«Le doute, ce n’est pas fait pour les chiens»
Procès Ségalat
—Par Benjamin Pillard. Mis à jour le 01.06.2012
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Les trois défenseurs de Laurent Ségalat, le bâtonnier français Gilles-Jean Portejoie, les Vaudois Stefan Disch et Marie-Pomme Moinat, se succèdent à la barre ce matin pour plaider l’acquittement de leur client, accusé d’avoir tué sa belle-mère, la municipale de Vaux-sur-Morges (VD) Catherine Ségalat, le 9 janvier 2010.
Leur mission: distiller le doute chez les juges en vue de l’appréciation finale du dossier qui aura lieu cet après-midi. Le doute que l’avocat de la partie plaignante Jacques Barillon avait qualifié de «tarte à la crème» hier lors de sa plaidoirie; l’incertitude comme ultime outil juridique d’une cause désespérée.
«Vous les Suisses avez gravé ce doute dans la procédure pénale, rappelle Me Portejoie, en répondant à Me Barillon. En France, nous ne l'avons pas fait, même après Dils, même après Outreau. Comment pouvez-vous parler de tarte à la crème?» Pour le bâtonnier français, l’affaire est entendue: pas d’arme du crime, pas de mobile, ni de geste fou, ni d’aveu. «Le doute c’est pas fait pour les chiens; vous ne pouvez qu’acquitter. Ce n’est pas un échec pour l’instruction judiciaire. C’est tout le contraire; c’est ce qui fait sa grandeur; vous feriez preuve de courage. En acquittant vous tourneriez la page, vous vous tourneriez vers l’avenir.» Et de conclure que la famille est certainement aussi dans le doute, du côté des proches de l’accusé comme ceux de la victime, et qu’elle peut «se reconstituer».
La Cour du Tribunal criminel vaudois de la Côte, sis à Renens (VD, rendra son jugement en fin de journée. (Le Matin)
Créé: 01.06.2012, 11h53




















