ACCUEIL 29.5.2016 Mis à jour à 01h25

Les taxis «se trompent de cible», selon Uber

Suisse

La société a été interdite d'opérer à Genève, car elle n'a pas eu d'autorisation étatique.

Mis à jour le 07.03.2016 13 Commentaires
Un manifestant pro-Uber à Paris, le 9 février 2016.

Un manifestant pro-Uber à Paris, le 9 février 2016.
Image: AFP

Articles en relation

Partager & Commenter

Mots-clés

Signaler une erreur

Vous avez vu une erreur? Merci de nous en informer.

Mots-clés

Signaler une erreur

Vous avez vu une erreur? Merci de nous en informer.

Partager & Commenter

Patron d«Uber en Suisse romande, Steve Salom affirme que l'entreprise double de taille tous les six mois en Suisse. Un succès qui irrite les chauffeurs de taxis, lesquels ont récemment manifesté à Berne. Steve Salom estime qu'ils «se trompent de cible».

«Avec Uber, ils ont beaucoup à gagner en terme de revenus horaire», dit-il dans un entretien publié lundi par la Tribune de Genève et 24 Heures. «Les centrales -surtout Taxiphone, monopole privé de fait- ont plus à perdre. Pour conserver leur position, elles empêchent les chauffeurs qui leur sont affiliés de collaborer avec d«autres diffuseurs.»

A ce sujet, il estime qu«il y a une crainte. «Il ne se passe pas une semaine sans qu«il n«y ait d«agressions, menaces et déprédations de véhicules. Il y a même eu une tentative de meurtre, avec une attaque au tournevis, à Genève récemment», affirme Steve Salom.

Davantage à Lausanne

Selon lui, des centaines» de chauffeurs utilisent Uber à Genève, davantage à Lausanne. «Il nous en manque beaucoup pour satisfaire la demande. Par semaine à Lausanne, ils utilisent Uber en moyenne dix heures. A Genève, les chauffeurs professionnels une trentaine d«heures.»

Difficile pour Steve Salom de dire qui d'un chauffeur de taxi ou un chauffeur Uber gagne le plus. «Une grande partie des revenus des taxis sont en espèces et tout ne serait pas déclaré», dit-il.

Et d'ajouter: «Selon ce que j«entends, ça varie aussi selon la ville: à Lausanne, un petit nombre de garages détient des concessions de taxis et prend de grosses marges sur chaque course. Les chauffeurs y seraient moins bien lotis qu«à Genève.»

Interdiction provisoire

Uber a été frappé d'une interdiction provisoire à Genève, car la société a exercé ses activités sans avoir bénéficié d'une autorisation étatique. En janvier, le Tribunal fédéral a jugé irrecevable un recours de l'entreprise, qui conteste en justice le veto des autorités cantonales.

Pour Steve Salom, «les chauffeurs qui utilisent l«application n«évoluent pas du tout dans l«illégalité. Les procédures sont en cours et l«Etat a entre-temps dit qu«Uber pouvait exercer ses activités sous ces conditions: fixer les prix à l«avance, être titulaire de l«examen genevois de chauffeur de limousine et être immatriculé à Genève.»

Malgré ces aléas, le groupe se développe en Suisse. Selon Steve Salom, «Uber double de taille tous les six mois en Suisse et enregistre des taux de croissance à deux chiffres partout, à Zurich (avec UberPop, X, Black), Genève (UberX, Black), Bâle (UberPop, X) et Lausanne (UberPop, X).»

Projet de loi à Genève

Selon lui, la récente baisse des tarifs en Suisse romande est rendue possible «parce que notre technologie permet aux chauffeurs d«être plus efficaces. Pour eux, c'«est gagnant: ils ont plus de clients et ils gagnent autant par course. Les centrales peuvent aussi baisser leur prix. Les taxis nous ont accusés de concurrence déloyale mais ils ont été déboutés en justice.»

L'arrivée d'Uber a complexifié le dossier des taxis à Genève. Un nouveau projet de loi a été soumis au Grand conseil. Le texte vise à remettre de l'ordre dans la profession et à la dynamiser en intégrant les nouveaux acteurs comme Uber. Au plus tôt, le nouveau texte légal pourrait entrer en vigueur en janvier 2017.

Accusations de dumping

Plus de 450 chauffeurs de taxi venus des plus grandes villes de Suisse avaient déferlé lundi passé à Berne pour protester contre Uber. Ils accusent ce service de voitures avec chauffeur de pratiquer un dumping des tarifs. Une démarche visant à pousser les autorités à prononcer une interdiction des activités de la société en Suisse.

Les chauffeurs de taxi traditionnel assimilent cette société californienne à un employeur au noir. Ils l'accusent de paupériser les acteurs de la branche et de se comporter de façon malhonnête.

A Zurich, Uber priverait les taxis de quelque 30% de leur chiffre d'affaires, a récemment déclaré le secrétaire de l'Union suisse des taxis et membre de la Taxi Sektion de Zurich Roland Höhn. (ats/nxp)

Créé: 07.03.2016, 06h20

13

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

Caractères restants:

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.
Publicité

13 Commentaires

Pierre-André GIACOMETTI

07.03.2016, 07:16 Heures

Que les 5 compagnies de taxis à Lausanne disparaissent = effectivement un grand bien. Elles se prennent des commissions de 53% à 62% selon les prix au compteur. Mais elles payent les voitures, le carburant et toutes les charges. Que les centrales disparaissent = aussi un grand bien. Elles ponctionnent les chauffeurs. Ce n'est pas pour remplacer cela par UBER qui est pire que tout. Un prédateur. Répondre


Alain Walker

07.03.2016, 07:35 Heures

Cette entreprise respecte-t-elle le code civil suisse ? Ce qui risque de se passer : les cotisations des 1er et 2e piliers sont-elles payées ? Sinon, dans quelques décennies, le peuple devra payer par l'impôt des prestations complémentaires à des chauffeurs qui auront toujours travaillé dans la précarité. Que ceux qui choisissent Uber y réfléchissent! Répondre



Sondage

Former les pêcheurs amateurs pour tuer proprement les poissons, est-ce une bonne idée?




Les salaires à plus d'un million des grands patrons sont-ils justifiés?

Oui, ils font aussi gagner des millions

 
21.0%

Non, c'est hors de proportion

 
76.1%

Je n'ai pas d'avis sur la question

 
2.9%

2713 votes au total

  • Offres spéciales - Pour s'offrir ou pour offrir, les idées sont là !

Service clients

Contact
  • Abonnement et renseignements
    Nous contacter
    lu-ve 8h-12h / 13h30-17h
    Tél. 0842 833 833, Fax 021 349 31 69
    Depuis l'étranger: +41 21 349 31 91
    Adresse postale:
    Le Matin, Service clients, CP, 1001 Lausanne

Jetons

Services
  • Pratique et économique, commandez vos jetons