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Le FMI abaisse ses prévisions de croissance mondiale

Conjoncture

Le Fonds monétaire international a estimé que la reprise économique montrait de «nouveaux signes de faiblesse» notamment en zone euro et aux Etats- Unis.

Mis à jour le 16.07.2012
Christine Lagarde, directrice générale du FMI.

Christine Lagarde, directrice générale du FMI.

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Le Fonds monétaire international (FMI) révise légèrement à la baisse ses prévisions de croissance mondiale pour 2012 et l'an prochain. Il estime que la reprise économique montre de «nouveaux signes de faiblesse», notamment en zone euro et aux Etats-Unis.

Le FMI prévoit désormais que le produit intérieur brut (PIB) mondial progressera de 3,5% en 2012, soit 0,1 point de moins qu'en avril, et de 3,9% (-0,2 point) en 2013. Il évoque, dans son commentaire publié lundi, un «léger recul» par rapport à ses projections antérieures.

Annoncée début juillet par la directrice générale du FMI, la Française Christine Lagarde, cette révision ne constitue pas une surprise aux yeux des observateurs.

«Dans les trois derniers mois, la reprise mondiale, qui n'était déjà pas très forte, a montré de nouveaux signes d'affaiblissement», estime le FMI. Il concentre sans surprise ses inquiétudes sur ce qu'il nomme «la périphérie de la zone euro».

Espagne et Grèce

Le Fonds relève principalement «l'incertitude politique et économique croissante» en Grèce et les «problèmes» du secteur bancaire en Espagne, tout en se demandant «jusqu'à quand» leurs partenaires européens seront prêts à leur venir en aide.

Dans le même temps, l'institution de Washington met en garde contre une «lassitude de l'ajustemement» budgétaire, qui pourrait gagner les populations des pays soumis à la rigueur. Pour l'ensemble de la zone euro, la prévision reste inchangée cette année (-0,3%), mais se dégrade pour 2013 ( 0,7% contre 0,9% attendu il y a trois mois).

Pour renverser la situation, le Fonds exhorte les dirigeants à agir sans «retard» et assure, à l'intention la Banque centrale européenne (BCE), que «la politique monétaire peut encore être assouplie» dans la zone euro, notamment par des actions non conventionnelles de rachats de titres.

Etats-Unis

Braquant son regard outre-Atlantique, le Fonds fait également part de sa préoccupation sur ce qu'il est convenu d'appeler le «mur budgétaire» aux Etats-Unis: fin 2012, des réductions d'impôts doivent expirer en même temps qu'entreront en vigueur des baisses de dépenses publiques.

En l'absence d'accord politique sur ce «fiscal cliff», «la croissance américaine pourrait caler l'année prochaine, avec des retombées significatives pour le reste du monde», s'inquiète le Fonds, qui revoit légèrement à la baisse ses prévisions pour les Etats-Unis (2% en 2012; 2,3% en 2013).

Chine et Inde

Pour compléter le tableau, le FMI estime que le «potentiel de croissance» pourrait être moins fort que prévu dans les pays émergents, et abaisse en conséquence ses prévisions pour la Chine et surtout l'Inde en 2012 et en 2013.

«La croissance dans ces économies (...) a été soutenue en partie par un développement du secteur financier et une rapide progression du crédit qui pourraient avoir fait naître des attentes démesurément optimistes», note le Fonds. Deuxième économie du globe, la Chine a enregistré au 2e trimestre son plus faible taux de croissance depuis plus de trois ans, à 7,6% sur un an.

Au rayon peu garni des bonnes nouvelles, le FMI se réjouit que les prix du pétrole aient chuté «ces derniers mois» et que les risques géopolitiques qui pesaient sur la production de brut semblent avoir «décliné».

Aspect suisse

La Suisse n'apparaît pas spécifiquement dans les tableaux révisés du FMI, si ce n'est dans la catégorie «autres pays avancés hors G7 et zone euro», pour qui l'organisme anticipe une croissance de 2,4% en 2012 et de 3,4% en 2013, en recul de respectivement 0,2 et 0,1 point au regard d'avril.

Il y a deux mois cependant, le FMI, en publiant son rapport annuel sur l'économie helvétique, prévoyait une avancée du PIB de 0,8% cette année et de 1,7% en 2013. A titre de comparaison, la Banque nationale suisse (BNS) et le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) se montrent plus optimistes pour 2012, avec des taux de 1,5% et 1,4%.

Pour 2013, le SECO estime la croissance à 1,5%. Quant à la BNS, elle ne formule pas de prévision jusque-là. (ats/Newsnet)

Créé: 16.07.2012, 16h02

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