Jeudi 29 septembre 2016 | Dernière mise à jour 17:05

Baselworld Une entreprise horlogère russe croit en sa bonne étoile

Raketa fait partie des rares marques à produire entièrement leurs mouvements. Une aventure qui vient de reprendre mais repose sur une longue histoire au parfum de Russie.

Le modèle Yalta de la maison russe Raketa en plein redéploiement.

Le modèle Yalta de la maison russe Raketa en plein redéploiement.

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«La Suisse pense qu’il n’est pas possible de faire des montres hors de Suisse. On me dit souvent que sans Swiss made, on n’y arrivera pas. Je suis convaincu du contraire!»

Avec son collègue russo-britannique David Henderson-Stewart, en charge de l’aspect technique, le Parisien Jacques von Polier s’est immergé dans une aventure peu commune il y a trois ans. Relancer la plus ancienne usine du Russie. 300 ans.

Et prouver qu’on peut produire russe, certes plus cher que les Chinois (entre 350 et 660 euros pour une montre mécanique), mais en tablant sur la culture, le patriotisme russe et l’intérêt des touristes.

Passée à la moulinette des guerres napoléoniennes, mondiales et, pour terminer, de la Perestroïka, Raketa remonte à Pierre Le Grand et la fondation de Saint-Pétersbourg.

Cinq millions de pièces

D’abord fabrique d’objets puis d’éléments mécaniques et techniques, celle qui ne s’appellera Raketa qu’à partir de 1961 avec Gagarine, a été baptisée Pobeda, pour «victoire», en 1944. Le début de son aventure horlogère.

Une aventure qui ira si loin que Raketa est connue de tous les Russes, selon Jacques von Polier. «Beaucoup en ont des exemplaires à la maison. Dans les années 70-80, elle produisait 5 millions de montres mécaniques par an.»

Avec la Perestroïka, la Russie s’est noyée dans les faillites. Fabricants de tracteurs, de textiles, horlogers, beaucoup ont disparu. Raketa a continué à vivoter.

De grand-mère russe, Jacques von Polier relève la culture aussi profonde qu’internationale de la Russie. «Les Russes consomment pour des milliards d’euros de produits de mode. Pourtant, plus rien n’y est produit. Sauf le gaz et le pétrole!»

Des Suisses dans le bateau

Les deux compères, épaulés par trois ingénieurs suisses, ont relevé le gant. «L’usine n’avait pas évolué depuis les années 80. Nous avons du retard sur les horlogers suisses, sur le plan des matières, par exemple. Mais nous avançons.»

Avec les 80 employés de l’usine sise à un jet de pierre du château Peterhof et ses millions de touristes, Raketa produit des montres mécaniques manuelles 100% russes. Y compris l’échappement. Objectif: une capacité de production de 3000 montres mécaniques par mois d’ici la fin de l’année.

A Baselworld 2012, sur son stand bariolé imprégné de la saga russe, Raketa présente son premier prototype de mouvement mécanique automatique consécutif à sa relance. Un mouvement qui est une évolution en réduction d’un calibre produit entre 1975 et 87.

Sous l’angle du design, les montres Raketa revisitent l’histoire de la marque sur la base de vastes archives. Mais sous une forme modernisée, puisque Jacques von Polier se refuse à «faire du rétro».

Vers une levée de fonds

Au départ de leur aventure, Henderson-Stewart et von Polier y sont allés de leur argent personnel, renforcé par quelques fonds russes. Ils prévoient cette année une augmentation de capital de 5 millions de dollars.

Plusieurs possibilités sont envisagées. Mais Jacques von Polier verrait d’un bon œil l’arrivée d’un groupe horloger suisse.

«On peut imaginer une combinaison d’argent russe, facile, pas capricieux, et de moyens suisses, qui seraient avantageux aussi sur le plan technologique et de la distribution.» (nxp)

(Créé: 09.03.2012, 12h23)

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