ACCUEIL 30.10.2014 Mis à jour à 19h48

Les Espagnols dans la rue contre l'austérité

Crise de l'euro

Sous une multitude de banderoles hétéroclites, des dizaines de milliers de personnes ont défilé mercredi en Espagne contre la politique d'austérité menée par le gouvernement et contre le coûteux sauvetage des banques.

Mis à jour le 20.06.2012 2 Commentaires

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Image: AFP

   

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«La violence, c'est voler le logement et le pain», lançait une petite pancarte, discrète, au coeur du défilé bariolé qui a envahi les avenues du centre de Madrid, au rythme des percussions.Tout autour, une nuée de drapeaux rouges portant le sigle de l'UGT et de la CCOO, les deux grands syndicats espagnols qui appelaient à manifester dans 60 villes, dont Madrid et Barcelone, sous le mot d'ordre «Ne te tais pas, défends tes droits».

«Ils veulent en finir avec tout, et ils ne veulent pas que nous le disions», affirmait une grande banderole.

Les revendications étaient multiples, au moment où l'Espagne, soumise à une cure de rigueur sans précédent menée par le gouvernement de droite de Mariano Rajoy, semble loin de voir le bout du tunnel.

Car après quatre ans de crise, un quart des actifs est au chômage, le pays vient de retomber en récession, attend que l'Europe vole au secours de ses banques pour un maximum de 100 milliards d'euros et, pire, voit se profiler avec angoisse un possible sauvetage global de son économie.

Plus de pauvreté

Le «Non au sauvetage» s'affichait dans le défilé qui parcourait les rues de Madrid. «Sauvetage des banques = vol des citoyens», affirmait une pancarte. «Je ne crois pas ce que le sauvetage apportera des bénéfices aux citoyens. Il y aura plus de chômage, plus de précarité, plus de pauvreté», lançait une manifestante prénommée Maria, enseignante de 37 ans, qui dénonçait aussi les économies visant l'éducation et la hausse des frais universitaires.

Rajoy «ne dit pas ouvertement ce qui va se passer avec ce sauvetage des banques, qui va sûrement être plus important qu'on ne le dit», ajoutait-elle.

Un sauvetage global, «ce serait une plongée dans le vide», ajoutait-elle.

Dans la foule, les uns portaient le tee-shirt vert devenu l'uniforme des enseignants mobilisés pour l'école publique, d'autres le tee-shirt jaune des personnels de la justice, avec leurs pancartes «Non aux coupes dans la justice».

Hausse brutale des tarifs

D'autres encore le tee-shirt blanc de la «Santé publique pour tous», des pancartes contre la privatisation de la distribution de l'eau ou pour la défense de l'audiovisuel public.

Un plan géant du métro, avec le slogan «Le métro augmente les prix et diminue les salaires», rappelait la hausse brutale des tarifs décidée l'an dernier par la région de Madrid, assortie maintenant d'un projet de resserrer les horaires du métro.

Pour réduire le déficit public, le gouvernement a mis en place une sévère politique de rigueur et prévoit cette année des économies à hauteur de 27,3 milliards d'euros pour l'Etat central.

Les secteurs de l'éducation et de la santé, gérés en Espagne par les régions autonomes, sont eux aussi visés, le gouvernement prévoyant d'économiser dix milliards d'euros par an dans ces domaines.

Vérité cachée

«Le sauvetage ne change rien pour nous, les fonctionnaires, ni pour les Espagnols en général», assurait Miguel-Angel Rodriguez, 45 ans, fonctionnaire dans la justice, dans un groupe portant le maillot jaune.

Lui aussi craignait que l'Espagne ne suive l'exemple de la Grèce, qui a fait l'objet d'un plan de sauvetage européen de 292 milliards d'euros. Et lui aussi accusait le gouvernement «de cacher la vérité».

«Pourquoi y a-t-il cent milliards d'euros pour sauver les banques, et pas d'argent pour la santé, l'éducation, les mineurs (en grève depuis plus d'un mois), pour la dépendance, pour la protection contre le chômage», résumait en fin de manifestation le leader de l'UGT, Candido Mendez.

«Pourquoi y a-t-il de l'argent pour d'autres choses, et pas pour ce qui est fondamental?» (afp/Newsnet)

Créé: 20.06.2012, 22h53

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2 Commentaires

Nain Portequoi

21.06.2012, 08:41 Heures
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Hey ben qu'ils travaillent! Ils veulent tout, comme les français... tssss. Répondre