Vendredi 30 septembre 2016 | Dernière mise à jour 02:38

Suède Un bunker pour son esclave

Un médecin a drogué, violé et kidnappé une femme. Il avait tout planifié, prenant cinq ans pour bâtir une prison.

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Six jours durant, une trentenaire suédoise a vécu un véritable calvaire. Mais le pays scandinave découvre, horrifié, que ça aurait pu être encore pire. Son bourreau avait manifestement l’intention de l’enfermer et de l’utiliser comme esclave sexuelle «durant des années», vient de déclarer le procureur Peter Claeson.

Le drame débute le 12 septembre. Un médecin de 38 ans dont l’identité n’a pas été révélée obtient un second rendez-vous avec une jeune femme de Stockholm. Chez elle, dans son appartement. Il a apporté des fraises, qu’ils plongeront dans du chocolat. Certaines – marquées pour qu’il ne se trompe pas – sont bourrées de Rohypnol. La victime s’endort. Il abuse d’elle.

L’enquête montrera à quel point l’agresseur a froidement et longuement préparé son forfait. L’homme avait pris une chaise roulante. Il a placé sa victime dessus pour la mener jusqu’à son véhicule. Pour qu’ils ne puissent pas être reconnus il lui aurait mis un masque de vieillard. Tandis qu’il enfilait un masque d’homme barbu. Puis il est parti pour sa ferme des abords de Kristianstad, au sud du pays, à plus de 550 km de Stockholm. Durant le trajet les enquêteurs pensent qu’il a continué à lui injecter des sédatifs.

Espace de 60 m2 insonorisé

Arrivé chez lui, le bourreau a enfermé sa victime dans un vrai bunker. Une installation qui lui vaut le surnom de «Fritzl suédois», en référence à l’Autrichien qui a détenu et abusé de sa fille durant vingt-quatre ans. Les enquêteurs estiment que l’homme a en effet pris cinq ans pour patiemment bâtir cet espace de 60 m2 insonorisé. On n’y accède que par deux portes renforcées. Les murs de béton font plus de 30 cm d’épaisseur. L’intérieur est rudimentaire mais parfaitement aménagé: on y trouve un lit, une cuisinière, un frigo, une douche, des toilettes. Et même une petite cour intérieure pour que la détenue puisse prendre l’air sans être vue.

La victime a vécu six jours, presque continuellement menottée ou ligotée, selon un rapport révélé par le quotidien Aftonbladed. Son tortionnaire est accusé de l’avoir régulièrement agressée sexuellement. La police retrouvera même sur place des pilules: l’homme voulait avoir des relations non protégées. Elle a aussi découvert que le médecin a fait analyser un échantillon du sang de la jeune femme pour s’assurer qu’elle n’avait aucune infection sexuellement transmissible… Heureusement, il semble que le Fritzl suédois a paniqué lorsqu’il a compris que la police recherchait sa prisonnière. L’abuseur a alors décidé de monter une histoire avec sa victime en la menaçant avec son revolver. Ils se sont rendus dans un commissariat où elle devait prétendre que tout allait bien. Mais les agents ont senti que quelque chose clochait. Ils l’ont prise à part et elle a pu dénoncer son bourreau, qui a été interpellé.

La personnalité du présumé violeur reste pour l’instant mystérieuse. Il n’a ni casier judiciaire ni antécédents psychiatriques connus. Un de ses proches le décrit comme «socialement maladroit mais serviable et poli» dans le Kristianstadsbladet. Et ajoute: «Ce n’est pas le genre de personne dont on se dit qu’il va enfermer une femme et abuser d’elle.» Le Fritzl suédois reconnaît pour l’instant le kidnapping et l’emprisonnement. Mais pas les viols.

L’avocat de la victime a fait savoir que sa cliente «se porte bien au vu des circonstances. Elle est soulagée d’avoir survécu.»

(Le Matin)

(Créé: 19.01.2016, 08h39)

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