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Suisse Les taxis «se trompent de cible», selon Uber

La société a été interdite d'opérer à Genève, car elle n'a pas eu d'autorisation étatique.

Un manifestant pro-Uber à Paris, le 9 février 2016.

Un manifestant pro-Uber à Paris, le 9 février 2016. Image: AFP

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Patron d«Uber en Suisse romande, Steve Salom affirme que l'entreprise double de taille tous les six mois en Suisse. Un succès qui irrite les chauffeurs de taxis, lesquels ont récemment manifesté à Berne. Steve Salom estime qu'ils «se trompent de cible».

«Avec Uber, ils ont beaucoup à gagner en terme de revenus horaire», dit-il dans un entretien publié lundi par la Tribune de Genève et 24 Heures. «Les centrales -surtout Taxiphone, monopole privé de fait- ont plus à perdre. Pour conserver leur position, elles empêchent les chauffeurs qui leur sont affiliés de collaborer avec d«autres diffuseurs.»

A ce sujet, il estime qu«il y a une crainte. «Il ne se passe pas une semaine sans qu«il n«y ait d«agressions, menaces et déprédations de véhicules. Il y a même eu une tentative de meurtre, avec une attaque au tournevis, à Genève récemment», affirme Steve Salom.

Davantage à Lausanne

Selon lui, des centaines» de chauffeurs utilisent Uber à Genève, davantage à Lausanne. «Il nous en manque beaucoup pour satisfaire la demande. Par semaine à Lausanne, ils utilisent Uber en moyenne dix heures. A Genève, les chauffeurs professionnels une trentaine d«heures.»

Difficile pour Steve Salom de dire qui d'un chauffeur de taxi ou un chauffeur Uber gagne le plus. «Une grande partie des revenus des taxis sont en espèces et tout ne serait pas déclaré», dit-il.

Et d'ajouter: «Selon ce que j«entends, ça varie aussi selon la ville: à Lausanne, un petit nombre de garages détient des concessions de taxis et prend de grosses marges sur chaque course. Les chauffeurs y seraient moins bien lotis qu«à Genève.»

Interdiction provisoire

Uber a été frappé d'une interdiction provisoire à Genève, car la société a exercé ses activités sans avoir bénéficié d'une autorisation étatique. En janvier, le Tribunal fédéral a jugé irrecevable un recours de l'entreprise, qui conteste en justice le veto des autorités cantonales.

Pour Steve Salom, «les chauffeurs qui utilisent l«application n«évoluent pas du tout dans l«illégalité. Les procédures sont en cours et l«Etat a entre-temps dit qu«Uber pouvait exercer ses activités sous ces conditions: fixer les prix à l«avance, être titulaire de l«examen genevois de chauffeur de limousine et être immatriculé à Genève.»

Malgré ces aléas, le groupe se développe en Suisse. Selon Steve Salom, «Uber double de taille tous les six mois en Suisse et enregistre des taux de croissance à deux chiffres partout, à Zurich (avec UberPop, X, Black), Genève (UberX, Black), Bâle (UberPop, X) et Lausanne (UberPop, X).»

Projet de loi à Genève

Selon lui, la récente baisse des tarifs en Suisse romande est rendue possible «parce que notre technologie permet aux chauffeurs d«être plus efficaces. Pour eux, c'«est gagnant: ils ont plus de clients et ils gagnent autant par course. Les centrales peuvent aussi baisser leur prix. Les taxis nous ont accusés de concurrence déloyale mais ils ont été déboutés en justice.»

L'arrivée d'Uber a complexifié le dossier des taxis à Genève. Un nouveau projet de loi a été soumis au Grand conseil. Le texte vise à remettre de l'ordre dans la profession et à la dynamiser en intégrant les nouveaux acteurs comme Uber. Au plus tôt, le nouveau texte légal pourrait entrer en vigueur en janvier 2017.

Accusations de dumping

Plus de 450 chauffeurs de taxi venus des plus grandes villes de Suisse avaient déferlé lundi passé à Berne pour protester contre Uber. Ils accusent ce service de voitures avec chauffeur de pratiquer un dumping des tarifs. Une démarche visant à pousser les autorités à prononcer une interdiction des activités de la société en Suisse.

Les chauffeurs de taxi traditionnel assimilent cette société californienne à un employeur au noir. Ils l'accusent de paupériser les acteurs de la branche et de se comporter de façon malhonnête.

A Zurich, Uber priverait les taxis de quelque 30% de leur chiffre d'affaires, a récemment déclaré le secrétaire de l'Union suisse des taxis et membre de la Taxi Sektion de Zurich Roland Höhn. (ats/nxp)

(Créé: 07.03.2016, 06h20)

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