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8000 emplois à la trappe chez PSA Peugeot Citröen

Industrie automobile

Le groupe automobile français va supprimer 8000 emplois et fermer son usine d’Aulnay, près de Paris. Cette annonce a provoqué un séisme en France. Le gouvernement entend limiter la casse.

Mis à jour le 12.07.2012 4 Commentaires
L'usine PSA d'Aulnay (Seine-Saint-Denis), où travaillent plus de 3000 salariés.

L'usine PSA d'Aulnay (Seine-Saint-Denis), où travaillent plus de 3000 salariés.
Image: AFP

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Le constructeur automobile français PSA Peugeot Citroën va supprimer 8000 emplois et fermer son usine d’Aulnay, près de Paris. Cette annonce a provoqué jeudi un séisme en France, qui a pris de plein fouet ce signal de la perte de compétitivité de son industrie.

Ces suppressions massives d’emplois sont le premier grand test social pour le nouvel exécutif socialiste, qui a fait du redressement productif une priorité. Le gouvernement s’attendait à cette annonce mais elle n’en a pas moins constitué «un «véritable choc» pour le pays, a déclaré le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, alors qu’une série d’autres plans sociaux se profilent.

Le président François Hollande a fait part de sa «vive préoccupation» et demandé à son gouvernement de «tout mettre en oeuvre afin de limiter les conséquences sociales de ce plan».

Le premier groupe automobile français (100’000 salariés en France) a mis en avant des pertes au premier semestre et une réduction durable des marchés en Europe pour justifier ces décisions qui viennent s’ajouter à des mesures annoncées fin 2011.

Ce nouveau plan prévoit la fin en 2014 de l’assemblage dans son usine d’Aulnay, aux portes de Paris (3000 postes), la suppression de 1400 postes à l’usine de Rennes et de 3600 autres emplois dans ses autres sites.

Pas en arrière exigé

Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a affirmé que le gouvernement français «n’accepte pas en l’état» le plan de restructuration, sans préciser les moyens de pression qu’il pourrait faire jouer sur le groupe privé. «Nous demandons à PSA d’examiner loyalement toutes les autres solutions», a insisté M. Montebourg.

A Bruxelles, la Commission européenne s’est dit prête à examiner avec les autorités françaises la mobilisation de fonds pour des aides à l’emploi.

L’arrêt de la production à Aulnay est la première fermeture d’une usine automobile en France depuis celle de Renault à Boulogne- Billancourt près de Paris en 1992. En 1997, Renault avait aussi marqué les esprits en annonçant la fermeture de son usine de Vilvorde, en Belgique (3100 salariés), entraînant un des conflits sociaux les plus médiatisés.

Ampleur de la crise Philippe Varin, le patron de PSA, a dit «mesurer pleinement la gravité des annonces» ainsi que le choc et l’émotion qu’elles provoquent. Mais selon lui, ces mesures se justifient par «l’ampleur et le caractère durable de la crise qui affecte notre activité en Europe».

Le constructeur, pâtit de sa forte présence sur le créneau des petits modèles, comme la Citroën C3 assemblée à Aulnay, pas assez compétitifs sur le marché mondial.

«Personne ne sera laissé au bord du chemin», a-t-il promis aux salariés, tout en rejetant l’idée d’un prêt ou d’une entrée de l’Etat au capital de l’entreprise.

M. Ayrault a demandé à la direction du groupe de mener «sans délai» une «concertation». Il a chargé Arnaud Montebourg de présenter le 25 juillet un plan de soutien à la filière automobile qui, selon certaines estimations, représente 10% de l’emploi dans le pays.

Colère

Des réactions de colère ont accueilli la restructuration. Le syndicat CGT dénonce une «injustice», l’UMP réclame des mesures pour la compétitivité des entreprises, le Parti communiste une loi contre les licenciements abusifs, et les Verts déplorent l’inertie de l’Etat depuis des années.

«PSA, patron voyou», «On déclare la guerre à PSA»: en tenue de travail, des ouvriers sont sortis de l’usine d’Aulnay jeudi matin pour clamer leur «rage» contre les patrons «menteurs». «Je ne sais pas jusqu’où on va pouvoir les faire reculer, mais on va vendre extrêmement cher notre peau», a prévenu Jean-Pierre Mercier, délégué CGT.

L’interview du 14-Juillet devrait être l’occasion pour le président François Hollande de s’exprimer sur le dossier des plans sociaux qui se multiplient depuis son élection il y a deux mois - chez Doux, Air France ou encore Castorama. Le gouvernement socialiste accuse l’ancien président Nicolas Sarkozy d’avoir demandé aux entreprises de retarder leurs plans sociaux le temps de la campagne électorale.

Annoncé à l’orée des vacances d’été, le plan de restructuration de PSA n’est pas une surprise, les syndicats ayant tiré la sonnette d’alarme il y a déjà un an. «C’est une confirmation, malheureusement», a reconnu sur France Inter le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, qui a réclamé «des dispositions d’urgence» pour «empêcher d’être uniquement spectateur». (afp - ats/Newsnet)

Créé: 12.07.2012, 08h27

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4 Commentaires

Didier Ruffy

12.07.2012, 20:07 Heures
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comme ça a été promis, le changement, c'est maintenant... :( Répondre


Denis Knapen

13.07.2012, 09:03 Heures
Signaler un abus 1 Recommandation 0

La France est dans la penasse depuis 30 ans.Les gouvernements ont menti sur la réalité des chiffres de l`état financier et économique.Avec un chômage de prés de 10%,une dette de 2000 Milliards,je comprend que les industries ferment tour a tour,cela est une logique.Gauche-Droite peuvent se donner la main au lieu de donner des leçons aux Autres,mais la CH va pouvoir recruter des frontaliers ?????? Répondre



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