Dimanche 11 décembre 2016 | Dernière mise à jour 12:40

Presse Ringier rachète le journal «Le Temps»

Le groupe zurichois Ringier rachète la totalité du journal Le Temps. Il renforce ainsi sa position stratégique en Suisse romande.

Image: Keystone

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Le quotidien romand Le Temps est désormais propriété de Ringier. Le groupe de presse zurichois, qui contrôle déjà 46,25% du journal, a annoncé vendredi reprendre la participation de 46,25% détenue par Tamedia dans le titre. Le prix de la transaction n'a pas été révélé.

Ringier et Tamedia avaient mis en vente Le Temps en octobre dernier. L'objectif initial était de trouver un acquéreur extérieur. La solution du rachat de la participation d'un des partenaires par l'autre ne devait intervenir qu'au cas où aucune offre convaincante n'arrivait sur la table.

Ringier satisfait

«C'est une bonne journée pour Ringier», a déclaré devant la presse Marc Walder, le CEO du groupe de presse, qui édite notamment le Blick et L'Illustré. Pour lui, le rachat du Temps est une «affaire de cœur». Il est la preuve de l'attachement de l'éditeur au journalisme et de sa foi en l'avenir de la presse écrite.

Le Temps, actuellement basé à Genève, devrait garder son ancrage romand. Ringier exclut en tout cas de transférer la direction du journal à Zurich. Le choix devrait se faire entre Lausanne et Genève. «Nous allons réfléchir sans tabou» sur cette question, a souligné Daniel Pillard, le directeur de Ringier Romandie.

Le quotidien genevois, une fois intégré dans le groupe, devra pouvoir profiter «des synergies qui seront dégagées tant sur le plan rédactionnel que sur celui du marketing». Selon Daniel Pillard, «rien n'est encore décidé concernant les effectifs du quotidien». Une fusion avec L'Hebdo est toutefois exclue par Ringier.

Fin de l'incertitude

Valérie Boagno, la directrice générale du Temps, a déclaré que le personnel du quotidien était «extrêmement content et soulagé de sortir de presque six mois d'incertitude». Pour la première fois, a-t-elle rappelé, un actionnaire unique aura le contrôle complet du Temps. La journée est «historique» pour le journal.

Le choix de Ringier et non pas de Tamedia pour racheter Le Temps s'explique notamment par les difficultés qu'aurait rencontrées Tamedia auprès de la Commission de la concurrence (Comco) s'il avait mis la main sur le quotidien, lui qui contrôle déjà des titres comme Le Matin, 20 Minutes, la Tribune de Genève ou 24 Heures.

Le rachat par Ringier est la meilleure des solutions possibles pour Le Temps, a fait savoir Serge Reymond, directeur général de Tamedia Publications romandes. Le quotidien romand continuera d'être imprimé par Tamedia jusqu'à la fin de 2016. La question du lieu de l'impression fera ensuite l'objet de discussions, a noté Daniel Pillard.

Garder le lien avec les Amis du Temps

Ringier ne veut pas non plus couper les ponts avec le Cercle des Amis du Temps. Cette association de soutien au journal était parvenue à fédérer autour d'elle des investisseurs et des mécènes disposés à racheter le titre. Une offre avait même été déposée fin mars.

«Nous avons prévu de continuer les discussions avec ces personnes qui ont fait un travail énorme ces dernières semaines», a assuré Marc Walder. Le Cercle des Amis du Temps, qui défend la pérennité du journal et dispose de l'appui de plus de 700 personnalités romandes, s'est en tout cas déclaré ouvert à une collaboration avec Ringier.

Le président de l'association des journalistes impressum Christian Campiche a de son côté plaidé pour que la rédaction du «Temps» soit «conservée sous sa forme actuelle». Sinon, a-t-il noté, le journal n'aura plus les moyens de justifier son titre de «quotidien de qualité».

La Société des rédacteurs et du personnel du Temps est du même avis. Elle a indiqué dans un communiqué attendre " aujourd'hui des investissements conséquents pour pouvoir assurer le développement du journal, dans le domaine numérique comme dans le papier». Elle a aussi demandé à être associée aux projets du groupe Ringier.

Une belle opportunité

Les éditeurs romands espèrent que le rachat du Tempspar Ringier permettra au quotidien de renforcer sa position actuelle en Suisse romande. L'association Médias Suisses a toutefois dit ne pas vouloir commenter plus avant l'opération, «car elle concerne deux de nos membres», a expliqué son secrétaire général Daniel Hammer.

Le Temps est né de la fusion en 1998 du Journal de Genève et Gazette de Lausanne avec Le Nouveau Quotidien. Outre Ringier, qui détiendra 92,5% du titre, le reste du capital est partagé entre le banquier Claude Demole (3%), la Société des rédacteurs et du personnel du Temps (2,4%) et la Société éditrice du Monde (2,1%). (ats/nxp)

(Créé: 11.04.2014, 09h26)

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