ACCUEIL 23.2.2012 Mis à jour à 14h35

«On doit craindre une attaque générale contre la place financière suisse»

Banques

Après la vente de la banque Wengelin, de sombres nuages planent sur les banques suisses. L'ex-patron de l'UBS Oswald Grübel y voit un avant-goût d'une attaque générale contre la place financière suisse.

Oswald Grübel constate que la pression s'accentue sur les dix banques qui ont repris en 2008 l'argent des clients américains de l'UBS.

Oswald Grübel constate que la pression s'accentue sur les dix banques qui ont repris en 2008 l'argent des clients américains de l'UBS.

La liquidation de la banque privée saint-galloise Wengelin n'est pas une surprise pour Oswald Grübel, ex-patron de l'UBS. Ce n'est qu'un avant-goût d'une grande attaque appuyée contre la place financière suisse, a-t-il déclaré à Der Sonntag. Selon lui, les Américains ont réussi, avec la banque Wengelin, à créer un précédent sur lequel également les Européens s'orienteront à l'avenir.

Climat tendu entre les USA et la Suisse

Oswald Grübel constate que la pression s'accentue sur les dix banques qui ont repris en 2008 l'argent des clients américains de l'UBS. Ce qui ne restera pas sans conséquences: une solution dans le différend fiscal avec les USA devrait coûter encore plus cher à ces banques. L'ex-patron de l'UBS estime que cette surenchère aurait pu être évitée: «l' autorité de surveillance des marchés n'a simplement pas reconnu le sérieux de la situation.»

Pour sa part, la conseillère fédérale Doris Leuthard a rencontré plusieurs représentants des Etats-Unis à Davos (GR) et en a retiré l'impression que le climat entre les autorités américaines et la Suisse s'est détérioré. «Du point de vue suisse, on doit reconnaître que les banques ont commis des erreurs aux USA», a-t-elle déclaré à Der Sonntag.

En revanche, elle rejette la critique que le Conseil fédéral aurait laissé tomber la banque Wengelin comme une patate chaude. Il s'agit aujourd'hui de trouver une solution globale: «nous ne voulons pas chaque année résoudre le problème des banques au niveau étatique.»

Raiffeisen aurait payé entre 500 et 600 millions de francs pour acquérir le noyau central de la banque Wengelin, selon les estimations de Der Sonntag. La vente n'est pas une réaction directe aux pressions qui s'exercent depuis plusieurs mois aux États-Unis mais vise plutôt à rassurer une clientèle inquiète qui a commencé à retirer ses fonds, mettant la banque en mauvaise posture. Les initiés parlent d'un «bank-run» qu'aurait subi Wengelin depuis plusieurs semaines.

Elle aurait perdu en peu de temps quelque 4 milliards de francs d'avoirs, soit 15% de l'ensemble de ses placements. En vendant rapidement leur établissement, les propriétaires de la banque auraient ainsi préservé leur propre portefeuille.

Baisse des bonus

En Suisse, la saison des bonus s'annonce plutôt maigre en ce début d'année. «Selon le domaine et la position, la part variable du salaire va baisser jusqu'à 50%», a déclaré à la SonntagsZeitung Walter Kielholz, président du conseil d'administration de Swiss Re et administrateur du Credit Suisse. Les plus touchés sont actifs dans le domaine de la banque d'investissement.

«Nous avons maintenant la possibilité d'adapter le niveau des salaires de manière durable», a relevé Walter Kielholz. La pression pour faire des économies aura pour conséquence de supprimer par étapes plusieurs milliers d'emplois dans le secteur financier.

Le doyen de la place financière reproche à la Bank Wegelin de graves erreurs: la stratégie, de reprendre de manière agressive les clients américains off-shore de l'UBS, s'est révélée comme des plus imprudentes.

Par ailleurs, une «solution forfaitaire» dans le différend fiscal avec les Etats-Unis ne sera possible qu'à un prix très élevé. Compte tenu de la pression politique, la Suisse ne pourra pas verrouiller le secret bancaire sous sa forme actuelle; les banques devront vraisemblablement fournir de hautes contributions, a ajouté Walter Kielholz. (ap/Newsnet)

Créé: 29.01.2012, 13h29

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13 Commentaires

Ha Stuck

05.02.2012, 12:43 Heures
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Depuis qlq années, les USA, pays le plus endetté du monde, pseudo-référence mondiale semble bien avoir déclenché un genre de 3e guerre mondiale économique. Le déployement de toute l'artillerie economique USA contre l'Europe et la Suisse (bastion stable de l'EU) est impressionant, alors qu'ils refusent de s'auto-réguler de peur que ne coule le paquebot USA perdant ainsi son role de leader mondial. Répondre


Lupo fâché

30.01.2012, 19:58 Heures
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Il faut mettre des comissions d'éthique dans tout ce bazar, commissions indépendantes et avec pouvoir de décision, il va de soit ! Répondre


De Saintclar

30.01.2012, 16:10 Heures
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Oswald Grüble... après tout "le bien" qu'il a fait pour la réputation de la place financière suisse, il ferait mieux
de se la coincer un peu
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jeff desprez

30.01.2012, 09:33 Heures
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C'est en effet une attaque groupée contre la CH et son système bancaire de la part des USA et de l'UE. Nos polichinelles ne sont malheureusement pas de tailler à lutter. Quand on sait que les banques et sociétés financières à Ldres (sans parler de leurs trusts et îles vierges et autres) sont les plaques tournantes du blanchiment de fonds et de l'évasion fiscale, tout comme le Luxembourg, ou toutes Répondre


jeff desprez

30.01.2012, 09:41 Heures
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les multinationales et les financiers y font transiter leurs fonds "gris et noirs" et qu'aucune autorité juridique au monde n'a un droit de regard sur ce qui s'y passe, et le Delaware ou il suffit d'un prénom pour ouvrir un compte! Si nos guignols n'osent pas se défendre est-ce parce que c'est sur ces comptes, que eux aussi et leurs amis cachent l'argent de leurs "commissions pour services rendus?


Ronald Müller

29.01.2012, 16:54 Heures
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Merci Monsieur Grübel de vos commentaires, dommage que vous n'avez mis en pratique vos bons conseils avant, on aurait alors évité ce qui suit:
Oswald Grübel, directeur général d’UBS, a démissionné ce samedi 24 septembre 2011 après la spectaculaire affaire de fraude qui a coûté 2,3 milliards de dollars (1,7 milliard d'euros) et porté un nouveau coup à la réputation de la première banque helvétique.
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eric ochet

30.01.2012, 03:29 Heures
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Il ne voulait pas démissionner après cette perte qui serait liée à l'instauration du cours plancher selon des certaines sources financières (On attend toujours le rapport sur cette affaire promis par la banque en octobre dernier). Si des actionnaires étrangers institutionnels ne détenaient pas une part importante du capital de la banque, M Gruebel serait toujours en place.


volga dynamo

29.01.2012, 16:49 Heures
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Qu'en pense l'UDC et CristHof les ennemis c'est les ricains pas l'UE , on peut pas demander à l'UE un coup de main, il y a bien un climat glacial qui arrive... l'heure semble quand même grave qui va ramasser ou tout perdre Merci Répondre


Jean Descartes

29.01.2012, 16:33 Heures
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Quand un pays demande aux USA d'appliquer chez eux les règles qu'ils imposent aux autres, la très forte association des banques US refuse catégoriquement et crie au scandale. Y aura-t-il un conseil fédéral qui osera leur mettre une fois ce fait devant les yeux? il faut arrêter de nous écraser devant les US et l'UE! Répondre


Amedée Biscoteau

29.01.2012, 15:00 Heures
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Ils l'on cherché en devenant les complices actifs de l'évasion fiscale. Ce n'est pas à l'etat de passer son temps à rattraper les magouilles de gens surpayés qui n'ont agi que dans leur seul intérêt . Je me demande si on n'aurait pas tout à gagner à négocier un libre accès bancaire aux différents marchés UE et US en échange d'un abandon de ce secret que l'on traine actuellement comme un boulet Répondre


eric ochet

29.01.2012, 15:31 Heures
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Ce libre accès sont les nuages que nous annoncent M Gruebel. Ils ont traversé l’Atlantique et se profilent en Europe. En effet, les pays avec lesquels nous négocions exigeront des conditions analogues à celles des USA au nom de la clause à la nation la plus favorisée. Accuser le CF ou la Finma qui ne faisaient que suivre les instructions de l’UBS (lettres confidentielles de Villiger) est hypocrite


eric Ochet

29.01.2012, 14:37 Heures
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Quel souffle. M Grueber! C'est pourtant bien vous (UBS) qui avez pressé le CF à conclure à n'importe quel prix l'accord que les USA exigeait pour éviter un procès UBS . Car celui-ci présentait le danger de révélations indésirables au sujet du comportement non seulement des ex-dirigeants, mais aussi de celui des autorités administratives (finma), politiques et judiciaires. Répondre


Alfredo Nonento

29.01.2012, 16:50 Heures
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Plutôt que de transférer les bénéfices et les bonus sur des comptes secrets en Suisse, ce qui fait de la Suisse un pays receleur, il serait normal que ces capitaux continuent d'alimenter l'industrie pour relancer l'emploi et améliorer le pouvoir d'achat. C'est simple !




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