«On doit craindre une attaque générale contre la place financière suisse»
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—Mis à jour le 29.01.2012 13 Commentaires
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La liquidation de la banque privée saint-galloise Wengelin n'est pas une surprise pour Oswald Grübel, ex-patron de l'UBS. Ce n'est qu'un avant-goût d'une grande attaque appuyée contre la place financière suisse, a-t-il déclaré à Der Sonntag. Selon lui, les Américains ont réussi, avec la banque Wengelin, à créer un précédent sur lequel également les Européens s'orienteront à l'avenir.
Climat tendu entre les USA et la Suisse
Oswald Grübel constate que la pression s'accentue sur les dix banques qui ont repris en 2008 l'argent des clients américains de l'UBS. Ce qui ne restera pas sans conséquences: une solution dans le différend fiscal avec les USA devrait coûter encore plus cher à ces banques. L'ex-patron de l'UBS estime que cette surenchère aurait pu être évitée: «l' autorité de surveillance des marchés n'a simplement pas reconnu le sérieux de la situation.»
Pour sa part, la conseillère fédérale Doris Leuthard a rencontré plusieurs représentants des Etats-Unis à Davos (GR) et en a retiré l'impression que le climat entre les autorités américaines et la Suisse s'est détérioré. «Du point de vue suisse, on doit reconnaître que les banques ont commis des erreurs aux USA», a-t-elle déclaré à Der Sonntag.
En revanche, elle rejette la critique que le Conseil fédéral aurait laissé tomber la banque Wengelin comme une patate chaude. Il s'agit aujourd'hui de trouver une solution globale: «nous ne voulons pas chaque année résoudre le problème des banques au niveau étatique.»
Raiffeisen aurait payé entre 500 et 600 millions de francs pour acquérir le noyau central de la banque Wengelin, selon les estimations de Der Sonntag. La vente n'est pas une réaction directe aux pressions qui s'exercent depuis plusieurs mois aux États-Unis mais vise plutôt à rassurer une clientèle inquiète qui a commencé à retirer ses fonds, mettant la banque en mauvaise posture. Les initiés parlent d'un «bank-run» qu'aurait subi Wengelin depuis plusieurs semaines.
Elle aurait perdu en peu de temps quelque 4 milliards de francs d'avoirs, soit 15% de l'ensemble de ses placements. En vendant rapidement leur établissement, les propriétaires de la banque auraient ainsi préservé leur propre portefeuille.
Baisse des bonus
En Suisse, la saison des bonus s'annonce plutôt maigre en ce début d'année. «Selon le domaine et la position, la part variable du salaire va baisser jusqu'à 50%», a déclaré à la SonntagsZeitung Walter Kielholz, président du conseil d'administration de Swiss Re et administrateur du Credit Suisse. Les plus touchés sont actifs dans le domaine de la banque d'investissement.
«Nous avons maintenant la possibilité d'adapter le niveau des salaires de manière durable», a relevé Walter Kielholz. La pression pour faire des économies aura pour conséquence de supprimer par étapes plusieurs milliers d'emplois dans le secteur financier.
Le doyen de la place financière reproche à la Bank Wegelin de graves erreurs: la stratégie, de reprendre de manière agressive les clients américains off-shore de l'UBS, s'est révélée comme des plus imprudentes.
Par ailleurs, une «solution forfaitaire» dans le différend fiscal avec les Etats-Unis ne sera possible qu'à un prix très élevé. Compte tenu de la pression politique, la Suisse ne pourra pas verrouiller le secret bancaire sous sa forme actuelle; les banques devront vraisemblablement fournir de hautes contributions, a ajouté Walter Kielholz. (ap/Newsnet)
Créé: 29.01.2012, 13h29
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13 Commentaires
Quand un pays demande aux USA d'appliquer chez eux les règles qu'ils imposent aux autres, la très forte association des banques US refuse catégoriquement et crie au scandale. Y aura-t-il un conseil fédéral qui osera leur mettre une fois ce fait devant les yeux? il faut arrêter de nous écraser devant les US et l'UE! Répondre
Quel souffle. M Grueber! C'est pourtant bien vous (UBS) qui avez pressé le CF à conclure à n'importe quel prix l'accord que les USA exigeait pour éviter un procès UBS . Car celui-ci présentait le danger de révélations indésirables au sujet du comportement non seulement des ex-dirigeants, mais aussi de celui des autorités administratives (finma), politiques et judiciaires. Répondre


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