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UBS raconte son passé, un historien dénonce des lacunes

150e anniversaire

La grande banque est en train de célébrer ses 150 ans. Pour l’occasion, elle a publié une brochure retraçant son histoire. Mais cette version est trop lacunaire, selon Robert U. Vogler, ex-historien-maison.

Par Pierre-François Besson. Mis à jour le 02.07.2012 8 Commentaires
La grande banque célébrait ses 150 ans le 20 juin dernier.

La grande banque célébrait ses 150 ans le 20 juin dernier.

UBS réagit

«La brochure évoquée, il faut le souligner, n'est pas une étude historique au sens académique, mais simplement une chronique abordant les 150 ans d'UBS sous forme de cinq séquences temporelles, sans prétention d'exhaustivité», réagit Jean-Raphaël Fontannaz, porte-parole de la banque pour la Suisse romande.

Qui renvoie aussi à ce que l'on peut lire en introduction de ladite publication: «Au fil des pages, cette brochure vous présente un aperçu des 150 premières années d’existence d’UBS, en s’attachant plus particulièrement à montrer que notre parcours est indissociable de l’histoire politique et économique de notre marché national qu’est la Suisse. Nous évoquons les processus qui ont été à la base de l’évolution historique d’UBS tout en mettant en lumière le profond enracinement international dans lequel puise l’actuelle UBS. Toutefois, étant donné sa portée limitée, cette publication n’a pas pour ambition d’être un compte rendu exhaustif de l’histoire d’UBS ou de la Suisse.» (gna)

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Pas tendre, cet ex-porte-parole, historien puis analyste politique senior de la grande banque. Robert U. Vogler dénonce dans le Tages Anzeiger des failles dans la brochure historique sortie par UBS pour ses 150 ans. Certains détails secondaires ont droit à une description fouillée alors que d'autres, importants, manquent, selon lui. Voici quelques-uns des sujets qu'il pointe du doigt.

- La brochure ne fait qu’effleurer par exemple l’affaire des fonds en déshérence.

- Aucun mot non plus sur ce qui a poussé SBS et UBS à la fusion en 1998. UBS était clouée au pilori pour sa gestion des fonds en déshérence. Elle s’était trompée dans sa réaction face à Christoph Meili. Ce veilleur de nuit qui avait lancé l’alerte contre la destruction d'anciens documents de la banque. UBS sortait aussi d’un long combat défensif contre le financier Martin Ebner.

En face, SBS était sous-capitalisée. Contrôlée par la banque d’investissement, elle avait trop dépensé. SBS présentait un besoin urgent de capitaux propres. Si bien que la fusion était toute indiquée.

Lors de cette fusion, le management de SBS a pourtant obtenu les clés du pouvoir. La débâcle du fonds LTCM, causée par UBS, a renforcé cette tendance. Jusqu’à Marcel Ospel et sa stratégie américaine...

- Cas problématique des agissements de la Suisse pendant la Deuxième guerre mondiale, l’affaire Interhandel est, elle, passée sous silence dans la brochure. Cette société suisse d’obédience allemande a suscité un conflit juridico-politique entre Berne et Washington au sortir de la guerre. UBS l’a rachetée en 1957, et profité d’un accord extrajudiciaire avec les USA.

- Autres laissés-pour-compte: l’Afrique du Sud sous l’apartheid et le commerce de l’or passé par la Suisse.

- De la fusion au quasi-écroulement d’UBS et son sauvetage: la stratégie américaine à haut risque de la banque n’est que brièvement mentionnée.

- De plus, la brochure évoque à peine certaines grandes figures d’UBS et SBS comme Alfred Schäfer et Samuel Schweizer.

Plutôt que son historien en chef, un Allemand depuis peu en Suisse, Robert U. Vogler regrette au final que la banque n’ait pas fait appel à un historien extérieur, totalement indépendant.

A l'égard de la brochure, il réfute toutefois le qualificatif de propagande. Mais parle de «graves lacunes. (…) Je m’interroge. La banque en a-t-elle besoin?» (Newsnet)

Créé: 02.07.2012, 13h13

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8 Commentaires

Patrick Luder

02.07.2012, 13:36 Heures
Signaler un abus 13 Recommandation 0

Ces banques sont devenues l’image sale de la Suisse par leur abus de finance Internationale et leur recherche d’affaires sans aucune éthique. Les banques Suisses auraient avantage à s'orienter vers l'avenir, soit recherche d'une finance plus saine, au service de l’humanité, quitte à faire moins de bénéfices ... Répondre


John Mac John

02.07.2012, 15:05 Heures
Signaler un abus 7 Recommandation 0

Il faut dire aussi que la Banque ne parle pas non plus d'Ed Fagan, l'avocat qui avait déposé plainte collective contre UBS. Avocat qui a 1. perdu sa license d'avocat pour détournement d'argent et 2 avait fait faillite à cause d'avoir dépensé plus qu'il n'avait. Ce qui démontre bien que ceux qui se sont fait rouler, ne sont pas là où l'on pense. Même si ca perturbe les bien-pensants à gauche... Répondre