Vendredi 9 décembre 2016 | Dernière mise à jour 18:04

Aviation Payer l'avion selon son arrière-train?

Airbus a déposé un brevet pour remplacer les sièges par des banquettes pour deux, trois ou quatre personnes. A partager – et à payer – suivant sa corpulence.

Moyennant un supplément, les personnes de forte corpulence pourront peut-être un jour occuper un siège à leur taille.

Moyennant un supplément, les personnes de forte corpulence pourront peut-être un jour occuper un siège à leur taille. Image: Stewart Cohen/GETTY IMAGES

Etes-vous prêt à payer un billet d’avion en fonction de votre corpulence?

Du Tetris au voyage debout

En 2009 Ryanair, toujours elle, annonçait réfléchir à la possibilité de faire voyager ses passagers debout sur des vols courts, contre un rabais conséquent. Une possibilité à laquelle Airbus avait déjà pensé il y a une quinzaine d’années avant d’y renoncer pour des questions de sécurité. Les normes actuelles exigent que chaque passager soit installé à sa place et attaché, notamment au moment du décollage et de l’atterrissage. Une exigence que pourrait remplir Sky­Rider, un siège entre la position assise et la position debout, qui permettrait aux voyageurs de s’appuyer contre un dossier tout en étant attachés. L’invention d’une entreprise italienne. Mais les constructeurs n’ont pas renoncé à l’idée d’optimiser l’espace des cabines. Avant les banquettes modulables, Airbus a déposé des brevets pour des sièges superposés, pour permettre d’«empiler» les voyageurs sur deux étages. L’entreprise française est aussi propriétaire d’une version où les sièges sont remplacés par des… selles de moto. Enfin, la société Zodiac Seat France a présenté l’an dernier un projet où un siège sur deux est tourné à 180 degrés pour l’encastrer dans les autres. Chaque voyageur en position couchée se retrouve donc la tête entre deux paires de pieds. Une perspective tout à fait charmante pour un vol long-courrier.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Des vols à rentabiliser toujours plus et des voyageurs toujours plus corpulents, les compagnies aériennes sont toutes à la recherche de la solution idéale pour optimiser l’espace de leurs avions. Régulièrement, les constructeurs ont des idées plus ou moins saugrenues.

Dernier exemple en date avec Airbus, qui a déposé en février un brevet pour remplacer les sièges individuels par des banquettes pouvant accueillir un nombre variable de passagers. Deux personnes en surpoids se partageraient donc le même espace qu’une famille de quatre avec deux enfants en bas âge. Un système qui permettrait de facturer non plus une place mais un espace utilisé en fonction de sa corpulence.

Discrimination au surpoids

Pas sûr donc que cette idée plaise aux associations de défense des personnes en surpoids, qui dénoncent régulièrement la discrimination dont elles sont victimes. Les compagnies encouragent généralement fortement les personnes obèses à payer un second siège. Faute de quoi, si l’avion est plein, elles risquent d’être interdites de vol.

En 2009, la compagnie low-cost Ryanair, toujours à la pointe des propositions surprenantes pour faire des économies, faisait scandale en lançant l’idée d’une fat tax que les passagers paieraient en fonction de leur poids. Une idée née suite à une étude britannique qui estimait que le bilan carbone des personnes en surpoids était plus élevé.

Les constructeurs aériens déposent régulièrement des brevets pour protéger des inventions (lire encadré), mais certaines – et heureusement – en restent au stade de projet. On ignore donc encore comment les compagnies aériennes pourraient organiser le placement des passagers sur ces banquettes.

On imagine mal devoir indiquer son poids ou son IMC au moment de réserver son vol. Et faire mesurer son tour de taille, ruban métrique à la main, par les hôtesses au moment de l’embarquement risque de ne pas aider à fluidifier le check-in… (Le Matin)

(Créé: 14.03.2016, 06h30)

Sondage

La fin de la franchise à 300 francs peut-elle responsabiliser les assurés aux coûts de la santé?




Offres spéciales - Pour s'offrir ou pour offrir, les idées sont là !

Publicité

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.