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Toujours plus de banquiers se retrouvent au chômage

Emploi

A contre-courant de la tendance générale, la banque et la finance viennent grossir les chiffres du chômage. Les banquiers sont 22% plus nombreux à devoir timbrer à Zurich. A Genève, la hausse atteint même 23%.

Par Marc-Henri Jobin. Mis à jour le 19.07.2012 4 Commentaires
Salle temps pour les employés de banques suisses. Ils sont toujours plus nombreux à devoir timbrer au chômage ou à devoir entreprendre une reconversion.

Salle temps pour les employés de banques suisses. Ils sont toujours plus nombreux à devoir timbrer au chômage ou à devoir entreprendre une reconversion.
Image: Keystone

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Contrairement aux pays d'Europe, qui volent de records en records, la Suisse peut s’enorgueillir d'un taux de chômage faible et stable de 2,7%. Même le «mauvais élève» genevois affiche, à fin juin, un taux de 4,8%, en recul de 0,6 point sur un an.

Ces chiffres masquent toutefois les premiers effets d'un contre-courant qui menace de prendre de l'ampleur. Après une longue période de carence due à des délais de résiliation plus généreux que de règle, les banquiers et spécialistes de la finance se font de plus en plus nombreux dans les Offices régionaux de placement.

Un chômeur sur dix à Genève

En d'autres termes, les mesures de rationalisation et les compressions d'effectifs annoncées par les banques depuis 2011 commencent à faire leur effet. Dans les cantons à forte concentration bancaire, les hausses sont loin d'être anodines.

A Genève, le nombre de chômeurs issus des banques, des assurances et des autres services financier est, à fin juin, en augmentation de 23,1% sur un an. Les 1056 personnes concernées représentent, à elles seules, 9,4% de l'ensemble des chômeurs inscrits dans le canton.

Plus des trois quarts, soit 727 chômeurs, travaillaient dans la banque. Dans le secteur, l'augmentation du chômage atteint 18,6% en regard de juin 2011. C'est dans le segment des «autres services financiers» que la poussée est la plus forte (+44,1%), selon les statistiques officielles.

A Genève, à Zurich et ailleurs

La région genevoise n'est pas la seule concernée. A Zurich, où les grandes banques ont leur centre névralgique, le nombre de banquiers au chômage est, à fin juin, de 21,6% supérieur à ce qu'il était un an auparavant.

Le phénomène ne se limite pas pour autant aux régions à forte concentration bancaire. A Berne par exemple, où plusieurs banques et assurances ont annoncé l'an dernier vouloir réduire leur présence, le nombre d'employés des deux secteurs tombés au chômage est en augmentation de 17,7%.

Dans le Canton de Vaud, les chiffres sont moins préoccupants. Dans les statistiques cantonales, le secteur bancaire est toutefois celui qui affiche la deuxième plus forte progression annuelle (+7,9%), derrière la métallurgie (+13,7%).

«Une partie de cette hausse est héritée du secteur bancaire genevois», précise à ce titre Roger Piccand, chef du Service de l'emploi. Dans le Canton de Vaud, le secteur bancaire est demeuré stable.

Mouvement de fond

Ces chiffres ne constituent que des soldes: de nombreux employés de banques et spécialistes de la finance qui ont perdu leur jobs ont pu se reclasser dans d'autres établissements ou d'autres secteurs d'activité. Souvent, notent les spécialistes, au prix d'une baisse de revenus.

Alimenté par une conjoncture difficile et les réformes structurelles qui s'imposent au secteur, notamment en matière de couverture en fonds propres, le processus paraît ne pas être à son terme. Credit Suisse l'a rappelé cette semaine en disant vouloir épargner un milliard de plus jusqu'en 2013. Un programme qui s'ajoute aux 2 milliards d'économies déjà annoncées en 2011.

Certes, comme son patron Brady Dougan l'a lui même signalé, la deuxième banque suisse n'a supprimé «que» 2500 postes depuis mi-2011, soit 1000 de moins qu'initialement estimé. Le site spécialisé Finews.ch fait état en outre de 1158 places vacances aujourd'hui dans les banques suisses. C'est beaucoup, mais 35,4% de moins qu'à fin juin 2011. (Newsnet)

Créé: 19.07.2012, 15h48

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4 Commentaires

Michèle Herzog

19.07.2012, 16:35 Heures
Signaler un abus 4 Recommandation 0

Les employés qui auront le plus de détermination et d'éthique retrouveront du travail. Mais ils ne devront plus accepter de missions illégales, car maintenant ils sont parfaitement renseignés sur leurs conséquences. Répondre


Patrick Luder

20.07.2012, 01:34 Heures
Signaler un abus 2 Recommandation 1

La limites des ressources naturelles et la limites des ressources non renouvelables, obligeront à un économie plus locale et plus responsable et c'est tant mieux ... mais les places financières et les plaques tournantes des marchés mondiaux ont encore bine du soucis à se faire. Ne les plaignons pas car ils sont aussi les responsables des grandes crises sociales encore à venir. Répondre