Les grandes chaînes d’électronique épinglées
Vente
—Par Camille Krafft. Mis à jour le 15.01.2012 38 Commentaires
Yves Vesin n’a rien d’un novice. Responsable du Club Informatique Senior de Monthey (VS), l’homme sait quelles sont les caractéristiques d’un ordinateur fraîchement sorti d’usine. C’est pourquoi il a bondi en découvrant sur un PC prétendu neuf des photos d’un voyage de classe à Saint-Pétersbourg, ainsi que Windows déjà installé. Vendue plein pot, la bécane avait en réalité été utilisée par un client précédent.
La mésaventure qui lui est arrivée chez Media Markt aurait pu lui tomber dessus suite à un achat dans n’importe quelle autre chaîne d’électronique ou d’électroménager. C’est ce que constate la Fédération romande des consommateurs (FRC), qui reçoit régulièrement des plaintes à ce sujet. Et ce que dénoncent des dizaines d’internautes sur le site 20minutes.ch, qui a publié un article cette semaine suite à la diffusion de l’émission de la SF1 «Kassensturz» sur ce thème.
Caméra contenant des vidéos d’étrangers, répertoire téléphonique déjà rempli, lecteur MP3 diffusant des chansons choisies par un tiers, boîte vocale saturée de messages d’inconnus… sur la Toile, les exemples cocasses façon «La vie des autres» fourmillent. Fnac, Fust, Interdiscount, Melectronics: aucune grande chaîne ne semble être épargnée par le phénomène.
Rien de plus normal a priori que de remettre en vente un téléviseur ramené par un client dans les délais, qui varient entre sept et trente jours selon les enseignes. Mais rien de moins respectueux pour l’acheteur suivant que de le revendre sans rabais ni mention, tonne la FRC: «Aucun consommateur ne s’attend à payer le même prix pour un objet neuf que pour un article utilisé. C’est une tromperie profonde du client et c’est inacceptable», estime son secrétaire général, Mathieu Fleury.
Protection des données
Si la FRC encourage le marché des objets d’occasion, elle souligne qu’il doit se faire en toute transparence. «Le prix doit être baissé et il faut mentionner que c’est un article retourné, et non pas par exemple un objet de démonstration, précise Valérie Muster, responsable de la permanence à la FRC. L’article doit également être sous garantie.» La juriste souligne en outre le risque pour la protection des données personnelles que représente ce type de pratique. Séverine de Rougemont, porte-parole de Media Markt, assure quant à elle que les appareils sont réinitialisés et les éventuelles données effacées avant la remise sur le marché.
Du côté des grandes chaînes, le discours officiel est relativement similaire: les porte-parole de Melectronics, Fust, Media Markt et Interdiscount assurent que les objets utilisés puis ramenés sont contrôlés et revendus avec un rabais plus une mention. Bons élèves en théorie, donc. Et en pratique?
«On ne fait pas de rabais»
«On pose des questions au client sur son utilisation et on contrôle les objets de manière très pointilleuse avant de les remettre en vente, explique ce responsable d’une grande enseigne genevoise. La plupart du temps, cela se passe sans problème. Mais on ne fait pas de mention, ni de rabais. On ne peut pas assumer ces réductions. Nos marges sont déjà catastrophiques.» Sur Internet, les témoignages d’anciens employés dans le secteur de l’électronique abondent dans ce sens.
Aucune firme ne fournit de chiffres sur la pratique du «satisfait ou remboursé», qui se trouve à la base du problème et n’est pas une obligation légale mais une démarche commerçante, selon Valérie Muster. Toutefois, d’après le responsable de magasin genevois interrogé ci-dessus, cette politique «coûte cher. Quand vous avez dix personnes qui attendent pour ramener l’appareil qu’elles ont acheté, vous ne pouvez pas tout contrôler sur le coup. On se retrouve souvent avec des objets défectueux sur les bras, dont on doit assumer le coût. Les premiers lésés du droit de retour, c’est nous». Et le client suivant? (Le Matin)
Créé: 15.01.2012, 09h46
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38 Commentaires
Rien de neuf. Le consommateur a le choix entre grande surface et petit commerce. Les premiers font des prix légèrement plus faibles mais n'assurent aucun services et abusent du client, les seconds font des prix qui correspondent à leurs charges et respectent le client Répondre
J'ai également fait la même expérience avec un téléphone soi-disant neuf chez Swisscom à Nyon. Il y avait un cpte email et plein de photos. Répondre


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