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Suisses et Européens partagent le même trac

Climat de consommation

Le climat de consommation a viré au rouge en Suisse comme en Europe. Mais Bruno Parnisari, chef du secteur Conjoncture au Seco, refuse de peindre le diable sur la muraille. Voici pourquoi.

Par Pierre-François Besson. Mis à jour le 08.08.2012 1 Commentaire
Autant en France qu’en Italie, en Allemagne en Autriche ou en Suisse, les consommateurs se font en moyenne plus de souci pour l’évolution future de l’économie.

Autant en France qu’en Italie, en Allemagne en Autriche ou en Suisse, les consommateurs se font en moyenne plus de souci pour l’évolution future de l’économie.
Image: Keystone

Bruno Parnisari. (Image: sp)

Effets contraires

Ce climat de consommation détérioré aura-t-il un impact sur l’économie?

"La population en Suisse croit, en grande partie grâce à l’immigration. Dans l’hypothèse où chaque ménage ne varie pas sa consommation, la consommation globale augmente du seul fait de l’augmentation du nombre de consommateurs.

Le climat de consommation ne tient pas compte de la démographie et porte sur un échantillon de 1200 ménages. Si ce climat devait continuer à se détériorer, et la croissance démographique se poursuivre, l’effet sur la consommation effective serait donc mixte.

On aurait une influence négative d’un climat général moins bon, et une influence positive liée au fait que dans un an, la Suisse comptera une population plus nombreuse de 1%."

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De -8 points en avril, l’indice suisse du climat de consommation est passé -17 en juillet, selon le Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco).

Le Matin - Assiste-t-on à un réel tournant dans l’appréciation de la situation de l’économie suisse par les consommateurs?

Bruno Parnisari - Oui. Entre la deuxième partie de 2011 et la première partie de 2012, on observait, comme dans plusieurs pays, une embellie du climat de consommation. Depuis mars-avril, dans beaucoup de pays européens, on a un renversement de tendance. Le climat de consommation se détériore. On voit par exemple que les consommateurs, autant en France qu’en Italie, en Allemagne ou en Autriche, se font en moyenne plus de souci pour l’évolution future de l’économie. Auparavant, ils anticipaient une amélioration de cette situation.

Les Suisses étant moins touchés par la crise que leurs voisins, n’est-ce pas étonnant de constater ce parallélisme dans leur appréciation?

Ce n’est pas étonnant, non. La conjoncture n’a pas seulement une dimension nationale. La conjoncture est un mouvement de l’activité économique qui concerne souvent plusieurs pays en même temps. Les ramifications entre pays sont telles que la conjoncture est souvent européenne voire mondiale. On constate bien des nuances de pays à pays, mais en arrière-fond, les tendances sont relativement similaires. Historiquement d'ailleurs, on observe une très forte corrélation entre le climat de consommation en Suisse et en Europe. Il y a un climat européen qu’on lit aussi dans les indices suisses.

Les consommateurs suisses sont plus pessimistes sur la situation économique globale que sur leur condition propre...

C’est un peu dans l’ordre des choses. Les reversements de tendance portent surtout sur des trends généraux, souvent évoqués par la presse. De plus, la situation de l’emploi, des salaires et des prix reste bonne en Suisse. Il n’est donc pas surprenant que ce qui concerne le quotidien ou l’environnement proche soit encore jugé de manière plutôt positive.

Mais faut-il s’inquiéter de ce retournement global de l’appréciation des consommateurs?

Avec -17, le niveau absolu de l’indice est encore très éloigné des bas niveaux observés en 2009, en 2002 ou au début des années nonante, avec des -40 ou -50. Si on considère la moyenne historique comme le reflet d’un climat de consommation neutre, on rentre aujourd’hui dans la zone un peu plus pessimiste. Nous sommes en dessous de la moyenne. Mais il ne faut pas encore s’en inquiéter au vu du niveau absolu.

Et l’avenir?

On ne va pas revenir rapidement à des sommets du climat de consommation. On voit bien les tensions et les problèmes qui seront longs à résoudre dans pas mal de pays européens. On n’assistera donc pas à une embellie démesurée tant que ces problèmes ne seront pas au moins en partie résolus. (Newsnet)

Créé: 08.08.2012, 15h14

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1 Commentaire

pierre piller

09.08.2012, 09:48 Heures
Signaler un abus 1 Recommandation 0

La méthode Couet. Dire que que la consommation en Suisse s'aligne souvent sur la tendance de l'Europe, là j'en reste baba. J'avais pas vu que la Suisse est au centre de l'Europe. Le genre d'article profond du type : cette porte est en bois d'arbre! L'été du SECO, en quelque sorte. Répondre



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