Dimanche 4 décembre 2016 | Dernière mise à jour 21:18

Procès «Il est mort le cœur brisé»

Le procès en appel du meurtre de Cointrin a commencé lundi en l’absence du père de la victime, décédé dimanche.

L'immeuble théâtre du meurtre en novembre 2008.

L'immeuble théâtre du meurtre en novembre 2008. Image: Pierre Abensur

RAPPEL DES FAITS

2008 Dans la nuit du 25 au 26 novembre, Pierre Silvano est abattu de deux balles dans la tête pendant son sommeil.

2009 La police genevoise arrête la femme de la victime, la mère de cette dernière ainsi que le tueur à gages fribourgeois et l’homme de liaison.

2012 Le Tribunal criminel de Genève condamne l’épouse et le Fribourgeois à 16 ans de prison. Les deux autres protagonistes écopent de 11 ans. Tous font appel.

2013 Le procès en appel a débuté hier. Jugement prévu vendredi 8 février.

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Une nouvelle fois, la famille de Pierre Silvano s’est retrouvée devant le tribunal, où comparaissaient, hier, les quatre personnes impliquées dans la mort de Pierre, 42 ans, abattu par balles à Cointrin (GE) en 2008. La maman et la sœur de la victime sont en deuil. Encore une fois. Dimanche matin, Alexandre Silvano, papa de Pierre, est décédé. Foudroyé dans la rue, à Genève. L’homme avait des problèmes cardiaques. Mais, pour l’avocate de la partie civile, Me Lorella Bertani, il est «mort le cœur brisé». «Elle a pris la vie de mon fils. Et mon mari est mort de chagrin. Les mensonges, ça suffit! Qu’elle dise enfin la vérité», demande la maman en s’adressant à son ancienne bru.

Condamnée l’an dernier à 16 ans de prison pour complicité d’assassinat, Carole*, fille de bonne famille rolloise, propriétaire de chevaux de saut d’obstacles, est venue demander la clémence de la justice. Elle reconnaît avoir versé 50 000 francs (la moitié a été fournie par sa mère) à P., cavalier fribourgeois, surnommé «Rambo» dans le milieu hippique. «Pierre avait dit qu’il allait tuer ma mère, brûler mon cheval et moi je finirais sur un fauteuil roulant», assure-t-elle. La Rolloise raconte que, lors de sa rencontre avec P., il lui a clairement indiqué que son métier était de s’occuper «des gens comme ça»: «Il a demandé si je souhaitais quelque chose en particulier. J’ai eu des doutes. Mais P. disait qu’il n’y avait pas à s’inquiéter, que c’était en route.»

Le cavalier nie

Le Fribourgeois, lui, nie tout en bloc et plaide l’acquittement. Oui, il a rencontré Carole, mais «c’était pour lui trouver des écuries». D’accord, une borne Swisscom a localisé son téléphone portable le soir du drame dans le secteur. «Mais j’étais allé voir une prostituée», «une blonde aux gros seins» que la police n’a jamais pu identifier. Oui, enfin, P. a travaillé dix ans dans le domaine des ascenseurs. Mais ce n’est pas lui qui a utilisé l’ascenseur privé de Pierre. Presque arrogant, P. explique au tribunal: «Le meurtrier est très gonflé. Parce que, dans ce genre de cabine, il existe un système électronique sophistiqué qui avertit la centrale dès que l’on y touche.»

Le procès en appel se poursuit jusqu’à vendredi. La mère de Carole, condamnée en première instance à 11 ans de réclusion et qui comparait libre, demandera elle aussi la clémence des juges. Soit 3 ans et 25 mois avec sursis. Si le tribunal devait retenir cette peine, cette femme de 69 ans ne retournerait pas en prison compte tenu des jours déjà effectués en détention. (Le Matin)

(Créé: 04.02.2013, 11h36)
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