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Survivants «Sans Dylan, je ne serais plus là»

Dimanche à l’aube, deux jeunes se sont retrouvés dans le brasier d’un chalet, à Chemin (VS). Le sang-froid du garçon de 16 ans les a sauvés. Ils témoignent.

Clémentine et Dylan n’ont pas échappé aux flammes par miracle, mais bien grâce à la présence d’esprit du jeune garçon.

Clémentine et Dylan n’ont pas échappé aux flammes par miracle, mais bien grâce à la présence d’esprit du jeune garçon. Image: Laurent de Senarclens

Le chalet a été entièrement détruit par les flammes.

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Clémentine a 21 ans, Dylan, 16. Collègues de travail et amis, ils nous reçoivent chez les parents de la première, dans la région de Morges (VD). La jeune femme est très choquée, à fleur de peau. Le contrecoup. Le sentiment d’avoir échappé à une mort certaine si son camarade, qui l’accompagnait, ne l’avait pas extraite de son sommeil et de son lit. La culpabilité d’être restée paralysée face au feu en train de ravager le chalet de sa famille paternelle. «J’ai des flashes, je trébuche, je vois des flammes partout, les rideaux et la moquette qui flambent. J’entends des crépitements. Puis je suis assise dans ma voiture à l’extérieur et j’aperçois une boule de feu. C’est ce qui m’a permis de me reconnecter, de me recentrer. Et d’aller chercher de l’aide chez le voisin.»

Dire comment elle est sortie du brasier, la Vaudoise en est bien incapable moins de vingt-quatre heures après le violent incendie qui a complètement détruit l’habitation en bois, située dans le hameau de Chemin (VS), au-dessus de Martigny. Il lui manque les quelques minutes dont seul son compagnon d’infortune peut témoigner.

«Elle était tétanisée»

Son pote valaisan Dylan a plus qu’assuré: «Il était environ 4 heures. J’ai été réveillé par la fumée. J’ai ouvert la porte de la chambre, l'odeur était très forte, mes yeux piquaient et surtout je voyais des flammes dans le couloir, près du conduit de la cheminée. J’ai dit: «Clem’, y a le feu, on dégage, vite.» J’ai jeté un œil vers l’escalier pour vérifier si l’on pouvait l’emprunter. Et je l’entends hurler: «A l’aide, au secours, fais quelque chose.» Elle était tétanisée, figée dans son lit. Je l’ai attrapée par le bras une première fois, puis retirée une seconde. Elle est tombée dans les escaliers. Je l’ai relevée, j’ai ouvert la porte d’entrée et lui ai demandé de courir.» Convaincu qu’il pourrait encore éviter que le sinistre ne se propage, Dylan attrape une couverture, s’en enveloppe et remonte à l’étage qu’il quitte aussi vite qu’il y est arrivé. Il n’y a plus rien à faire. Il file chez le voisin en contrebas, qui donnera l’alerte. Une quarantaine de pompiers seront engagés de longues heures durant pour circonscrire le feu et vérifier les potentiels foyers résiduels.

Clémentine s’en sort avec des ecchymoses sur les genoux et une blessure à un tibia. Dylan est indemne. Voici pour le bilan physique. Sur le plan émotionnel et psychologique, tous les deux ont conscience de leur chance. «Si cette odeur ne l’avait pas dérangé, nous ne serions pas là pour vous parler. Je n’ai pas su gérer. Sans Dylan, je ne serais plus là. Je lui ai déjà dit «merci» mille fois», confie encore la jeune femme en larmes, épuisée par l’épreuve, dévastée d’avoir perdu le chalet de ses grands-parents.

«Ils n’ont rien à se reprocher»

La mère de Clémentine intervient: «Ils n’ont rien à se reprocher. Ils ont tout fait juste. Dylan a sauvé ma fille, je lui dois sa vie. Ça sera plus facile pour eux quand nous aurons les conclusions de l’enquête.» A ce stade, tout porte à croire que le conduit de la cheminée s’est embrasé et que les flammes se seraient échappées par la grille de récupération de chaleur installée à l’étage.

Et les deux tristes occupants de conclure d’une seule voix: «A jamais, nous resterons liés.» (Le Matin)

Créé: 01.03.2016, 11h35


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