Sarkozy pas bon en économie, selon un prof genevois
Présidentielle française
—Par Pierre-François Besson. Mis à jour le 11.04.2012 42 Commentaires
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Charles Wyplosz. (Image: Keystone )
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Les économistes ont compris depuis longtemps que Nicolas Sarkozy ne sera pas réélu, écrit Charles Wyplosz dans son article repris sur le site de l'Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID) à Genève.
Pourquoi cela? A cause de la montée du chômage. Ne pas avoir su éviter ce piège est même une des sept erreurs économiques que l’économiste met au passif du président sortant.
Celui qui participe à plusieurs comités consultatifs de la présidence française a la dent très dure. Selon lui, Sarkozy croit que tout problème économique a une solution strictement politique.
Or, «l’expérience mille fois répétée est que l’on ne viole pas impunément les principes économiques». Ajouté à la crise, ce «volontarisme politique» a empêché le président sortant de réformer la France.
Charles Wyplosz ne jette pas tout dans son bilan économique. Il lui concède même des avancées historiques, comme l’unification des régimes de retraites ou le service minimum dans les transports publics.
Dans les livres d’histoire
Mais «sa gestion de la crise sera citée dans les livres d’histoire comme un exemple de ce qu’il ne faut pas faire». Au sortir de ces cinq ans, «l’appétit pour les réformes audacieuses – la rupture – est éteint alors que la France poursuit son lent déclin économique».
Le maintien des 35 heures couplé à la baisse des charges sur les heures supplémentaires est le premier péché économique de Sarkozy. Une mesure jugée «couteuse et inefficace» par Charles Wyplosz.
Sa deuxième faute est d’avoir voulu contrer la crise en subventionnant le chômage et l’automobile déclinante. Deux ans plus tard, les capacités de production sont excessives et le chômage en hausse.
Les grandes banques
Le troisième péché imputé au président français est d’imaginer que l’Etat peut choisir «les entreprises rentables de demain». Une manière de biaiser avec l’innovation et la compétitivité, pourtant requises pour faire le poids sur les marchés internationaux.
Sarkozy n’a pas voulu s’attaquer aux grandes banques, y compris françaises. Il les a aidées sans entrer dans leur capital pour les réformer, après leur «comportement abusif» à l’origine de la crise financière. C’est sa quatrième faute économique.
La gestion de la crise de l’euro est une autre faute majeure, selon l’économiste. Pour sauver leurs banques, les gouvernements français et allemand ont fait mine d’aider la Grèce et ainsi mis de l’huile sur le feu de la zone euro.
Mais au final, après de longs mois qui ont permis aux banques de se délester d’une bonne part de la dette grecque, l’accord trouvé «risque d’être inutile pour que l’effacement [d’une partie de cette dette] suffise à soulager la Grèce».
Le choix de l’austérité
Autre faute de Sarkozy: l’alignement sur l’Allemagne et sa «position idéologique extrême». «Le choix de l’austérité dans une période de récession est un non-sens économique», constate Charles Wyplosz.
Tous les pays ayant plié sous la pression franco-allemande endurent, selon lui, «une aggravation de la récession et, mécaniquement, une détérioration de leur endettement public».
Sarkozy a commis cette autre faute économique d’appliquer à la France cette politique d’austérité afin de défendre son triple A. Une mesure pourtant attendue, selon Charles Wyplosz,
En clair, «l’austérité est la cause de la récession en cours et la récession sera la cause de la non-réélection de Nicolas Sarkozy». (Newsnet)
Créé: 11.04.2012, 08h14
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La rédaction
42 Commentaires
Bon article^^ Mais malheureusement, tous les citoyens ne sont pas économistes et Sarko a une bonne partie des médias dans sa poche...On verra bien si les français votent dans le sens des économistes... Répondre
Ah je ris bien lorsqu'un économiste tient des théories et juge l'action des gens qui travaillent réellement dans le monde réel. Ces grands docteurs de l'économie ne sortent jamais de leur bureau, n'ont jamais réellement travaillé et se trompent la plupart du temps dans leurs prévisions, tant leur vision du monde réel est inexistante. Je n'accorde aucun crédit à ce Monsieur. Répondre
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