Dimanche 4 décembre 2016 | Dernière mise à jour 08:55

Energie La production de pétrole a de beaux jours devant elle

Non, la planète n’est pas à court de brut. Et le fameux «peak-oil», ce sommet de production mondiale, n’est pas au programme, assure un chercheur de la Harvard Kennedy School.

L'exploitation des sables bitumineux au Canada aura sa part dans la hausse des capacités de production de pétrole.

L'exploitation des sables bitumineux au Canada aura sa part dans la hausse des capacités de production de pétrole. Image: Keystone

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Pétrole à risque pour la Suisse

Pétrole à risque pour la Suisse Un quart de l'or noir consommé dans le pays provient du Kazakhstan et d'Azerbaïdjan.

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«Contrairement à ce que la plupart des gens pensent, écrit Leonardo Maugeri, la capacité de production mondiale de pétrole augmente à un niveau sans précédent tel qu’elle pourrait distancer la consommation.»

Ce chercheur de Harvard, conférencier et lobbyiste envisage même une possible surproduction massive suivie d’un écroulement des prix pétroliers après 2015.

2015 pourrait être le moment où de nouvelles infrastructures pétrolières de tous ordres fonctionneront. Jusqu’au moins conventionnelles. D’ici là, les prix devraient rester volatiles.

Question de technologie

Ex-top manager d’ENI, la société nationale italienne des hydrocarbures, Leonardo Maugeri sort un rapport fondé sur l’analyse des principaux sites d’exploitation pétrolière actuels et à venir.

Il tient compte des nouvelles méthodes d’extraction permettant de tirer profit des sables bitumineux, schistes bitumineux et autres bruts extra-lourds. Des méthodes qui devraient se généraliser, selon lui.

Conclusion: à la production actuelle – 93 millions de barils par jour (mbj) – viendront s’ajouter 17,6 mbj supplémentaires en 2020. La capacité de production mondiale atteindra 110,6 mbj.

Ce résultat tient compte des risques politiques et techniques et de l’épuisement des champs aujourd’hui productifs. «Cela représentera la plus grosse augmentation [des capacités de production] au cours d’une décennie depuis les années quatre-vingt», écrit l’Italien.

Les Etats-Unis se profilent

Atteindre ce niveau a une exigence. Le prix du baril ne doit pas passer sous les 70 dollars. Une possibilité en cas de gros choc économique ou financier ou de forte contraction de l’économie chinoise. En deçà des 70 dollars, huit dixièmes des nouveaux volumes produits ne seraient pas rentables. D’ici à 2015 du moins.

Ce «renouveau du pétrole» découle selon Leonardo Maugeri d’un cycle d’investissements jamais vu. Il a débuté en 2003 et atteint son pic en 2010.

En 2020, selon le chercheur, seuls la Norvège, la Grande-Bretagne, le Mexique et l’Iran devraient voir leur production baisser parmi les grands producteurs d’or noir. Les autres peuvent, au pire, envisager le statu quo.

Irak, Etats-Unis, Canada et Brésil présentent les plus gros potentiels de croissance des capacités effectives de production. Les Etats-Unis pourraient même devenir en 2020 le numéro deux mondial du pétrole derrière l’Arabie saoudite.

«L’âge du pétrole bon marché est probablement derrière nous, écrit Leonardo Maugeri. Mais le niveau futur des prix pétroliers demeure incertain. Et la technologie pourrait rendre le pétrole cher d’aujourd’hui bon marché demain.» (nxp)

(Créé: 03.07.2012, 06h11)

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