A 11 ans, elle meurt d'une overdose
Allemagne
—Par Christophe Bourdoiseau, Berlin. Mis à jour le 05.02.2012 14 Commentaires
«J'ai honte de ne pas être intervenue plus tôt», dit la voisine, Anne B. «On voyait bien que la Silvia avait des proble?mes. Elle marchait comme un zombie», raconte- t-elle. Nicole, une autre voisine, la rencontrait parfois dans la rue en promenant son chien. «Ses mains e?taient gonfle?es. Elle avait des inflammations partout. Une vraie junkie», dit-elle.
Silvia (47 ans) e?tait la me?re adoptive de Chantal, une fillette de 11 ans qu’on a retrouve?e morte le 16 janvier dernier dans un quartier populaire d’Hambourg apre?s avoir succombe? a? une overdose de me?thadone. Les enquêteurs ignorent toujours comment elle a pu avoir acce?s a? cette drogue de substitution.
Les services sociaux n’ont rien vu Depuis ce scandale, les Allemands sont de nouveau re?volte?s contre leurs services sociaux. Ce n’est pas la premie?re fois qu’un enfant meurt dans une famille d’accueil inadapte?e.
Comment est-il possible qu’un agent se soit rendu au domicile de la fillette quelques jours avant sa mort sans rien remarquer? «Chantal a re?cite? un poe?me de Noe?l», est-il e?crit dans le rapport.
On croit rêver! Lorsque la police de?couvre le corps de Chantal, l’appartement est dans un e?tat de?plorable: les aliments sont moisis dans le frigo. Chantal n’a pas de lit: les quatre enfants qui vivent la? se partagent deux matelas!
Chantal a e?te? retire?e de chez ses parents he?roi?nomanes pour se retrouver dans une famille d’he?roi?nomanes. Comment les services sociaux ont-ils re?ussi a? choisir une telle famille d’accueil?
Lorsqu’elle arrive en 2008 chez Wolfgang et Silvia, la situation est de?ja? de?sastreuse. Il y a de?ja? deux enfants le?gitimes mais aussi la petite-fille de 8 ans de leur fille aîne?e de 27 ans (drogue?e elle aussi) et trois chiens dont deux «animaux de combat». Le pe?re adoptif a un casier judiciaire! Wolfgang (51 ans) a fait plusieurs anne?es de prison pour vols et trafic de drogue.
Une directrice mise en cause Pia Wolter, directrice des services de l’assistance sociale du quartier, affirme qu’elle n’a jamais rien su. «A cinq reprises, on lui a pourtant signale? des proble?mes de drogue», a reconnu Markus Schreiber, maire de Hambourg-Mitte, devant la Commission des affaires sociales.
D’autant plus que cette directrice n’en est pas a? sa premie?re erreur. En 2009, son chef voulait de?ja? la muter apre?s la mort de deux enfants suivis par ses services.
Mais Pia Wolter est reste?e en place. Son supe?rieur n’arrivait pas a? lui trouver un poste de remplacement «ade?quat». Apre?s la mort de Chantal, elle a e?te? suspendue de ses fonctions. Mais elle n’a toujours pas perdu son job pour autant. (Le Matin)
Créé: 05.02.2012, 23h15
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14 Commentaires
il fut une époque en suisse ou la pauvreté,le manque de travail et le chomage étaient jugés comme forme de maltraitance,des gosses furent séparés de leurs parents suite à des délations ,et placés par les services de la soi-disant protection de la jeunesse chez des gens qui étaient de vrais tortionnaires.Ce système pris heureusement fin dans les années 60-7'0 Répondre
C'est "marrant" que tout le monde s'inquiètent, s'offusquent, regrettent et se révoltent... après.
Les gens peuvent croiser cette petite dans les couloirs de l'immeuble, dans la rue, etc... dans un état pas possible, sans rien dire ou sans rien faire. Et viennent s'indigner une fois que c'est trop tard.
Pauvre petite et pauvres gens.
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