-il dit.

«Je n'ai pas entendu un mot sur la manière de diminuer le déficit public par des baisses de dépenses publiques, je n'ai entendu parler que de hausses d'impôt, et encore contre les plus grandes fortunes (...), pas un mot sur la compétitivité de la France et l'impératif de baisser les charges des entreprises», a-t-il ajouté.

Le patronat français a pour sa part réagi de manière mitigée au discours de Jean-Marc Ayrault. Le Medef a exprimé son inquiétude pour la compétitivité des entreprises hexagonales mais a salué l'état d'esprit du gouvernement en matière de dialogue social. (ats/nxp)

(Créé: 03.07.2012, 18h04)

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