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Tout son quartier évacué… sauf lui

Rennaz (VD)

Atteint d’un cancer de la gorge et des poumons, Michel Renoir est resté tranquillement dans son lit alors que 130 de ses voisins étaient évacués à cause d'un incendie. Il dénonce une négligence grave.

Par Pomey Raphaël. Mis à jour le 06.06.2012

1/7 Rennaz, le 5 juin 2012. Michel Renoir souffre d'un cancer des poumons et de la gorge. A la différence de la quasi-totalité de son quartier, les pompiers ne l'ont pas évacué lors de l'incendie du garage situé sous son appartement, le 30 mai.
Sabine Papilloud

   

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«C’est de la non-assistance à personne en danger !» Près d’une semaine après l’incendie qui a ravagé le parking souterrain de l’immeuble de son amie, à Rennaz (VD), Michel Renoir reste très fâché. Car à la différence de la quasi-totalité des gens du quartier, ce malade, atteint d’un double cancer, a passé la nuit comme si de rien n’était, dans son lit. «Compte tenu de mon état de santé, c’est inadmissible.»

Michel a pourtant bien entendu les pompiers, et senti une grosse odeur de brûlé, ce mercredi 30 mai vers 22 heures. «J’ai cru que c’était des jeunes qui avaient mis le feu à une poubelle dans la rue.» Du coup, il s’est levé de son lit, a fermé sa fenêtre entrouverte, et a continué à regarder la télé depuis son lit. «Je me suis endormi vers deux heures du matin». Quand à son amie, dans la chambre voisine, elle s’était déjà assoupie, si bien qu’elle n’a rien vu passer cette nuit-là. «J’ai dormi assez profondément, on avait un peu voyagé durant la journée», précise-t-elle. C’est finalement jeudi matin que le couple a fini par comprendre ce qui s’était passé, en recevant la visite d’un voisin étonné de ne pas les avoir vu se faire évacuer. «Je suis malentendant, mais si quelqu’un avait sonné ou frappé à la porte, mon amie l’aurait entendu», assure Michel.

«Pas de danger»

Dans le quartier, où règne encore une odeur de fumée, les voisins sont aussi perplexes. «Certains habitants ont dit aux secouristes qu’il y avait, juste au-dessus du garage, un monsieur avec de sérieux problèmes de santé. Comme ils n’ont pas eu de réponses quand ils ont frappé, ils ont dû se dire qu’il n’y avait personne dans l’appartement», juge la concierge. Cette dernière continue de se balader avec un masque sur elle pour mieux respirer. «Il y a quand même une négligence à mes yeux», ajoute une voisine.

Commandant du «SDIS du Haut-Lac», service des pompiers qui est intervenus sur les lieux, Florent Nicolet reconnaît qu’il était «inimaginable» pour ses hommes qu’un couple se trouve dans l’appartement durant la nuit. «Nous avions installés des ventilateurs dans la rue. Ils font le bruit d’un hélicoptère. Et nous avons tapé aux portes comme des sourds, sans avoir de réponses.» Il explique cependant que les habitants ont été évacués de chez eux par «précaution» et non par «nécessité», si bien que Michel Renoir et son amie n’on pas couru de risques en restant chez eux. «Les seules personnes qui auraient réellement été en danger chez elles se trouvaient au dernier étage, dans un autre immeuble. Certains habitant ont d’ailleurs rouspété quand on les a fait sortir.»

Michel Renoir est allé faire des tests chez son médecin, le lendemain des faits. Ils n’ont pas identifié des gênes respiratoires dus à l’incendie. Après avoir préparé les documents nécessaires pour déposer une plainte, il a renoncé à son projet, découragé par la masse des procédures nécessaires. (Le Matin)

Créé: 06.06.2012, 10h41

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