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Michel Platini: «On va laisser un héritage»

Football

A la veille du coup d’envoi, Michel Platini, président de l’UEFA s’est livré sans retenue. Drôle, sérieux et toujours passionné, Platoche évoque plusieurs thèmes brûlants. Interview.

Par Nicolas Jacquier - Varsovie. Mis à jour le 06.06.2012

Image: AFP

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A 24?heures du coup d’envoi, quel est l’état d’esprit du président de l’UEFA?

Je suis ravi de vous voir! En cinq ans, beaucoup de choses ont été dites, mais encore plus de choses ont surtout été faites. C’était un long, difficile et périlleux challenge. En toute modestie, je pense qu’il est en passe d’être réussi. On n’est pas loin d’atteindre la perfection. Tout a été fait pour que tout soit presque parfait. Vous savez, il y aura toujours des soucis, plus ou moins gros, mais le football permet aussi de générer des milliards de belles choses.

Ce n’était pourtant pas gagné d’avance…

Non, car il a fallu construire, surtout en Ukraine, ce qui existe déjà ailleurs: des routes, des stades, des hôtels, des aéroports. L’Ukraine a gagné 30?ans en matière de transports. On va laisser un héritage pour ce qui concerne la façon de vivre des gens. Sans doute les deux pays ne se rendaient-ils pas compte de la difficulté de ce qui les attendait. Ça allait être compliqué et ça l’a été. Tout était à créer. J’ai inauguré tous les terminaux d’Ukraine. Je suis devenu le spécialiste des aéroports! (Rires.) Ça a été dur pour en arriver là, mais en Ukraine comme en Pologne, je ne pense pas que ça sera difficile de faire la fête.

En Angleterre, des voix, dont celle de Campbell, suggèrent de boycotter l’Ukraine…

Chacun fait ce qu’il veut.

Mais n’est-ce pas politiquement incorrect d’avoir confié un tel événement à un pays, un régime qui bafoue les droits de l’homme?

Il faut le demander à ceux qui ont voté pour l’Ukraine. En 2007, tous les pays avaient applaudi cette ouverture à l’Est. Les politiciens font de la politique, chacun est dans son rôle. Je suis dans le mien. (…) Nous pouvons parler de Mme Timochenko, des matches truqués en Italie, de la corruption. Dès demain soir, vous allez embêter les joueurs, les entraîneurs, reparler de foot. A moi, ça va me faire un peu des vacances.

La Pologne connaît pourtant une montée inquiétante des extrémismes. N’êtes-vous pas préoccupé par ces actes de racisme qui se multiplient?

Si l’on considère l’Europe, il y a de plus en plus de nationalisme. Pointer du doigt l’Ukraine et la Pologne, c’est trop facile. On a les mêmes problèmes en France, en Angleterre, etc. C’est plus un problème de société, de la compétence des Etats eux-mêmes, que du football. Le président de l’UEFA ne peut pas présager du comportement de 60?000 personnes dans un stade.

Mario Balotelli a déjà menacé de quitter le terrain s’il était victime d’insultes racistes. Le cas échéant, le soutiendrez-vous?

On soutiendra surtout l’arbitre s’il arrêtait le match comme il en a la compétence. Balotelli encourt un carton jaune s’il devait s’en aller sans avoir reçu l’aval de l’arbitre. Nous, à l’UEFA, on prône la tolérance zéro.

L’Italie est frappée par un nouveau scandale de matches truqués, visant même des internationaux. Est-ce à dire que l’on ne parviendra jamais à éradiquer ce fléau des temps modernes?

Ceux qui ont été ou seront pris pour avoir faussé des résultats ne rejoueront plus au football, parole de président. C’est la trahison même du football car on est au cœur du jeu… Cela dit, les petits joueurs, qui ne sont plus payés depuis des mois, constituent des proies vulnérables à cause de la crise. Il faut être inflexible avec ceux qui vendent leurs propres matches. Maintenant si des joueurs veulent parier sur Nadal ou Djokovic…

Prandelli avait néanmoins menacé de retirer la Squadra azzurra…

Je connais bien Prandelli, j’ai joué 5?ans avec lui à la Juve. C’est un grand blagueur.

Un mot sur l’arbitrage à cinq, dont l’expérience sera poursuivie durant ce mois de juin…

Un arbitre ne pourra jamais tout voir. Avec des yeux supplémentaires, il ne sera plus seul pour prendre une mauvaise décision, enfin… même parfois bonne. C’est étonnant de se dire que lorsqu’il n’y avait pas d’arbitre du tout, ça se passait bien dans le football.

En son temps, vous aviez dénoncé les prix prohibitifs des hôtels, parlant même d’escrocs dans certaines villes. Pour le supporter lambda, cet Euro n’est-il pas trop cher?

Quand vous achetez un billet de match 35?francs et qu’à l’arrivée, votre séjour vous coûte plus de 900?francs, c’est qu’il y a un problème qui ne concerne pas l’UEFA, mais les autorités des pays concernés.

Venons enfin au sport. A qui remettrez-vous la Coupe le 1er juillet? Quel est votre pronostic?

Il y a les équipes favorites, comme l’Allemagne et l’Espagne, et celles qui seront difficiles à battre. C’est très ouvert et je n’ai pas de boule de cristal devant moi. Il peut y avoir beaucoup de surprises, le football est irrationnel, c’est ce qui en fait aussi sa beauté. Qui aurait parié sur la Grèce en 2004?

La France?

Une équipe difficile à battre.

Avant le match d’ouverture, qu’auriez-vous envie de dire aux deux sélectionneurs?

Faites-nous rêver. On a bossé comme des forçats. On en a trop bavé pour ne pas être récompensé en retour. Il vaut mieux un 3-3 qu’un 0-0. C’est plus marrant. (Le Matin)

Créé: 06.06.2012, 22h44



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