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«Omar m'a tuer» Nouveau rebondissement dans l'«affaire Omar Raddad»

Le jardinier marocain condamné pour le meurtre de sa patronne en 1991, meurtre qu'il a toujours nié, pourrait rebondir après la découverte de nouvelles traces d'ADN «exploitables».

RAPPEL DES FAITS

- 23 juin 1991: Ghislaine Marchal, 65 ans, est tuée de plusieurs coups de couteau dans la chaufferie de sa villa de Mougins (Alpes-Maritimes) où l'on retrouve une inscription en lettres de sang: «Omar m'a tuer».

- 27 juin 1991: Omar Raddad, le jardinier de Mme Marchal, est inculpé d'homicide volontaire et écroué à Grasse. Il niera toujours les faits.

- 23 août 1991:
selon des expertises graphologiques, Mme Marchal a écrit de sa main «Omar m'a tuer».

- 2 fév 1994: Omar Raddad condamné à 18 ans de réclusion criminelle par la Cour d'assises des Alpes-Maritimes.

- 9 mars 1995: son pourvoi est rejeté par la Cour de cassation.

- 4 sept 1998: Omar Raddad est libéré après plus de sept ans de prison. Il bénéficie d'une libération conditionnelle après une grâce partielle accordée le 10 mai 1996 par le président Jacques Chirac.

- 27 jan 1999: dépôt d'une requête en révision auprès de la Cour de cassation.

- 2 fév 2000: la Commission de révision ordonne une nouvelle expertise graphologique.

- 17 fév 2000: l'avocat d'Omar Raddad, Me Jacques Vergès, demande des investigations «de base» sur la matière même de l'inscription et la trace d'une main sur une porte de la chaufferie.

- 31 oct 2000: le nouveau rapport graphologique ôte toute certitude sur l'identité de l'auteur de l'inscription.

- 27 déc 2000: selon l'expertise, la trace de main comporte du sang de Mme Marchal mais aussi du sang masculin. La Commission de révision demande une comparaison avec le sang d'Omar Raddad.

- 20 février 2001: l'expertise conclut que l'ADN masculin retrouvé n'est pas celui d'Omar. La Commission de révision transmet le dossier à la Cour de révision le 25 juin suivant en raison du doute possible sur la culpabilité du jardinier.

- 20 nov 2002: la Cour de révision rejette la requête d'Omar Raddad qui continue de clamer son innocence et de demander un deuxième procès.

- 1er déc 2008: deuxième demande de révision, déposée par Me Sylvie Noachovitch, la nouvelle avocate de Raddad. Elle réclame l'ouverture d'une information judiciaire pour comparer les deux empreintes ADN masculines retrouvées sur les lieux qui ne correspondent pas à celles de son client.

- 29 juin 2011: le parquet de Grasse indique qu'aucun profil génétique n'a pu être établi durant la nouvelle expertise des empreintes ADN qu'il a ordonnée le 9 mai précédent pour une éventuelle inscription au Fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg) afin d'effectuer des comparaisons. Me Noachovitch estime possible un second prélèvement sur un chevron et deux portes.
Sortie d'un film de Roschdy Zem sur l'affaire, «Omar m'a tuer».

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Ghislaine Marchal, riche veuve d'un équipementier automobile âgée de 65 ans, avait été tuée à coups de couteau le 23 juin 1991. Son corps avait été retrouvé dans la chaufferie de sa villa de Mougins (sud-est).

Des inscriptions "Omar m'a tuer" et "Omar m'a t" avaient été inscrites sur les portes de la scène de crime avec le sang de la victime, semblant désigner le jardinier qui avait été condamné en 1994 à 18 ans de réclusion criminelle.

Libre mais pas innocenté

Il a bénéficié d'une libération conditionnelle le 4 septembre 1998 après une grâce partielle accordée par le président Jacques Chirac et annoncée en mai 1996 à l'occasion d'un voyage en France du roi du Maroc Hassan II.

En 2002 la justice avait rejeté la demande d'un nouveau procès formulé par M. Raddad, qui n'a cessé de crier son innocence.

Son avocate, Me Sylvie Noachovitch, s'appuyant sur une loi de 2014 assouplissant les critères de révision d'un procès, a obtenu récemment que soient ordonnés de nouveaux prélèvements sur les portes et un chevron de la chaufferie.

Ces traces d'ADN n'ont pas encore été exploitées et devraient l'être "dans les mois qui viennent", selon le parquet de Nice. Il convient de "rester extrêmement prudent quant aux identités génétiques recueillies sur ces traces", qui "peuvent provenir des protagonistes de l'affaire tout autant que de manipulations ultérieures aux faits", a toutefois souligné cette source.

Elles devront être comparées au Fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg) dans lequel figurent les empreintes génétiques de toutes personnes impliquées dans une affaire.

Me Noachovitch espère que l'exploitation de ces ADN permettra de découvrir qui est le "véritable" meurtrier de Ghislaine Marchal.

La libération d'Omar Raddad en 1998 (afp/Le Matin)

Créé: 06.11.2015, 14h57


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