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Glencore au centre de violentes critiques

Matières premières

Le groupe zougois, no1 mondial des matières premières, est accusé par des ONG de générer des profits au détriment des droits de l’homme. Il offrirait de mauvaises conditions de travail et emploierait des enfants.

Mis à jour le 16.04.2012 7 Commentaires
Pour les ONG, Glencore commercialise des minerais issus d’une carrière artisanale où travaillent des ouvriers et des enfants dans des «conditions préoccupantes».

Pour les ONG, Glencore commercialise des minerais issus d’une carrière artisanale où travaillent des ouvriers et des enfants dans des «conditions préoccupantes».
Image: Reuters

Un poids lourd mondial

Glencore est l’entreprise suisse qui a réalisé le plus gros chiffre d’affaires l’an dernier, assez loin devant le groupe alimentaire vaudois Nestlé.

Avec des ventes de 186,2 milliards de dollars, en hausse de 28% sur 2010, Glencore pèse 28 fois le budget national annuel de la République démocratique du Congo (RDC).

Dans ses exploitations industrielles, Glencore emploie environ 55’000 personnes, dans treize pays. Au niveau administratif, le géant dispose de quelque 50 filiales, réparties dans plus de 40 pays et qui occupent 2800 personnes.

Spécialisé dans les matières premières, Glencore traite aussi bien des métaux et des minéraux que des matières premières énergétiques et des produits agricoles. Il entretient par ailleurs une flotte de transport maritime conséquente, avec par exemple une flotte de 100 porte-containers.

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Les accusations, dans le sillage de précédentes formulées par d’autres, se basent sur des recherches effectuées en République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre). Elles sont le fruit d’une évaluation de plus six mois établie par Pain pour le prochain et Action de Carême, en collaboration avec des organisations non gouvernementales (ONG) congolaises.

Bilan «inquiétant»

Le bilan est qualifié d’inquiétant: «rachat de minerais extraits par des enfants de moins de 17 ans dans des conditions déplorables, pollution massive de cours d’eau, dialogue lacunaire, voire inexistant, avec les communautés affectées ou encore des stratégies d’optimisation fiscale qui font perdre des millions de dollars au fisc congolais.» Site pas si dormant

L’étude publiée dimanche par les deux ONG suisses s’intéresse en particulier aux activités au Katanga de la société Kamoto Copper Company (KCC), une entité de Katanga Mining Limited détenue à 74,4% par Glencore. A Tilwezembe par exemple, non loin de Kolwezi, celle- ci possède la concession d’une mine à ciel ouvert.

Mensonges

Le site est réputé «dormant» depuis novembre 2008 et l’éclatement de la crise financière mondiale, selon un rapport publié l’an dernier à l’occasion de l’entrée en bourse du groupe zougois. Mais à en croire Pain pour le prochain et Action de Carême, la réalité est tout autre: «Tilwezembe grouille d’activité».

Plus de 1600 «creuseurs artisanaux» extraient en effet le cuivre et le cobalt des sous-sols, sous le contrôle d’un négociant tiers. Celui-ci fournit les minerais à un groupe qui les revend ensuite à différentes entreprises, dont Glencore Mopani, que Glencore contrôle 73%, en Zambie.

Pour les deux ONG, Glencore rachète les minerais de Tilwezembe et commercialise dans le monde des minerais issus d’une carrière artisanale où travaillent dans des «conditions préoccupantes», à hauteur de plus d’un tiers des effectifs, des enfants de moins de 17 ans.

Glencore se défend

Le groupe zougois conteste ces affirmations. L’exploitation a été occupée par des chercheurs individuels et «Glencore n’en profite en aucune manière et ne leur achète aucun produit», a dit Simon Buerk, porte-parole de l’entreprise. Pas une sinécure

Travailler sur le site n’est pas une sinécure. Il s’agit de creuser à des profondeurs variant entre 20 et 80 mètres, dans des conditions de sécurité quasi inexistantes. En cas d’accident, les creuseurs ne reçoivent aucune indemnité et, avec leur salaire, ils peinent à payer l’hôpital et les frais inhérents.

«Il n’y aucune mesure d’hygiène et de santé, pas d’eau potable, ni de toilette», relève un témoin cité dans l’étude. Le salaire des travailleurs est maigre, avec en moyenne 200 dollars par mois. De plus, le négociant sur place sous-estime aussi bien les quantités (en comptant 73 kilos pour 100 kilos apportés) que le taux de change appliqué.

Travailleurs conscients

Les travailleurs ne sont pas dupes, constate l’enquête, mais se trouvent dans l’incapacité d’aller vendre leurs minerais ailleurs. Le négociant fait également arrêter toute personne soupçonnée de quitter la carrière avec du cuivre et du cobalt.

Au-delà des conditions de travail, Pain pour le prochain et Action de Carême mettent en lumière le bilan environnemental. Selon l’étude, l’usine hydro-métallurgique de KCC de Luilu, qui appartient Glencore, cause une «pollution massive» de la rivière, avec une acidité «extrêment élevée» des effluents.

Une analyse de laboratoire a noté un pH de 1,9, alors que la Suisse tolère une concentration comprise entre 6,5 et 9 pour les rejets industriels. Pour les ONG, cela signifie que l’usine rejette de l’acide pratiquement pur dans une rivière où les poissons ont disparu. Et les taux de plomb, de cobalt, de cuivre, de nickel et de zinc apparaissent bien supérieurs aux seuils permis en RDC.

De son côté, Glencore tient à souligner ses contributions envers le pays. D’ici à fin 2012, le groupe y aura investi 3,3 milliards de dollars et créé 10’000 emplois dans le secteur minier, a souligné son porte-parole. S’y sont ajoutées de multiples donations à la population locale, dit-il. (ats/nxp)

Créé: 16.04.2012, 06h38

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7 Commentaires

jean vomi

16.04.2012, 08:52 Heures

Cette entreprise (parmis d'autres, et pas la pire) est une honte nationale, à quand une justice équitable? Qui sont les vrais criminels? Profiter de la situation désastreuse des pays émérgents de la façon dont le fait cette corporation est tout simplement inhumain et mérite des sentences exemplaires pour leurs dirigents et les conseils d'admsnistration. Honte à eux et leur argent sale! Répondre


Lupo MêmeMonde

16.04.2012, 14:47 Heures

Lorsque nos importons des produits étrangers, nous devrions toujours exigé que les conditions sociales-économiques-environnementales soit les mêmes dans les pays producteurs que chez nous (si si, même salaire ...) Répondre



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