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Les dénonciations de blanchiment d'argent ont crû de 40%

Révoltes arabes

Les autorités suisses de lutte contre l'argent sale ont fortement ressenti les effets du printemps arabe. Un nombre de cas record a été enregistré pour 3,3 milliards de francs.

Mis à jour le 14.05.2012 4 Commentaires
Le printemps arabe a participé à la recrudescence de dénonciations de blanchiment d'argent.

Le printemps arabe a participé à la recrudescence de dénonciations de blanchiment d'argent.
Image: Keystone

Les cas aboutissant à des condamnations sont très rares

Sur les 4536 cas ayant fait l'objet d'une décision de justice, seuls 5,8% ont débouché sur une condamnation.

De 2002 à fin 2011, 7417 communications de soupçons ont été retransmises aux autorités de poursuites pénales, dont 61% ont fait l'objet d'une décision pour l'instant.

Selon le rapport, dans 42,6% des cas, une procédure pénale a été ouverte.

Pour l'heure, près de 39% des communications de soupçons retransmises, soit 2281, sont encore en suspens.

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Pour la cinquième année consécutive, les communications de soupçons ont augmenté de manière très claire, passant de 1159 en 2010 à 1625 en 2011 ( 40%). Les plus de 3 milliards de francs qu'elles représentent au total correspondent aux montants des années 2009 et 2010 réunies, indique le Bureau de communication en matière en blanchiment d'argent dans son rapport publié lundi.

Printemps arabe

Le Bureau a enregistré 135 cas provenant d’Égypte, de Tunisie, de Libye ou de Syrie. Ils représentent un montant de près de 600 millions de francs, alors qu'aucune communication ne provenait de ces pays encore l'année précédente.

Des ordonnances d'urgence du Conseil fédéral prononcées au début 2011 et instituant des mesures à l'encontre de certaines personnes originaires d’Égypte ou de Tunisie ont donné les bases aux dénonciations de soupçons de blanchiment. Les bénéficiaires potentiels de ces actes provenant du Moyen-Orient ont ainsi triplé par rapport à l'année précédente.

Corruption

Si l'escroquerie demeure l'infraction préalable présumée qui est à l'origine du plus grand nombre de communications, la corruption est en forte hausse s'agissant des montants en jeu (7 communications pour 791 millions de francs au total), notamment en lien avec l’Égypte. Le trafic de stupéfiants demeure une des infractions préliminaires au blanchiment la plus souvent soupçonnée.

En revanche, le nombre et surtout le montant des communications liées au financement du terrorisme a rarement été aussi bas. Le Bureau en a reçu 13 en 2011 (10 en 2010), pour un montant total de 152'000 francs (23 millions en 2010), le plus faible depuis 10 ans.

Trafic de paiements

Le Bureau reçoit les communications avant tout des banques sises en Suisse (1080 communications, soit 67% contre 71% en 2010). Parmi celles-ci, 36% sont en mains étrangères (32% en 2010), 29% sont des grandes banques suisses (26%). Avec 7%, les banques cantonales passent à nouveau devant les Raiffeisen (6%) dont les annonces avaient été particulièrement nombreuses en 2010.

Le secteur du trafic des paiements et la deuxième source d'information du Bureau, avec 23% (16% en 2010). Dans cette catégorie, ce sont surtout les sociétés de transfert de fonds qui ont nettement augmenté leurs annonces, presque en les quadruplant, à 238 en 2011.

Intermédiaire financier

Cette hausse est à mettre en particulier sur le compte d'un intermédiaire financier. Après avoir procédé à des opérations de clarification, celui-ci a communiqué a posteriori un grand nombre de transactions suspectes réalisées dans le passé et apparemment liées à un trafic de stupéfiants, explique le Bureau.

Pour les intermédiaires financiers, les médias restent la principale source leur permettant de fonder leurs soupçons (30%), devant les informations de tiers (24%) ou celles des autorités de poursuites pénales (13%). L'élément «pays sensible» a connu une «très forte hausse» dans les critères déterminants, note le Bureau.

Système efficace

Ce dernier précise qu'il ne faut pas déduire l'efficacité d'un dispositif de lutte contre le blanchiment du seul volume des communications, mais bien du taux de retransmission aux autorités de poursuite pénale. En Suisse, ce taux s'est établi en 2011 à 91% (87% en 2010), qui marque la «grande qualité des communications de soupçons transmises par la place financière suisse», selon le Bureau.

Si le système suisse est efficace dans ce sens, il souffre en revanche d'une lacune à laquelle le groupe Egmont - qui réunit les bureaux de communications de quelque 127 pays - a demandé à la Suisse de remédier d'ici la fin de l'année.

Lors de la procédure de consultation qui s'est terminée fin avril, l'UDC et le PLR se sont opposés à la révision législative proposée visant à permettre au Bureau de communiquer des informations concrètes à ses homologues étrangers. La droite a invoqué le secret bancaire.

Créé: 14.05.2012, 14h11

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4 Commentaires

porutgech manuel

14.05.2012, 14:49 Heures
Signaler un abus 4 Recommandation 0

toujours les mêmes.....,..:) Répondre


Rayan Alan

14.05.2012, 16:38 Heures
Signaler un abus 1 Recommandation 0

"Les autorités suisses de lutte contre l'argent sale" HAhahahahahahahahahhaha hahahahahahahhhahahahahah hahahahahahhahhaTrop fort......il en faudrait plus de bonnes blagues comme celle-ci au matin, c'est mieux que toutes ces histoires macabres. Répondre



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